Batna : séisme de magnitude 4,7 près de Draa Klalouche, le plus fort de la séquence récente

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Safia Rahmani
Safia Rahmanihttps://alg247.com
Journaliste spécialisée dans les questions de société, de mobilité internationale et de migrations. Elle analyse les politiques migratoires, leurs implications sociales et leurs évolutions juridiques.

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La wilaya de Batna a été secouée dans la nuit du 3 au 4 juin 2026 par un tremblement de terre dont la magnitude a été évaluée à 4,7 par l’United States Geological Survey (USGS) et à 4,9 par le Centre de recherche en astronomie, astrophysique et géophysique algérien (CRAAG). L’épicentre, localisé à 12 kilomètres au nord-ouest de Draa Klalouche dans la wilaya de Batna, à une profondeur de 10 kilomètres, constitue la secousse la plus significative d’une séquence sismique inhabituelle qui frappe cette zone depuis plusieurs jours.

La secousse a été enregistrée à 23h16 UTC, soit 00h16 heure locale algérienne, selon les données publiées par l’USGS sur sa plateforme de surveillance en temps réel. Les coordonnées précises de l’épicentre ont été fixées à 35,886°N / 5,895°E, à une profondeur de 10 kilomètres – un foyer superficiel qui amplifie l’intensité ressentie en surface. Les localités les plus proches de l’épicentre sont Draa Klalouche, commune de la wilaya de Batna située à environ 12,8 kilomètres au sud-est du point de rupture, ainsi que Merouana, à 28 kilomètres, et Batna-ville, à 44 kilomètres. L’écart de magnitude entre les deux réseaux de mesure – 4,7 selon l’USGS, 4,9 selon le CRAAG – est courant dans la pratique sismologique internationale : il reflète des différences de méthodes de calcul et de réseaux de stations, sans remettre en cause la réalité de l’événement.

Draa Klalouche, épicentre d’une zone rarement mise en avant

Ce que révèle la localisation précise de cette secousse, c’est le déplacement de l’activité sismique vers un secteur nord-occidental de la wilaya de Batna, distinct des zones habituellement citées. Draa Klalouche est une commune rurale d’environ 5 000 habitants, dans une zone de contreforts entre les massifs aurésiens et les hautes plaines sétifiennes. Elle se situe à quelque 35 kilomètres au nord-ouest de Batna-ville et à moins de 35 kilomètres au sud de la grande agglomération d’El Eulma, dans la wilaya de Sétif – une ville de plus de 128 000 habitants, suffisamment proche pour que la secousse y ait été ressentie. L’USGS signale également la présence de Merouana et de Ras el Aïoun dans le périmètre proche, deux communes dont les habitants ont vraisemblablement perçu les vibrations de manière distincte.

Moins de douze heures après une première secousse à Aïn Djasser

Cette secousse nocturne s’inscrit dans une séquence sismique concentrée sur la wilaya de Batna. Moins de douze heures plus tôt, à 11h44 le 3 juin, le CRAAG avait enregistré une première secousse de 3,8 degrés dont l’épicentre avait été localisé à 6 kilomètres au sud-ouest d’Aïn Djasser, une commune voisine. Deux événements distincts, survenus dans la même journée civile, sur un territoire où la fréquence habituelle des séismes ressentis se compte en semaines, non en heures. Ce n’est pas tant leur intensité individuelle qui interroge que leur concentration temporelle et spatiale : la wilaya de Batna n’avait pas enregistré de secousse proche de ce seuil depuis plusieurs mois, selon les données archivées par les plateformes de surveillance internationale.

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Une tectonique méditerranéenne sous haute pression

L’USGS fournit, pour chaque événement algérien, un résumé tectonique régional qui rappelle les mécanismes structurels à l’œuvre. Le nord de l’Algérie se trouve au cœur d’une zone de convergence entre la plaque africaine et la plaque eurasiatique, un mouvement de 4 à 10 millimètres par an qui accumule des contraintes dans la croûte terrestre depuis environ 50 millions d’années – soit depuis la fermeture progressive de la mer de Téthys, dont la Méditerranée actuelle constitue le vestige. Cette compression génère en permanence une sismicité diffuse le long de la marge nord-africaine, depuis le Maroc jusqu’au Moyen-Orient. Le CRAAG chiffre à environ 80 le nombre de séismes enregistrés chaque mois sur le territoire algérien, dont 90 % restent imperceptibles par la population. Les 10 % restants – ceux qui se font sentir – suffisent à entretenir une anxiété légitime dans des régions qui gardent la mémoire du séisme de Boumerdès de mai 2003, magnitude 6,8, qui avait fait plus de 2 200 morts.

Une profondeur de 10 kilomètres, facteur d’intensité ressentie

La profondeur de foyer relevée par l’USGS – 10 kilomètres – mérite une attention particulière. Les séismes superficiels, ceux dont le foyer se situe entre 0 et 30 kilomètres sous la surface, transmettent l’énergie sismique de manière plus directe et plus concentrée que les événements profonds. À magnitude comparable, un séisme à 10 kilomètres de profondeur sera ressenti avec une intensité nettement supérieure à un séisme à 30 ou 50 kilomètres. C’est précisément pour cette raison que la secousse du 3 juin au soir a pu être perçue distinctement dans un rayon dépassant les localités immédiatement proches de l’épicentre. Les données de l’USGS confirment par ailleurs que seules 2 déclarations de ressenti avaient été enregistrées sur sa plateforme participative (“Did You Feel It?”) dans les premières heures suivant l’événement, ce qui suggère une zone d’exposition humaine relativement limitée au moment de la secousse.

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Pas de bilan humain déclaré, vigilance maintenue

Dans les premières heures suivant la secousse, aucune autorité locale n’avait fait état de victimes ni de dégâts matériels significatifs, selon les informations disponibles. Cette absence de bilan négatif immédiat est cohérente avec la localisation de l’épicentre dans un secteur à faible densité de population, et avec l’heure nocturne de l’événement – une heure à laquelle la population se trouvait dans des habitations plutôt qu’en déplacement. Les services de la protection civile de la wilaya de Batna appliquent, dans ces cas, un protocole standard de vérification sur le terrain, activé automatiquement dès lors qu’une secousse dépasse le seuil de 4 degrés dans une zone habitée.

La prochaine étape pour les géophysiciens du CRAAG sera de déterminer si ce séisme de 4,7 degrés constitue le choc principal d’une séquence – auquel cas des répliques de moindre ampleur sont attendues dans les jours suivants – ou s’il s’inscrit dans un cluster plus large dont la dynamique reste à établir. La région de Batna a enregistré en moyenne 2,5 séismes de magnitude 4 ou supérieure par an au cours des dernières décennies, selon les statistiques de VolcanoDiscovery compilées à partir des archives internationales, ce qui rend un événement de cette intensité statistiquement plausible mais non banal à l’échelle de la semaine écoulée.


Sources

  1. USGS – United States Geological Survey — Earthquake Event Page us7000sqfs : M 4.7, 12 km NW of Draa Klalouche, Algeria, 2026-06-03 23:16:11 UTC, profondeur 10 km https://earthquake.usgs.gov/earthquakes/eventpage/us7000sqfs/executive — consulté le 4 juin 2026
  2. CRAAG – Centre de recherche en astronomie, astrophysique et géophysique — Bulletin sismique officiel : séisme de magnitude 4,9, Aïn Jasser, wilaya de Batna, 4 juin 2026 à 00h16 heure locale — communiqué officiel https://www.craag.dz — consulté le 4 juin 2026
  3. L’Express DZ — Secousse tellurique de 3,8 degrés dans la wilaya de Batna, épicentre à 6 km au sud-ouest d’Aïn Djasser (3 juin 2026) https://www.expressdz.dz/2026/06/03/secousse-tellurique-de-38-degres-dans-la-wilaya-de-batna/ — consulté le 4 juin 2026
  4. TSA Algérie — Quatre séismes en trois jours en Algérie : le CRAAG rassure et donne des explications https://www.tsa-algerie.com/quatre-seismes-en-3-jours-en-algerie-faut-il-sinquieter/ — consulté le 4 juin 2026
  5. La Patrie News — Le CRAAG enregistre 80 séismes par mois : activité sismique naturelle et normale https://lapatrienews.dz/le-craag-enregistre-80-seisme-par-mois-une-activite-sismique-normale/ — consulté le 4 juin 2026
  6. VolcanoDiscovery / AllQuakes — Statistiques sismiques historiques, wilaya de Batna, période 2000-2026 https://www.volcanodiscovery.com/earthquakes/algeria/batna.html — consulté le 4 juin 2026

Safia Rahmani

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