L’armée annonce le démantèlement d’un groupe du MAK à Tizi-Ouzou : ce que l’on sait

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Karim Haddad
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Journaliste spécialisé en économie internationale et questions énergétiques. Il analyse les marchés, les politiques monétaires, les matières premières et les stratégies industrielles, avec une attention particulière pour les enjeux énergétiques mondiaux.

Le ministère de la Défense nationale a annoncé, lundi 13 juillet, le démantèlement d’un réseau de six personnes affiliées au Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK) dans la wilaya de Tizi-Ouzou, dont quatre ressortissants marocains en situation irrégulière. Cette opération, présentée par l’armée comme une réponse à une tentative de perturber les élections législatives du 2 juillet, relance la question du contrôle de l’information autour des dossiers liés à la contestation kabyle.

Selon le communiqué diffusé par le MDN et relayé par plusieurs médias algériens dont TSA Algérie, les services centraux de la sécurité de l’Armée, rattachés à la 1ʳᵉ Région militaire, ont procédé à l’arrestation de six individus présentés comme membres du MAK. Quatre d’entre eux sont identifiés comme des ressortissants marocains séjournant illégalement sur le territoire algérien. Le document ne précise ni leur identité, ni la date exacte de leur interpellation, ni la nationalité des deux autres membres du groupe. L’opération aurait été rendue possible, selon les termes du communiqué, grâce à une « exploitation optimale des informations » recueillies par les services de renseignement.

Un coup de filet annoncé sans éléments de preuve rendus publics

Le MDN affirme que ce réseau opérait dans la région de Tizi-Ouzou durant la campagne des élections législatives, avec l’objectif de perturber le scrutin et de dissuader les électeurs de s’y rendre. Aucun élément matériel, judiciaire ou circonstanciel n’est toutefois avancé pour étayer cette accusation précise. Ni le lieu exact des arrestations, ni la nature des actes reprochés au-delà de la formule générique de « groupe subversif » ne sont détaillés dans le texte officiel. Le communiqué se limite à saluer, dans une formule reprise à l’identique par la majorité des titres algériens, la « vigilance » des services de sécurité et leur capacité à « déjouer les plans criminels ». Ce que révèle cette absence de précision, c’est moins l’ampleur réelle de la menace que la difficulté, pour le lecteur, de distinguer dans le récit officiel la part de la preuve judiciaire de celle de la communication institutionnelle.

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Le MAK, un mouvement pacifiste classé organisation terroriste depuis 2021

Fondé en 2001 par le chanteur et militant Ferhat Mehenni, aujourd’hui en exil en France, le MAK revendique l’autodétermination de la région de Kabylie et n’a jamais organisé, ni revendiqué, d’action armée sur le sol algérien. Les autorités d’Alger l’ont pourtant classé organisation terroriste en mai 2021, dans la foulée des incendies meurtriers qui avaient ravagé plusieurs wilayas du nord du pays, dont Tizi-Ouzou. Depuis cette date, des opérations de « démantèlement » de cellules présentées comme affiliées au mouvement sont régulièrement annoncées par le MDN, notamment dans les wilayas de Tizi-Ouzou, Béjaïa et Bouira. Ces communiqués suivent un format quasiment identique d’une occurrence à l’autre : nombre de suspects arrêtés, référence à un renseignement optimisé, absence de suites judiciaires rendues publiques.

Quatre ressortissants marocains, un détail qui s’ajoute à un contentieux bilatéral déjà tendu

L’élément le plus commenté du communiqué reste la présence de quatre Marocains parmi les six personnes interpellées. Alger et Rabat n’entretiennent plus de relations diplomatiques depuis août 2021, année marquée par la rupture décidée par l’Algérie sur fond de désaccords autour du Sahara occidental et d’accusations réciproques d’ingérence. Le média marocain Yabiladi, qui a repris l’information sous une forme conditionnelle, a pris soin de qualifier l’affiliation au MAK d’« alléguée », une nuance absente des titres algériens qui reprennent le communiqué du MDN sans distance critique. Cette divergence de traitement illustre, une fois de plus, la manière dont un même fait brut peut être présenté comme une certitude établie d’un côté de la frontière et comme une accusation à vérifier de l’autre.

Une communication sécuritaire calée sur le calendrier électoral

L’annonce intervient onze jours après la tenue des élections législatives du 2 juillet, marquées par une participation historiquement faible et par plusieurs invalidations de candidatures prononcées par l’ANIE au titre de l’article 200 du code électoral. En reliant explicitement l’arrestation du réseau à une tentative de perturbation du scrutin, le MDN inscrit cette opération dans un narratif plus large de menace extérieure pesant sur le processus électoral, un registre déjà mobilisé lors de précédents cycles de vote en Algérie. Le bilan annuel 2025 de l’armée, cité par plusieurs médias algériens, faisait état de 38 redditions et de 369 arrestations liées au soutien de groupes qualifiés de terroristes, un chiffre qui donne une échelle statistique à ce type d’opération sans permettre, faute de détail, d’isoler la part spécifiquement imputable au MAK.

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Une procédure judiciaire dont le calendrier reste pour l’instant inconnu

Le MDN n’a précisé ni le tribunal saisi, ni les chefs d’inculpation retenus contre les six personnes arrêtées, ni le calendrier d’une éventuelle comparution. Les précédents dossiers similaires traités par la justice algérienne ces dernières années se sont généralement soldés par des procès tenus devant le pôle pénal spécialisé dans la lutte antiterroriste, sans couverture médiatique détaillée des débats. En l’absence, à ce stade, de communiqué du parquet ou de la Gendarmerie nationale confirmant l’ouverture d’une instruction, l’affaire repose pour l’instant sur la seule version diffusée par l’institution militaire. La suite du dossier, notamment l’identité des personnes arrêtées et la nature exacte des charges retenues, devra être confirmée par une source judiciaire distincte du communiqué initial.


Sources

  1. Ministère de la Défense nationale (MDN), communiqué du 13 juillet 2026, relayé par TSA Algérie — « Algérie : six membres du MAK dont 4 Marocains arrêtés par l’armée à Tizi-Ouzou »
    https://www.tsa-algerie.com/algerie-six-membres-du-mak-dont-4-marocains-arretes/ — consulté le 14 juillet 2026
  2. L’Express DZ — reproduction intégrale du communiqué du MDN
    https://www.expressdz.dz/2026/07/13/algerie-demantelement-dun-groupe-criminel-de-six-individus-du-mouvement-terroriste-mak-dont-quatre-marocains/ — consulté le 14 juillet 2026
  3. Le Matin d’Algérie (média indépendant de la diaspora, ligne éditoriale critique envers les autorités algériennes) — « Démantèlement d’un “groupe criminel lié au MAK” à Tizi-Ouzou, selon le MDN »
    https://lematindalgerie.com/demantelement-dun-groupe-criminel-lie-au-mak-a-tizi-ouzou-selon-le-mdn/ — consulté le 14 juillet 2026
  4. Algérie360 — « Ils voulaient perturber les législatives : le MDN démantèle 6 terroristes du MAK dont 4 Marocains à Tizi-Ouzou »
    https://www.algerie360.com/ils-voulaient-perturber-les-legislatives-le-mdn-demantele-6-terroristes-du-mak-dont-4-marocains/ — consulté le 14 juillet 2026
  5. Yabiladi (média marocain) — « Algeria says it dismantled MAK cell involving four Moroccans »
    https://en.yabiladi.com/articles/details/198566/algeria-says-dismantled-cell-involving.html — consulté le 14 juillet 2026

Karim Haddad

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