Algérie et BRICS : ce que révèle l’échec d’adhésion sur les limites de la diplomatie d’Alger

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Karim Haddad
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Journaliste spécialisé en économie internationale et questions énergétiques. Il analyse les marchés, les politiques monétaires, les matières premières et les stratégies industrielles, avec une attention particulière pour les enjeux énergétiques mondiaux.

Le 24 août 2023, lors du 15e sommet des BRICS à Johannesburg, six pays ont été admis dans le club des grandes économies émergentes : l’Iran, l’Égypte, l’Éthiopie, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et l’Argentine. L’Algérie, qui avait fait de cet enjeu l’une de ses priorités diplomatiques majeures, n’était pas dans la liste. Ce rejet – suivi en septembre 2024 d’un renoncement officiel – révèle bien plus qu’un simple échec de candidature : il expose les contradictions profondes de la politique étrangère algérienne sous Tebboune.


Introduction

Il y a des défaites diplomatiques qui font mal en silence, et celles qui retentissent. Le rejet de la candidature algérienne aux BRICS en août 2023 appartient à la seconde catégorie. Le président Abdelmadjid Tebboune avait élevé cette adhésion au rang de priorité existentielle. Dès décembre 2022, il promettait publiquement que « l’année 2023 sera couronnée par l’adhésion de l’Algérie aux Brics ». Il avait fait de cette candidature l’une de ses priorités politiques et diplomatiques, procédant à des visites en Russie en juin 2023 et en Chine en juillet 2023 pour en obtenir les soutiens respectifs.

Le résultat fut celui d’une humiliation publique. Non seulement l’Algérie fut exclue du premier élargissement historique des BRICS, mais elle le fut au profit de pays dont les indicateurs économiques sont, sur certains plans, inférieurs aux siens. Ce n’est pas là un simple accident diplomatique : c’est le révélateur d’un isolement plus profond qu’Alger n’avait su ou voulu anticiper.

Ce dossier retrace la séquence complète du dossier BRICS algérien – de l’ambition initiale au renoncement définitif – et en tire les leçons pour comprendre l’état actuel de la diplomatie algérienne, ses atouts réels comme ses angles morts structurels.


Chiffres clés du dossier BRICS-Algérie

IndicateurDonnées
Date de candidature officielleJuillet 2023 (annonce à Pékin par Tebboune)
Date du rejet24 août 2023 – 15e sommet des BRICS à Johannesburg
Pays admis lors du même sommetIran, Égypte, Éthiopie, Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Argentine
Contribution annoncée à la NDB1,5 milliard de dollars
Adhésion officielle à la NDB19 mai 2025 (instrument remis au Brésil)
Annonce de renoncement définitifOctobre 2024 (déclaration de Tebboune)
PIB Algérie 2023 (au moment du rejet)~187-244 milliards USD selon les sources et les méthodes de calcul
Non-membre de l’OMCOui – candidature en cours depuis 1987, non aboutie
Part des hydrocarbures dans les exportations~90 % (facteur cité dans le rejet)
Partenariat stratégique global avec la ChineOui – seul pays d’Afrique du Nord dans ce statut avec les nouveaux BRICS

2022-2023 : l’ambition démesurée

Pour comprendre l’ampleur du revers, il faut mesurer celle des attentes. Depuis juillet 2022, le président algérien Abdelmadjid Tebboune avait annoncé à qui voulait bien l’entendre que l’Algérie, qui remplit selon lui les critères requis, allait entrer directement dans le club très fermé des BRICS.

Plusieurs éléments semblaient, en apparence, justifier cet optimisme. L’Algérie est le seul pays de la région Afrique du Nord/Moyen-Orient, avec les nouveaux BRICS que sont l’Égypte, l’Iran, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, à entretenir avec Pékin un “partenariat stratégique global”, le plus haut niveau de coopération accordé par les autorités chinoises à un pays. Du côté russe, le soutien semblait tout aussi solide : le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov déclarait le 1er février 2023 que l’Algérie “possède toutes les caractéristiques et avantages qui la placent au-dessus des autres pays cherchant à rejoindre les BRICS”.

En marge de la visite d’État effectuée en Chine du 17 au 21 juillet 2023, Tebboune assurait lors d’une entrevue accordée à la chaîne de télévision chinoise CCTV : “Nous avons demandé officiellement à rejoindre le groupe des Brics et sa Nouvelle Banque de développement en tant qu’actionnaire, avec une première contribution à hauteur de 1,5 milliard de dollars.”

Ce faisant, Tebboune mettait en jeu non seulement sa crédibilité diplomatique personnelle, mais celle de tout l’appareil d’État algérien. En orchestrant un véritable tapage médiatique autour de cette candidature dans les médias publics algériens, il transformait un dossier diplomatique complexe en enjeu de prestige national – une erreur stratégique que l’issue allait cruellement sanctionner.


Johannesburg, 24 août 2023 : la gifle

C’est non. La demande de l’Algérie de faire partie des Brics n’a pas été retenue. Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a annoncé ce 24 août, lors du sommet des principales économies émergentes qui se tenait à Johannesburg, l’adhésion de l’Iran, de l’Argentine, de l’Égypte, de l’Éthiopie, de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis aux Brics à compter du 1er janvier 2024.

Le signal de la déconfiture était d’ailleurs perceptible avant même l’annonce. Les autorités algériennes savaient depuis quelque temps que le pays n’adhérerait pas aux Brics en 2023. Le niveau de représentation de l’Algérie au sommet le confirme : pas le président de la République, pas le premier ministre, pas même le ministre des Affaires étrangères – mais plus modestement le ministre des Finances. Ce choix de délégation, en dessous de la représentation habituelle pour un sommet d’une telle importance, trahissait une résignation anticipée qu’Alger ne voulait pas assumer publiquement.

Dans le pays, le rejet de la candidature de l’Algérie a aussitôt suscité de nombreux commentaires sarcastiques sur les réseaux sociaux. Réflexion d’un diplomate algérien qui n’a pas souhaité être identifié : “Ça me fait mal, profondément. Je me suis accroché à l’espoir d’un miracle diplomatique.”

L’échec de l’Algérie est d’autant plus cuisant que l’intégration de six nouveaux pays aux BRICS a été effectuée sur la base des nouveaux critères d’admission adoptés à Johannesburg, et auxquels l’Algérie ne répond donc pas.


Les causes du rejet : économie, géopolitique et isolement

Pourquoi l’Algérie a-t-elle été recalée, alors que des pays aux indicateurs économiques globaux inférieurs ont été acceptés ? Les raisons sont multiples, intriquées, et révèlent les failles à la fois économiques et diplomatiques d’Alger.

Les faiblesses économiques structurelles. L’économie algérienne a été considérée comme pas assez diversifiée et trop dépendante des hydrocarbures. Outre les freins liés au PIB et à l’économie algérienne pâtissante qui dépend principalement de la manne pétrolière, certains médias attribuent ce rejet à un veto de l’Inde et à la non-adhésion de l’Algérie à l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Ce dernier point est particulièrement révélateur : l’Algérie, qui a entamé son processus d’adhésion à l’OMC en 1987, n’a toujours pas finalisé son intégration à cette organisation commerciale multilatérale – une anomalie pour un pays candidat à un bloc économique majeur.

Le veto de l’Inde. La plupart des analyses s’accordent sur le rôle central joué par New Delhi dans l’exclusion algérienne. La candidature algérienne a été rejetée en raison notamment de l’opposition de l’Inde, et malgré le soutien russe. Les raisons précises de ce veto indien restent partiellement opaques. Certains observateurs évoquent une influence franco-émiratie sur la décision indienne – hypothèse plausible mais non confirmée par des sources officielles.

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Les tensions avec les Émirats et l’Arabie saoudite. Les relations algéro-émiriennes sont fortement dégradées, en partie en raison du désaccord opposant les deux États arabes sur la question marocaine et du Sahara occidental. Abou Dhabi se montre en effet un fervent défenseur de Rabat tandis qu’Alger soutient le Front Polisario. Riyad entretient aussi des relations complexes et souvent dégradées avec Alger. Or, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis sont deux des membres les plus influents du nouvel élargissement – et leurs oppositions à la candidature algérienne ont très vraisemblablement pesé sur le résultat final.

Le positionnement géopolitique algérien. La candidature algérienne se montrait relativement peu adéquate d’un point de vue économique et, surtout, incompatible d’un point de vue diplomatique, en tous cas vis-à-vis des pays du Golfe. L’Algérie s’est engagée dans une forme d’alignement sur l’axe russo-turc-qatari qui l’a placée en porte-à-faux avec plusieurs des membres influents des BRICS. La gestion déficiente de sa demande d’adhésion, caractérisée par une orientation idéologique au détriment du réalisme économique, a renforcé la désillusion du groupe BRICS à l’égard du régime algérien.


La narration officielle algérienne : sauver la face

Face à l’humiliation publique, le gouvernement algérien a développé une lecture officielle visant à retourner le rejet en posture de dignité blessée. Selon les informations fournies par El Moudjahid, journal gouvernemental : “Aucun argument raisonnable n’a été présenté pour justifier l’exclusion de l’Algérie, dont le dossier a été retiré à la dernière minute, lors du sommet d’août 2023, ce qui est considéré comme une position contradictoire.” “Censé remettre en cause l’ordre mondial établi, le groupe des BRICS a adopté une logique de choix ridicule et une approche restrictive.”

Cette rhétorique du rejet souverain – “c’est nous qui ne voulons pas d’eux” – est caractéristique de la communication politique du pouvoir algérien face à ses revers diplomatiques. Elle ne trompe pas les observateurs, mais permet de ménager l’opinion interne. El Moudjahid évoque sans les nommer deux acteurs qui auraient œuvré en coulisses pour bloquer la candidature algérienne : un pays membre des BRICS, décrit comme agissant “sous les ordres d’un modeste émirat du Golfe”.

La formule est habile : en désignant implicitement les Émirats arabes unis comme responsables du veto via un autre pays membre – allusion transparente à l’Inde – Alger se pose en victime d’une machination extérieure plutôt qu’en candidat insuffisamment préparé.


La NDB comme consolation stratégique

Dans ce contexte, l’adhésion à la Nouvelle Banque de Développement des BRICS constitue la seule victoire concrète qu’Alger a pu extraire de cette séquence. L’adhésion de l’Algérie à la NDB a été approuvée le 31 août 2024 par le Conseil des gouverneurs lors de la 9e réunion annuelle au Cap, en Afrique du Sud. L’adhésion va, selon le ministère des Finances, offrir au pays de “nouvelles perspectives pour soutenir et renforcer son essor économique à moyen et long terme”.

L’Algérie est devenue officiellement membre de la NDB le 19 mai 2025, date à laquelle l’ambassadeur d’Algérie au Brésil a remis à Brasilia l’instrument d’adhésion, conformément à l’article 48 de l’Accord de la Banque.

En octobre 2024, Tebboune a annoncé le maintien de l’engagement du pays envers la NDB avec une contribution de 1,5 milliard de dollars, justifiant : “Cette adhésion est cruciale, car elle aidera les pays émergents et constitue une alternative à la Banque mondiale.”

Cette distinction entre adhésion à la NDB et adhésion au groupe BRICS est politiquement commode pour Alger : elle lui permet de participer à l’instrument financier du bloc sans avoir à supporter les contraintes politiques d’une appartenance au groupe – et sans avoir à reconnaître publiquement son échec à rejoindre le second.


Le renoncement définitif d’octobre 2024

Après une tentative infructueuse d’intégration en 2023, l’Algérie a décidé de tourner définitivement la page. C’est à travers El Moudjahid que le régime a annoncé l’enterrement de son projet. Le journal affirme que “l’Algérie a définitivement tourné la page, même si elle est membre de la banque des BRICS”.

Le président Tebboune a déclaré, le 6 octobre 2024 : “Je n’ai jamais fait de déclaration officielle à ce sujet. Nous voulions adhérer pour des raisons bien définies, mais quand nous avons vu la tournure que prenait cette organisation, notre volonté a changé.” Cette assertion est factuellement inexacte : Tebboune avait bel et bien fait de nombreuses déclarations publiques très explicites sur la candidature algérienne, notamment à la télévision chinoise CCTV en juillet 2023. La réécriture de l’histoire est ici transparente.

Ce que révèle cette séquence, c’est la vulnérabilité d’une diplomatie qui a surfaché sa propre ambition. Le groupe BRICS avait reçu des demandes d’adhésion de plus d’une quarantaine de pays lors de l’élargissement de 2023. Les BRICS n’ont pas élaboré de système de critères d’adhésion transparent. On peut s’interroger sur les raisons du refus de la candidature de l’Indonésie – 280 millions d’habitants et PNB de 4 500 milliards de dollars – et l’acceptation de celle de l’Éthiopie – 105 millions d’habitants et 150 milliards de dollars. Mais l’Algérie aurait dû intégrer ce caractère imprévisible et pragmatique des décisions du bloc, au lieu d’en faire un engagement présidentiel public.


Ce que cet échec révèle : l’usure d’une diplomatie de posture

Le dossier BRICS ne peut être lu de manière isolée. Il s’inscrit dans une séquence diplomatique algérienne plus large, marquée par une accumulation de revers qui dessinent les contours d’un isolement structurel.

Hasni Abidi, directeur du Centre d’études et de recherches sur le monde arabe et méditerranéen à Genève, analyse : “Il y a une évolution majeure dans les relations internationales et l’Algérie donne des signes d’essoufflement. Il y a urgence pour Alger à réajuster les objectifs de sa politique étrangère.”

Pour Le Matin d’Algérie, la diplomatie algérienne “n’a pas su faire preuve de finesse et a préféré jouer seule contre tous”. La preuve : l’échec de la candidature au club des BRICS, ou encore la détérioration des rapports avec les voisins du Sahel.

La rupture des relations diplomatiques avec le Maroc depuis 2021, les tensions avec les Émirats arabes unis, les frictions avec l’Arabie saoudite sur le dossier libyen, la dégradation des rapports avec la France en 2024-2025, et le rappel des ambassadeurs avec le Mali, le Niger et le Burkina Faso en 2025 : la politique étrangère algérienne doit composer avec des prises de décision lentes “car elles passent par plusieurs rouages”. “Le fonctionnement du système politique algérien est très complexe puisque l’armée, l’état-major de l’armée, les services de renseignement sont parties prenantes dans la prise de décision”, explique Hasni Abidi.

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Cette multiplicité des acteurs de décision génère une politique étrangère souvent contradictoire, où les déclarations présidentielles peuvent être contredites par les actions des services, et où le pragmatisme cède trop souvent à l’idéologie.


Les acteurs et les lignes de fracture géopolitique

Comprendre le rejet algérien des BRICS, c’est d’abord cartographier les coalitions d’intérêts qui structurent ce bloc.

La Russie et la Chine ont officiellement soutenu la candidature algérienne. Mais le président Tebboune avait reçu une fin de non-recevoir presque humiliante de la Russie, allié historique qui fournit à l’Algérie la majeure partie de son armement. Le soutien russe s’est avéré insuffisant – ou insuffisamment déterminé – pour contrecarrer les oppositions. Vladimir Poutine avait lui-même nuancé ce soutien en expliquant que la candidature algérienne devait être « travaillée calmement » – formule diplomatique signalant que Moscou ne mettrait pas tout son poids dans la balance.

L’Algérie est par exemple le seul pays à avoir exprimé son abstention lors du vote d’une résolution de l’ONU condamnant l’invasion russe de l’Ukraine en mars 2022. Faisant fi des protestations américaines, Tebboune s’est rendu en Russie en juin 2023 pour rencontrer Poutine. Ce positionnement pro-russe assumé a certes renforcé les relations bilatérales avec Moscou, mais l’a placé en porte-à-faux vis-à-vis du Brésil et de l’Inde – deux membres des BRICS dont la posture est nettement plus équilibrée entre blocs occidentaux et orientaux.

La Russie et la Chine ainsi que l’Afrique du Sud ont soutenu ouvertement, et depuis le début, la candidature de l’Algérie. Ce n’est pas le cas du Brésil et de l’Inde, qui auraient voté contre la candidature algérienne. Trois contre deux dans un système décisionnel à l’unanimité : un seul veto suffit, et l’Inde l’a exercé.


Analyse prospective : quelle diplomatie pour l’Algérie post-BRICS ?

L’affaire BRICS a eu le mérite de forcer une réévaluation de la politique étrangère algérienne. Le défi, pour Alger, est celui d’une transition difficile : passer d’une diplomatie de posture – fondée sur la rhétorique du non-alignement historique et la force symbolique des hydrocarbures – à une diplomatie de résultats, fondée sur des intérêts concrets négociés avec pragmatisme.

Par contraste, le Maroc, avec lequel l’Algérie a rompu ses relations diplomatiques, a réintégré l’Union africaine et impose sa force économique sur le continent. Ce constat, formulé par des analystes algériens eux-mêmes, illustre la divergence de trajectoires entre les deux grandes puissances maghrébines. Le Maroc a multiplié ses adhésions et ses partenariats en Afrique pendant qu’Alger se crispait sur ses querelles régionales.

L’adhésion à la NDB offre cependant une ouverture réelle. Comme banque multilatérale de développement alternative aux institutions de Bretton Woods, la NDB peut financer des infrastructures algériennes sans les conditionnalités imposées par le FMI ou la Banque mondiale. C’est un levier concret, distinct de l’appartenance au groupe politique BRICS – et potentiellement plus utile à court terme qu’une adhésion symbolique à un bloc dont les mécanismes décisionnels se révèlent, comme l’Algérie en a fait l’expérience, largement opaques et soumis aux rapports de force entre membres.

La vraie question reste celle-ci : l’Algérie parviendra-t-elle à tirer les leçons de cette séquence pour construire une diplomatie plus pragmatique, mieux calibrée aux réalités d’un monde multipolaire qui ne récompense pas la posture mais les intérêts concrets ? La réponse à cette question dépend d’une transformation politique interne que le dossier BRICS, à lui seul, n’a pas suffi à déclencher.


FAQ – Questions fréquemment posées

Pourquoi l’Algérie voulait-elle rejoindre les BRICS ?
L’Algérie cherchait dans les BRICS un tremplin pour diversifier ses partenaires commerciaux et financiers, réduire sa dépendance aux institutions de Bretton Woods (FMI, Banque mondiale), renforcer son positionnement dans le Sud Global, et consolider sa légitimité internationale dans un contexte de relations tendues avec la France et les pays du Golfe.

Pourquoi la candidature algérienne a-t-elle été rejetée en 2023 ?
Les causes sont multiples : dépendance structurelle de l’économie algérienne aux hydrocarbures (plus de 90 % des exportations), absence de l’OMC, veto présumé de l’Inde, oppositions des Émirats arabes unis et de l’Arabie saoudite liées aux tensions régionales, et une gestion diplomatique jugée trop idéologique par rapport aux critères pragmatiques des BRICS.

Qu’est-ce que la NDB et pourquoi l’Algérie y a-t-elle adhéré ?
La Nouvelle Banque de Développement (NDB), créée en 2015 par les BRICS, est une banque multilatérale de développement conçue comme alternative au FMI et à la Banque mondiale. Elle finance des projets dans les marchés émergents. L’Algérie y a officiellement adhéré le 19 mai 2025, après approbation en août 2024, en souscrivant 6 140 actions pour une valeur de 1,5 milliard de dollars. Cette adhésion lui permet d’accéder à des financements de développement sans conditionnalités politiques strictes.

L’Algérie peut-elle encore rejoindre les BRICS à l’avenir ?
Non, selon la position officielle algérienne établie en octobre 2024. Le président Tebboune a déclaré que le dossier était définitivement clos. El Moudjahid, journal gouvernemental, a confirmé qu’Alger avait « définitivement tourné la page ». Une réouverture du dossier supposerait un changement de gouvernement ou une transformation radicale du contexte géopolitique régional.

Quel est l’impact de l’échec des BRICS sur la diplomatie algérienne globale ?
L’échec a mis en lumière les limites d’une diplomatie fondée sur la posture idéologique plutôt que sur le pragmatisme. Il s’inscrit dans une séquence plus large de revers : rupture avec le Maroc depuis 2021, tensions avec les Émirats et l’Arabie saoudite, dégradation des relations avec la France en 2024-2025, crise avec l’AES en 2025. Plusieurs analystes, dont Hasni Abidi, estiment qu’Alger doit urgemment réajuster les objectifs de sa politique étrangère.


Liens internes – Pour aller plus loin sur ALG247.COM


Sources

  1. Jeune Afrique – L’Algérie refusée par les Brics : pour Tebboune, un revers symbolique (24 août 2023)
    https://www.jeuneafrique.com/1476064/politique/lalgerie-refusee-par-les-brics-pour-abdelmadjid-tebboune-un-revers-symbolique/ — consulté le 24 juin 2026
  2. Les Clés du Moyen-Orient – Élargissement des BRICS : pourquoi les autres candidats ont-ils été refusés ?
    https://www.lesclesdumoyenorient.com/Elargissement-des-BRICS-une-entree-remarquee-du-Moyen-Orient-3-3-Pourquoi-les.html — consulté le 24 juin 2026
  3. Jeune Afrique – L’Algérie adhère à la Nouvelle Banque de Développement des BRICS (1er septembre 2024)
    https://www.jeuneafrique.com/1604001/politique/lalgerie-adhere-a-la-nouvelle-banque-de-developpement-des-brics/ — consulté le 24 juin 2026
  4. L’Express Algérie – L’Algérie tourne définitivement la page des BRICS (septembre 2024)
    https://www.lexpressquotidien.dz/2024/09/30/lalgerie-tourne-definitivement-la-page-des-brics/ — consulté le 24 juin 2026
  5. L’Économiste Maghrébin / France 24 – Sahara occidental : la diplomatie algérienne mise à rude épreuve (novembre 2025)
    https://www.leconomistemaghrebin.com/2025/11/08/sahara-occidental-la-diplomatie-algerienne-mise-a-rude-epreuve/ — consulté le 24 juin 2026
  6. Wikipedia – Politique étrangère de l’Algérie
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Politique_%C3%A9trang%C3%A8re_de_l%27Alg%C3%A9rie — consulté le 24 juin 2026
  7. AL24 News – L’Algérie devient officiellement pays membre de la NDB (mai 2025)
    https://al24news.dz/fr/lalgerie-devient-officiellement-pays-membre-de-la-nbd-la-banque-des-brics/ — consulté le 24 juin 2026
  8. France 24 / AFP – Face au dossier du Sahara occidental, la diplomatie algérienne en quête d’un nouveau souffle (novembre 2025)
    https://www.france24.com/fr/afrique/20251107-face-au-dossier-du-sahara-occidental-la-diplomatie-alg%C3%A9rienne-en-qu%C3%AAte-d-un-nouveau-souffle — consulté le 24 juin 2026

Dernière mise à jour : juin 2026. Ce dossier est régulièrement actualisé pour intégrer les développements diplomatiques les plus récents.

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