L’Iran a officiellement confirmé, le 17 mars 2026, la mort d’Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, tué lors d’une opération militaire menée par Israël à Téhéran. Cette annonce, intervenue après la revendication israélienne, s’inscrit dans un conflit régional qui s’intensifie depuis plusieurs semaines, menaçant une escalade plus large au Moyen‑Orient.
Faits de l’opération
L’armée israélienne a annoncé, dans la nuit du 16 au 17 mars, avoir mené une frappe aérienne précise à proximité de la capitale iranienne, visant directement Ali Larijani, décrit comme une figure clé du dispositif sécuritaire de la République islamique. Selon les déclarations de l’état‑major israélien relayées par plusieurs médias, cette opération a également éliminé Gholamreza Soleimani, commandant des Bassidj, la milice paramilitaire des Gardiens de la révolution, ainsi que le fils de Larijani et plusieurs de ses gardes du corps. Le Conseil suprême de sécurité nationale iranien a confirmé ces pertes dans un communiqué sobre, affirmant que son ancien secrétaire avait « obtenu la douce grâce du martyre » au cours d’une attaque survenue à l’aube.
Dans ce contexte, Téhéran n’a pas immédiatement réagi par une contre‑attaque massive, mais les Gardiens de la révolution ont déjà revendiqué des ripostes antérieures contre des cibles israéliennes et américaines, notamment des salves de missiles balistiques en direction de plus de cent sites militaires. Par ailleurs, des services d’urgence israéliens ont fait état de deux morts civils près de Tel‑Aviv après un tir iranien subséquent, illustrant la chaîne d’échanges de coups qui caractérise ce 18ᵉ jour de confrontation ouverte entre les camps. Cette élimination ciblée marque ainsi un nouveau palier dans une série d’opérations ayant déjà visé des dirigeants iraniens de haut rang.
Contexte du conflit
Ce drame survient au cœur d’une guerre ouverte entre l’Iran et l’axe israélo‑américain, déclenchée le 28 février 2026 par des bombardements conjoints sur plusieurs villes iraniennes, dont Téhéran, visant à entraver le programme nucléaire et les capacités balistiques de la République islamique. Dès ce jour inaugural, les forces coalisées ont annoncé la mort du guide suprême Ali Khamenei, ouvrant une période de turbulences internes à Téhéran où son fils, Mojtaba Khamenei, a été désigné successeur par l’Assemblée des experts le 8 mars suivant. Ce conflit prolonge une escalade commencée en 2024, avec des frappes préventives israéliennes contre des infrastructures nucléaires iraniennes, puis des échanges de drones et de missiles qui ont progressivement englobé des cibles civiles et des alliés régionaux.
L’Iran a dès lors multiplié les ripostes contre des bases américaines en Arabie saoudite, en Irak et aux Émirats, perturbant le trafic aérien et les marchés énergétiques mondiaux, tandis que les États‑Unis ont répliqué par des frappes sur des installations proches du détroit d’Ormuz. Cependant, des incidents comme l’impact d’un projectile sur le site nucléaire de Bushehr – sans dommages majeurs, selon l’AIEA – soulignent les risques d’une dérive incontrôlée. La disparition de figures telles que Larijani s’ajoute à celle d’autres dignitaires, affaiblissant l’appareil répressif iranien au moment où des manifestations internes perduraient au début de l’année 2026.
Profil d’Ali Larijani
Né en 1958 à Najaf, en Irak, dans une famille chiite influente originaire d’Amol, Ali Larijani a gravi les échelons du pouvoir iranien grâce à une carrière marquée par sa proximité avec les Gardiens de la révolution et le guide suprême Ali Khamenei. Docteur en philosophie continentale de l’université de Téhéran, avec une thèse portant sur Kant, il a occupé des postes ministériels dans la culture et la communication sous le président Hachemi Rafsandjani, avant de devenir secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale en août 2025, succédant à Hassan Rohani. Dans cette fonction stratégique, il coordonnait la politique étrangère, la défense et la lutte contre les menaces internes, rendant compte directement au leader suprême et négociant sur des dossiers sensibles tels que le dossier nucléaire.
Considéré comme un pilier conservateur, Larijani avait été désigné par Khamenei pour préparer le régime à une guerre potentielle, en identifiant des successeurs pour les postes clés et en supervisant la répression des manifestations de début 2026. Pourtant, sa discrétion publique – contrastant avec son influence réelle sur la diplomatie et les services de renseignement – en faisait une cible symbolique pour Israël, qui le qualifiait de « chef d’une bande de gangsters ». Des enquêtes comme celle du New York Times avaient en effet mis en lumière un rôle quasi autonome dans la sécurisation du système face aux assassinats de dirigeants. Sa disparition prive désormais Téhéran d’un stratège aguerri, formé durant la guerre Iran‑Irak.
Rôles des acteurs impliqués
Du côté israélien, le Premier ministre Benyamin Netanyahou a personnellement commenté l’opération, affirmant que l’élimination de Larijani offrait au peuple iranien « une occasion de prendre en main son destin » en ébranlant le régime. Le ministre de la Défense, Israël Katz, avait précédé cette annonce en évoquant la mort du haut responsable sécuritaire, tandis que l’armée soulignait la précision de la frappe nocturne. Les États‑Unis, alliés indéfectibles dans ce conflit, ont soutenu logistiquement ces actions tout en menant leurs propres ripostes contre des sites iraniens stratégiques.
À Téhéran, le nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei, réputé proche des Gardiens de la révolution, rejette toute proposition de cessez‑le‑feu transmise par des intermédiaires, selon un haut responsable cité par Reuters. Le Conseil suprême de sécurité nationale, présidé par le président de la République et composé des chefs des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire ainsi que des responsables militaires, se retrouve avec un secrétariat vacant, ce qui impose une réorganisation rapide. Les Gardiens de la révolution, via leur branche idéologique, ont confirmé la mort de Gholamreza Soleimani et promis une « riposte appropriée » contre ce qu’ils qualifient d’« ennemi américano‑sioniste ».
Enjeux stratégiques
La disparition d’Ali Larijani fragilise le cœur décisionnel iranien chargé de définir la défense nationale et la politique étrangère, au moment où le conflit a déjà causé environ 1 300 morts et de profondes perturbations dans le Golfe. Ce Conseil supervise les forces armées et intègre les représentants des Gardiens de la révolution et de l’armée régulière, ce qui rend sa stabilité cruciale pour coordonner les ripostes contre Israël et les États‑Unis. L’élimination d’un architecte de la « résistance » régionale – incluant le soutien au Hamas, au Hezbollah ou aux Houthis – pourrait en outre désarticuler les alliances de Téhéran, déjà ébranlées par la chute du régime Assad en Syrie.
Dans ce contexte, Israël affirme une doctrine d’assassinats ciblés qui élargit le champ de confrontation, tandis que l’Iran intensifie ses frappes contre des actifs américains dans le Golfe, menaçant les flux pétroliers mondiaux via le détroit d’Ormuz. Toutefois, des voix comme celle de la Turquie condamnent ces « assassinats politiques » comme contraires au droit international, appelant à une désescalade. Cette opération met ainsi en lumière les limites de la résilience du régime face à une coalition technologiquement supérieure.
Perspectives immédiates
À court terme, Téhéran pourrait accélérer la nomination d’un remplaçant au secrétariat du Conseil, en s’appuyant sur des plans de continuité préparés par Larijani lui‑même, tandis que les Gardiens promettent des contre‑attaques massives sur Tel‑Aviv et les bases alliées. Les marchés énergétiques scrutent déjà ces développements, avec des craintes pour les sites de Bushehr et d’Ormuz susceptibles d’accélérer l’instabilité mondiale. Aucune médiation crédible ne semble émerger, Mojtaba Khamenei rejetant fermement toute offre de désamorçage.
Par ailleurs, Israël a juré de poursuivre la traque d’autres figures dirigeantes, y compris le nouveau guide suprême, signalant la persistance de ce type d’opérations nocturnes. L’absence initiale de confirmation iranienne concernant Soleimani illustrait déjà les efforts de Téhéran pour minimiser la portée des pertes. Le 18 mars ouvre ainsi une phase incertaine, dans laquelle chaque nouvelle annonce pourrait catalyser une nouvelle vague d’affrontements.
L’Iran et Israël poursuivent leurs échanges militaires sans signe de trêve, dans un conflit qui a déjà profondément redessiné les équilibres régionaux.
ALG247.COM