La nouvelle grande stratégie de l’Iran

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Yacine Messaoud
Yacine Messaoudhttps://alg247.com
Journaliste spécialisé dans les relations internationales et les équilibres géopolitiques contemporains. Il suit particulièrement les dynamiques entre puissances mondiales, les conflits et les recompositions diplomatiques. Ses articles privilégient la mise en contexte et la compréhension des rapports de force plutôt que la simple chronologie événementielle.

Après la guerre, l’Iran est-il en train de changer de régime sans changer de pouvoir ?

La guerre déclenchée contre l’Iran devait affaiblir durablement la République islamique. Elle pourrait avoir produit un effet plus inattendu : accélérer sa transformation intérieure. Dans un essai remarqué publié par Foreign Affairs, les chercheurs Narges Bajoghli et Vali Nasr décrivent l’émergence d’un Iran moins révolutionnaire, plus nationaliste, plus militaire et davantage préoccupé par l’efficacité de l’État.

Les guerres transforment rarement les pays de la manière imaginée par ceux qui les déclenchent.

Depuis plus d’un an, l’essentiel des analyses consacrées à l’affrontement entre l’Iran, Israël et les États-Unis porte sur ses conséquences immédiatement visibles : capacités militaires détruites ou préservées, programme nucléaire, sécurité des monarchies du Golfe, détroit d’Ormuz, approvisionnement énergétique mondial et nouvel équilibre des forces au Moyen-Orient.

Deux universitaires américains d’origine iranienne proposent de déplacer le regard.

Dans un long essai publié le 3 juin dans la revue Foreign Affairs, Narges Bajoghli et Vali Nasr s’intéressent moins à ce que la guerre a détruit en Iran qu’à ce qu’elle pourrait être en train d’y construire. Leur article, intitulé « Iran’s New Grand Strategy: How a Remade Islamic Republic Will Reshape the Middle East », avance une hypothèse autrement plus profonde : la guerre accélérerait une mutation déjà engagée du système iranien et ferait émerger une République islamique sensiblement différente de celle issue de la révolution de 1979.

Selon eux, l’Iran qui sortira de cette période pourrait être moins révolutionnaire sans devenir plus libéral, moins idéologique sans être moins autoritaire, plus nationaliste et davantage dominé par les institutions militaires, sécuritaires et technocratiques.

Autrement dit, la République islamique ne disparaîtrait pas. Elle changerait progressivement de nature.

Deux spécialistes qui observent l’Iran depuis longtemps

La thèse mérite attention en raison du profil de ses auteurs.

Narges Bajoghli est anthropologue et professeure associée à la School of Advanced International Studies de l’université Johns-Hopkins, à Washington. Ses recherches portent notamment sur les rapports entre pouvoir, médias, guerre et société en Iran. Elle codirige également la « Rethinking Iran Initiative » de l’université.

Vali Nasr occupe dans la même institution la chaire Majid Khadduri de relations internationales et d’études du Moyen-Orient. Ancien doyen de la SAIS, il fut également conseiller du représentant spécial américain pour l’Afghanistan et le Pakistan au département d’État entre 2009 et 2011. Son dernier ouvrage, Iran’s Grand Strategy, analyse la politique extérieure iranienne comme une stratégie de puissance façonnée notamment par l’expérience de la guerre Iran-Irak.

Leur texte n’est toutefois pas une « étude » au sens scientifique du terme. Il ne s’agit ni d’une enquête statistique ni d’un article académique évalué par les pairs, mais d’un essai d’analyse stratégique publié dans Foreign Affairs.

Une guerre censée fragiliser le régime

Leur raisonnement part d’un paradoxe. Lorsque la guerre américano-israélienne s’est ouverte contre l’Iran, le 28 février 2026, le pays paraissait extrêmement vulnérable. Il sortait déjà affaibli du conflit de juin 2025 avec Israël. Ses infrastructures militaires et industrielles avaient subi de lourdes destructions, son économie demeurait étranglée par les sanctions et son dispositif régional avait perdu une partie de sa profondeur stratégique.

L’offensive de février a encore accru la pression. Ali Khamenei, Guide suprême depuis 1989, a été tué dès les premières heures du conflit, en même temps que plusieurs responsables politiques et militaires de premier plan. La République islamique a ainsi subi ce que les stratèges appellent une tentative de « décapitation » du commandement.

A Washington comme en Israël, l’un des paris était qu’une telle pression militaire, ajoutée aux tensions économiques et au mécontentement accumulé dans la société iranienne, provoquerait une crise suffisamment grave pour désorganiser le régime. Ce scénario ne s’est pas réalisé jusqu’à présent.

L’État iranien a continué de fonctionner. Ses structures militaires se sont réorganisées, ses forces ont poursuivi leurs opérations et le régime a conservé une capacité importante de commandement et de mobilisation.

C’est précisément cette faculté d’adaptation qui intéresse Bajoghli et Nasr.

De la génération de la révolution à celle de l’État

Le premier changement qu’ils décrivent est générationnel.

Pendant plusieurs décennies, la République islamique a été dirigée par des hommes dont la légitimité provenait directement de la révolution de 1979 ou de la guerre Iran-Irak, entre 1980 et 1988.

La première génération avait combattu le chah, connu la clandestinité, la prison ou l’exil, puis participé à la conquête de l’État.

La suivante avait été façonnée par huit années de guerre contre l’Irak : mobilisation générale, sentiment d’encerclement, défense du territoire et construction progressive d’un appareil militaire autonome.

Une troisième génération arrive désormais aux responsabilités. Ses membres ont souvent entre 40 et 60 ans. Ils n’ont pas renversé la monarchie et, pour les plus jeunes, n’ont pas directement vécu la guerre Iran-Irak. Ils ont fait carrière à l’intérieur des institutions de la République islamique : Gardiens de la révolution, administrations, entreprises publiques, appareil sécuritaire, universités ou secteurs technologiques.

Cette différence biographique produit, selon Bajoghli et Nasr, une différence politique. Pour leurs prédécesseurs, il fallait encore protéger une révolution. Pour cette nouvelle génération, la République islamique constitue déjà l’État.

Elle ne se demanderait donc plus principalement comment préserver la pureté idéologique de 1979, mais comment préserver la puissance, la souveraineté et le fonctionnement de l’Iran.

Vali Nasr résume lui-même cette évolution comme l’arrivée aux commandes de responsables ayant « des expériences et une vision différentes de l’État, de la société et de la politique étrangère ». Les auteurs estiment que cette génération voudra convertir ce qu’elle considère comme des succès militaires en nouvel ordre intérieur aussi bien qu’en nouvel équilibre régional.

Moins islamiste, mais pas nécessairement plus modéré

C’est probablement la partie la plus intéressante de leur argument. Les catégories traditionnellement utilisées à l’étranger pour décrire la politique iranienne — « réformateurs », « modérés », « conservateurs », « ultras » — permettraient de moins en moins de comprendre la transformation en cours.

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La nouvelle élite décrite par les auteurs n’est pas nécessairement plus modérée que l’ancienne. Elle serait surtout plus nationaliste et pragmatique.

La défense de l’Iran prendrait progressivement le dessus sur la défense de la révolution iranienne. Le changement peut paraître sémantique. Il est potentiellement considérable.

Un pouvoir qui tire sa légitimité d’une révolution religieuse demande à la population d’adhérer à une doctrine. Un pouvoir qui construit sa légitimité autour de la nation et de sa sécurité peut, lui, chercher l’adhésion beaucoup plus large d’une société politiquement et culturellement diverse.

La guerre fournit à ce déplacement un puissant accélérateur.

Lorsqu’un pays est attaqué, le réflexe patriotique ne signifie pas nécessairement que la population se réconcilie avec ses dirigeants. Mais la distinction entre opposition au régime et défense du pays devient plus difficile à maintenir.

Bajoghli et Nasr pensent que la République islamique a compris cette mécanique et cherche désormais à l’exploiter.

Le pari d’un nouveau contrat avec la société

C’est ici que leur thèse devient la plus audacieuse.

Avant la guerre, les relations entre une partie importante de la société iranienne et le pouvoir étaient profondément dégradées.

Les grandes mobilisations de 2022 après la mort de Mahsa Amini avaient révélé l’ampleur du rejet, particulièrement chez les jeunes et les femmes. Les difficultés économiques, l’inflation, les restrictions politiques et le contrôle des comportements privés avaient alimenté une défiance durable.

La guerre aurait partiellement modifié les priorités.

La défense du territoire et la survie du pays auraient temporairement pris le pas, pour une partie des Iraniens, sur le conflit avec l’État.

Les auteurs voient dans cette évolution la possibilité d’un nouveau contrat politique : moins de mobilisation autour de l’islam révolutionnaire, davantage de nationalisme, de sécurité et de promesse d’efficacité économique.

Cela reviendrait à déplacer la source de la légitimité.

La question ne serait plus seulement : le régime demeure-t-il fidèle aux principes de la révolution ?

Elle deviendrait : est-il capable de défendre l’Iran, de reconstruire le pays et d’améliorer la vie de ses habitants ?

Ce déplacement rapprocherait progressivement la République islamique d’un État national autoritaire à forte composante militaire, dans lequel la compétence technocratique et la performance économique compteraient davantage que l’orthodoxie révolutionnaire.

Le nationalisme ne signifie pas réconciliation

Cette analyse demande toutefois une importante réserve.

Un réflexe d’unité nationale face à une attaque extérieure ne constitue pas nécessairement un soutien au régime.

Depuis plusieurs semaines, des signes de tensions politiques intérieures restent visibles.

L’Associated Press rapporte que les dirigeants iraniens sont largement unis sur la nécessité de résister aux États-Unis, mais profondément divisés sur l’objectif final de la guerre. Les ultra-conservateurs liés au courant Paydari refusent des concessions à Washington tandis que les responsables proches du président Massoud Pezeshkian et du président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, voient davantage dans la pression militaire un moyen d’obtenir un accord.

Les mêmes tensions apparaissent sur le terrain intérieur.

Plus de 250 anciens parlementaires, religieux, universitaires et personnalités publiques ont signé en juillet un appel dénonçant le coût du conflit et affirmant que la population aspirait avant tout à la paix et à de meilleures conditions de vie. Des affrontements politiques se poursuivent également autour du contrôle social, de la télévision publique et des libertés individuelles.

La guerre peut donc avoir renforcé le patriotisme iranien sans avoir effacé les fractures de la société.

Confondre les deux reviendrait à attribuer au régime tout le bénéfice politique d’un sentiment national qui peut parfaitement exister contre lui.

Une armée contrainte d’apprendre

Le deuxième grand volet de la transformation décrite par Bajoghli et Nasr concerne l’appareil militaire.

La guerre de juin 2025 aurait constitué un choc majeur.

L’Iran avait alors découvert brutalement la vulnérabilité de certains de ses systèmes de commandement, de défense aérienne et de communication. A partir de cette expérience, les dirigeants auraient considéré qu’une nouvelle guerre n’était plus une possibilité lointaine mais une échéance probable.

Ils auraient donc engagé une réorganisation accélérée.

Commandement plus dispersé, autonomie accrue des unités, recours aux drones et aux missiles en grand nombre, capacité de remplacement rapide des responsables éliminés : plusieurs changements observés pendant la guerre de 2026 peuvent effectivement être interprétés comme les conséquences de cet apprentissage.

Le principe est simple.

L’Iran sait qu’il ne peut rivaliser à armes égales avec les États-Unis dans une guerre conventionnelle fondée sur la maîtrise du ciel, les avions de dernière génération et des systèmes de renseignement extrêmement coûteux.

Il cherche donc à modifier le calcul économique et militaire du conflit.

Des drones ou missiles relativement peu coûteux peuvent obliger l’adversaire à utiliser des intercepteurs beaucoup plus chers et dont les stocks ne sont pas illimités. La dispersion des unités rend parallèlement plus difficile la destruction de l’ensemble de la chaîne de commandement.

C’est la logique classique de la guerre asymétrique : ne pas essayer d’être plus puissant que l’adversaire dans son propre système de combat, mais déplacer le conflit vers les domaines où son avantage devient plus coûteux à exploiter.

Ormuz, nouvelle pièce maîtresse

Cette logique se retrouve dans le détroit d’Ormuz.

Avant la guerre, environ un cinquième du pétrole et du gaz commercialisés dans le monde transitait par ce passage maritime reliant le golfe Persique à l’océan Indien. Depuis le conflit, la question du contrôle de la navigation est devenue l’un des principaux moyens de pression de Téhéran.

Pour affronter la flotte américaine, l’Iran n’a pas besoin de posséder l’équivalent des porte-avions, destroyers ou sous-marins américains.

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Mines, drones, missiles côtiers et embarcations rapides suffisent à rendre extrêmement coûteuse la sécurisation permanente d’un passage aussi étroit.

Vali Nasr estime désormais que Téhéran considère Ormuz comme un levier de négociation majeur. Dans un entretien publié le 13 août par le Financial Times, il explique que l’Iran veut transformer ce poids géographique en avantages économiques et politiques, notamment dans la négociation sur les sanctions, les avoirs gelés et les arrangements de sécurité régionaux.

Cela ne signifie pas, comme certaines interprétations le laissent entendre, que l’Iran disposerait d’une souveraineté exclusive sur le détroit.

L’enjeu est différent : Téhéran a découvert qu’il pouvait faire de sa capacité à perturber Ormuz un instrument de puissance presque aussi important que ses forces conventionnelles.

Une Amérique plus difficile à croire sur parole

Bajoghli et Nasr voient également dans la guerre un changement de perception parmi les monarchies du Golfe.

Pendant plusieurs décennies, leur architecture de sécurité a reposé sur une évidence : quelles que soient leurs divergences avec Washington, les États-Unis demeuraient le garant militaire ultime de la région.

La guerre contre l’Iran a fragilisé cette certitude.

Pour les pays du Golfe, l’enjeu n’est pas nécessairement de choisir Téhéran contre Washington. Il est de réduire le risque de dépendre d’une seule puissance protectrice alors que leurs infrastructures énergétiques, leurs ports et leurs économies restent directement exposés à une confrontation régionale.

Nasr estime que l’Iran veut précisément transformer cette inquiétude en nouvel ordre régional : moins de présence militaire américaine autour de ses frontières et davantage d’arrangements directs entre puissances de la région.

La Chine prendrait naturellement davantage de place dans un tel système.

Mais là encore, la prudence s’impose : rapprochement stratégique ne signifie pas alliance militaire, et Pékin n’a jusqu’à présent rien montré qui permette d’assimiler sa relation avec Téhéran aux alliances formelles entretenues par Washington avec plusieurs de ses partenaires.

Une thèse déjà contestée

L’analyse de Bajoghli et Nasr est suffisamment ambitieuse pour avoir suscité des objections presque immédiatement.

Reyhaneh Noshiravani, chercheuse au Freeman Air and Space Institute du King’s College de Londres, en a publié cette semaine une critique particulièrement structurée.

Son principal reproche tient en une distinction : survivre n’est pas gagner.

Selon elle, Bajoghli et Nasr ont tendance à transformer des adaptations imposées par la guerre en preuves de renaissance stratégique.

Une armée qui disperse son commandement après l’élimination de ses chefs apprend à survivre. Cela ne signifie pas encore qu’elle a modifié durablement le rapport de forces régional.

Un régime qui maintient ses institutions après de lourds bombardements démontre sa résilience. Cela ne signifie pas automatiquement qu’il est devenu plus puissant.

Et une population qui se rassemble pour défendre son pays ne s’est pas nécessairement réconciliée avec le gouvernement qui le dirige.

Cette critique touche au cœur du débat.

Pour pouvoir parler véritablement de « nouvelle grande stratégie », il faudra montrer que les transformations internes iraniennes produisent durablement des changements dans le comportement des adversaires de Téhéran : choix militaires américains, politique israélienne, stratégie des monarchies du Golfe ou architecture de sécurité régionale.

A ce stade, ce résultat reste à démontrer.

Une République islamique après la révolution ?

Il reste que Bajoghli et Nasr posent une question probablement plus importante que la réponse qu’ils lui apportent.

La République islamique entre-t-elle dans une période post-révolutionnaire ?

Le régime conserverait ses institutions, ses Gardiens de la révolution, son appareil religieux et son autoritarisme, mais la révolution de 1979 cesserait progressivement d’être sa principale source de légitimité.

Elle serait remplacée par autre chose : nationalisme, sécurité, puissance militaire, efficacité administrative et capacité à résister aux pressions étrangères.

Une telle évolution ne ferait pas de l’Iran un pays plus démocratique.

Elle pourrait même produire l’inverse : un système moins religieux dans son discours mais plus militarisé dans son fonctionnement. La distinction est essentielle.

L’affaiblissement de l’idéologie révolutionnaire ne signifie pas nécessairement l’affaiblissement de l’autoritarisme.

La guerre comme accélérateur

C’est probablement sur ce point que l’essai de Foreign Affairs est le plus convaincant.

Les guerres ne créent pas nécessairement les transformations politiques. Elles accélèrent souvent celles qui étaient déjà en cours.

Le vieillissement de la génération révolutionnaire iranienne était inévitable. La montée des Gardiens de la révolution dans l’économie et l’appareil d’État précédait largement 2025. Le nationalisme iranien coexistait depuis longtemps avec l’islam politique. La distance culturelle entre la société et une partie du clergé était également manifeste bien avant les bombardements.

La guerre a pu condenser ces évolutions en quelques mois. Elle a éliminé une partie de l’ancienne hiérarchie, imposé de nouveaux responsables, obligé l’appareil militaire à modifier ses méthodes et offert au pouvoir une nouvelle source possible de légitimité : non plus seulement protéger la révolution, mais protéger l’Iran.

C’est ce que Bajoghli et Nasr appellent, peut-être prématurément, une nouvelle « grande stratégie ».

La question décisive ne sera donc pas seulement de savoir quel territoire, quelle infrastructure ou quelle capacité militaire l’Iran aura conservé à la fin du conflit.

Elle sera de savoir quel Iran en sortira.

Si la transformation décrite par les deux chercheurs se confirme, la conséquence la plus durable de la guerre ne se trouvera peut-être ni dans les installations nucléaires bombardées, ni dans les arsenaux de missiles, ni même dans le détroit d’Ormuz.

Elle se trouvera à l’intérieur du régime lui-même : dans le passage progressif d’une République construite pour défendre une révolution à un État autoritaire qui chercherait désormais sa légitimité dans la défense d’une nation et de sa puissance.

Et cet Iran-là pourrait se révéler, pour ses adversaires, non pas nécessairement plus idéologique, mais beaucoup plus difficile à contenir.

Yacine Messaoud

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