Maroc : le prince héritier Moulay Hassan nommé coordinateur du commandement des Forces armées royales

A la Une

Amel Bensalem
Amel Bensalemhttps://alg247.com
Journaliste couvrant les évolutions politiques, économiques et sociales en Afrique du Nord. Elle s’intéresse aux transformations institutionnelles, aux relations euro-méditerranéennes et aux enjeux régionaux du Maghreb et du Mashrek.

Le roi Mohammed VI a désigné, samedi soir, son fils le prince héritier Moulay Hassan à la tête de la coordination des bureaux et services du Commandement général des Forces armées royales. Cette nomination reproduit un précédent dynastique direct : Mohammed VI lui-même avait exercé ces mêmes fonctions lorsqu’il était prince héritier, à partir de 1985.

Un communiqué du Cabinet royal, publié dans la soirée du samedi 2 mai 2026, a annoncé la désignation officielle du prince héritier Moulay Hassan en qualité de coordinateur des bureaux et services du Commandement général des Forces armées royales marocaines. Le roi Mohammed VI, qui cumule les titres de commandant suprême et de chef d’état-major général des Forces armées royales, a signé cette nomination en vertu de ses prérogatives constitutionnelles en matière de défense nationale.

Un précédent dynastique remontant à Hassan II

Le communiqué du Cabinet royal ne s’est pas limité à annoncer la nomination : il l’a explicitement inscrite dans une continuité dynastique. Le texte rappelle que le roi Mohammed VI avait lui-même occupé ce poste de coordinateur des bureaux et services du Commandement général des Forces armées royales en 1985, alors qu’il n’était encore que prince héritier. C’est son père, le roi Hassan II, qui l’avait désigné à ce titre, amorçant ainsi une immersion progressive du futur souverain dans l’appareil militaire du royaume. La nomination de Moulay Hassan reproduit donc, quarante ans plus tard, un schéma institutionnel identique, dont la dimension symbolique est soulignée par le palais lui-même.

Moulay Hassan, 21 ans, propulsé au cœur de l’institution militaire

Né le 8 mai 2003, le prince héritier Moulay Hassan vient d’avoir 21 ans. Sa trajectoire publique a jusqu’ici été marquée par des apparitions officielles aux côtés de son père lors de grandes cérémonies d’État, ainsi que par une formation académique conduite au Maroc et en Europe. Cette désignation constitue sa première responsabilité institutionnelle formellement documentée dans le domaine militaire. En lui confiant la coordination des structures du Commandement général, Mohammed VI l’associe directement aux rouages d’une institution qui occupe, dans l’architecture du pouvoir marocain, une place centrale et symboliquement irréductible. Les Forces armées royales sont placées sous l’autorité directe du souverain, sans intermédiaire gouvernemental, conformément aux dispositions de la Constitution de 2011.

« Dieu, la Patrie, le Roi » : les valeurs invoquées par le palais

Le communiqué du Cabinet royal a accompagné l’annonce d’un développement doctrinal sur les valeurs fondatrices des Forces armées royales. Le texte cite explicitement « l’efficacité, la discipline, l’intégrité, l’engagement, le patriotisme sincère et le sens élevé des responsabilités » comme socle de l’institution militaire marocaine, placée sous « la sage direction du roi, commandant suprême et chef d’état-major général ». Cette rhétorique institutionnelle, articulée autour de la devise des Forces armées royales — « Allah, Watan, Malik » (Dieu, la Patrie, le Roi) —, est récurrente dans les textes officiels du palais, mais son insertion dans un communiqué de nomination revêt une dimension particulière : elle légitime l’entrée du prince héritier dans l’institution militaire sous l’angle de la continuité des valeurs, et non seulement de la transmission du pouvoir.

La tutelle royale directe sur la défense, pierre angulaire du régime

La désignation de Moulay Hassan s’inscrit dans un contexte institutionnel spécifique au Maroc, où les Forces armées royales échappent par construction à toute autorité ministérielle. Contrairement à la majorité des monarchies constitutionnelles européennes, où la défense relève d’un ministère soumis au contrôle parlementaire, le dispositif marocain place l’armée sous commandement exclusif du roi. Ce schéma est hérité de la tradition makhzenienne et a été consolidé par Hassan II au cours des décennies qui ont suivi l’indépendance du royaume. En nommant son fils coordinateur du Commandement général, Mohammed VI prolonge cette logique de contrôle dynastique direct sur l’institution militaire, tout en préparant le futur souverain à exercer, le moment venu, les prérogatives qui lui reviennent constitutionnellement.

Une intronisation progressive dans les rouages de l’État

La nomination du samedi ne confère pas au prince héritier un commandement opérationnel sur les troupes ou les unités des Forces armées royales : elle lui attribue un rôle de coordination administrative et institutionnelle au sein du Commandement général. Néanmoins, la portée politique du geste dépasse la portée fonctionnelle du poste. En 1985, la désignation de Mohammed VI par Hassan II avait marqué le début d’une décennie de préparation au trône, qui s’était conclue en 1999 avec l’accession du prince au pouvoir souverain. L’histoire ne se répète jamais identiquement, mais la symétrie entre les deux nominations ne sera pas sans signification pour les observateurs de la vie politique marocaine. Le prince héritier Moulay Hassan est désormais, à 21 ans, officiellement intégré à la chaîne de commandement des Forces armées royales de son pays.

Amel Bensalem

-- Publicité --

- Advertisement -

Plus d'articles

-- Publicité --

- Advertisement -

NOUVEAUTÉS