De graves débordements ont précédé, dimanche 19 avril, la demi-finale retour de la Coupe de la Confédération africaine entre l’Olympique Club de Safi et l’USM Alger au stade El Massira. Le coup d’envoi a été retardé de plus d’une heure vingt après un envahissement de terrain et des affrontements entre supporters des deux camps.
Au moment où le coup de sifflet initial était attendu, à 20 heures heure locale, la pelouse du stade El Massira de Safi s’est transformée en scène de désordre. Alors que le coup d’envoi allait être donné, une clameur a commencé à descendre des tribunes. Les images diffusées ont montré les joueurs de l’USM Alger se plaindre auprès de l’arbitre rwandais Samuel Ukiwunda, avant que le terrain ne soit envahi et que les Algériens ne rejoignent précipitamment les vestiaires.
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Dans les gradins, la tension avait atteint un seuil critique bien avant le début de la rencontre, et ni les appels au calme du speaker ni les tentatives d’interposition des joueurs safiotes restés sur le terrain n’ont suffi à endiguer la montée aux tribunes.
L’envahissement du terrain et ses origines disputées
Les récits divergent quant à l’origine exacte des incidents, et les deux délégations en ont formulé des versions contradictoires. Les raisons de ces troubles sont encore obscures : tout est visiblement parti de provocations effectuées par des supporters visiteurs depuis leur secteur, ce qui aurait conduit une partie du public local à traverser le terrain pour s’en prendre à eux, malgré les tentatives des joueurs de Safi pour les en empêcher. Des échauffourées ont alors opposé supporters marocains et algériens, avec des jets de projectiles, avant que les supporters locaux ne regagnent leurs tribunes.
Du côté algérien, plusieurs sources ont mis en avant les provocations émanant du public du stade, évoquant des insultes à l’adresse des joueurs de l’USMA et l’affichage de messages à caractère politique sur les panneaux LED, en infraction avec les règlements de la CAF et de la FIFA. Des témoins ont rapporté que le désordre a débuté dans le secteur occupé par les supporters visiteurs, avec des actes de hooliganisme incluant des jets de chaises et des agressions dirigées contre des fans locaux et des membres de la presse.
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Parmi les victimes, des blessés sont visiblement à déplorer, certaines photos montrant notamment un homme, probablement photographe, le visage ensanglanté. La CAF, dont un commissaire au match était présent, a finalement ordonné la poursuite de la rencontre après le rétablissement d’un semblant d’ordre, confirmant que les conditions de sécurité nécessaires étaient désormais réunies.
L’USMA refuse de quitter les vestiaires, la CAF tranche
Après que la pelouse eut été progressivement dégagée, une nouvelle tension est apparue, cette fois d’ordre protocolaire. La CAF a décidé de faire jouer la rencontre une fois le calme rétabli, mais la délégation de l’USM Alger a refusé dans un premier temps de regagner le terrain. Les officiels de l’OCS avaient déjà repris l’échauffement, tandis que le groupe algérois demeurait dans son vestiaire.
Les joueurs de l’USM Alger ne sont réapparus que peu avant 21 heures, soulevant des interrogations parmi les observateurs quant à la position des visiteurs dans l’après-incident. (Sportsvillagesquare) Après de longues négociations entre les représentants des deux clubs et les officiels de la confédération, il a été convenu que le match reprendrait à 20h20 heure GMT, avec une heure vingt de retard sur l’horaire initial.
Un contexte bilatéral chargé depuis plusieurs années
Ces scènes déplorables symbolisent les tensions qui opposent le Maroc et l’Algérie ces dernières années, notamment sur le plan sportif. Le précédent le plus directement comparable remonte à la saison 2023-2024, lorsque la demi-finale de cette même Coupe de la Confédération entre le RS Berkane et l’USM Alger s’était soldée sur tapis vert, les Algériens ayant refusé d’affronter un adversaire arborant sur son maillot une carte du Maroc incluant le Sahara Occidental. Cette fois, la rencontre a bien eu lieu, mais les conditions dans lesquelles elle s’est déroulée raviveront inévitablement le débat sur la capacité du football maghrébin à tenir des confrontations croisées dans un environnement maîtrisé.
Ce type de scénario n’est pas sans rappeler des précédents récents : lors de la CAN 2025, des débordements similaires avaient déjà été observés après l’élimination de l’équipe algérienne face au Nigeria en quart de finale, le 10 janvier à Marrakech, avec des tentatives d’intrusion sur la pelouse. (sport.le360.ma)
Une demi-finale sur fond de rivalité sportive intacte
Au-delà des incidents, le contexte sportif de cette double confrontation méritait lui aussi d’être rappelé.
L’Olympique Club de Safi, qualifié pour le dernier carré dès sa première participation à la compétition, affronte un adversaire qui connaît bien ces joutes continentales. Le match aller, disputé le 11 avril au Stade du 5-Juillet à Alger, s’était conclu sur un score nul et vierge (0-0), laissant toutes les options ouvertes avant la manche retour. Du côté algérois, la campagne africaine constitue un refuge dans une saison domestique difficile, marquée par trois défaites consécutives en championnat.
La rencontre s’est finalement jouée sous haute tension, avec un but algérien inscrit en cours de partie selon les premières informations disponibles, le score final indiquant une victoire de l’USM Alger (0-1) qui lui ouvrirait la porte d’une finale face au Zamalek.
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La CAF attendue sur les sanctions disciplinaires
La Confédération africaine de football devrait examiner les incidents, avec de potentielles mesures disciplinaires à l’étude. Les règlements de la CAF prévoient des sanctions pouvant aller de l’amende à la suspension de stade, voire à l’exclusion de compétition dans les cas les plus graves. La question se pose désormais de savoir si l’instance dirigeante du football africain ouvrira une procédure contre l’un ou les deux clubs, et sur quelle base factuelle elle s’appuiera pour établir les responsabilités dans une séquence dont les versions restent, à ce stade, contradictoires.
La finale de la Coupe de la Confédération 2025-2026, dont le premier match est prévu pour le 9 mai, pourrait ainsi se jouer sous la menace d’une décision disciplinaire susceptible d’en modifier les contours.
Karim Hadda