Les États-Unis et Israël sont désormais engagés dans une guerre ouverte contre Téhéran depuis le 28 février 2026, avec une série d’attaques coordonnées contre des sites militaires et civils en Iran, dans le cadre d’une campagne baptisée « Opération Roaring Lion » par Israël et « Opération Epic Fury » par Washington.
Présentée comme « préventive » par les deux capitales, cette offensive vise officiellement à neutraliser les capacités balistiques, nucléaires et navales de la République islamique, selon les déclarations du président Donald Trump et du ministre israélien de la Défense, Israel Katz.
En riposte, Téhéran a lancé des salves de missiles et de drones contre des bases américaines dans le Golfe ainsi que contre des cibles en territoire israélien, provoquant des pertes humaines des deux côtés.
Marco Rubio, secrétaire d’État américain, a d’abord reconnu que Washington avait agi pour devancer une offensive israélienne imminente, afin de limiter d’éventuelles représailles iraniennes contre les forces américaines, avant de nuancer rapidement ses propos en mettant l’accent sur la menace directe que représenteraient les programmes nucléaire et balistique de Téhéran.
Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a, lui, défendu une stratégie déliée de toutes « règles d’engagement stupides » et sans agenda de reconstruction, promettant une campagne « létale et précise » destinée à affaiblir durablement le régime iranien.
Cette escalade, préparée depuis des mois par les deux alliés, alimente les interrogations sur les motivations profondes de l’opération et sur le risque d’embrasement régional.
Chronologie des frappes et premières ripostes iraniennesL’offensive a commencé par des frappes massives de l’aviation israélienne, mobilisant près de 200 appareils contre environ 500 cibles situées dans l’ouest et le centre de l’Iran, visant en priorité les défenses antiaériennes et les sites de lancement de missiles.
Dans la foulée, les États-Unis ont frappé plus de 1 700 installations grâce à des bombardiers stratégiques B-52 et à des tirs de missiles de croisière, tandis que le guide suprême Ali Khamenei échappait, selon des sources iraniennes et américaines, à une tentative d’assassinat dans le quartier de Pasteur Street, à Téhéran.
Dès le 1er mars, un conseil de leadership intérimaire a été constitué à Téhéran, rassemblant Alireza Arafi, Gholam-Hossein Mohseni-Eje’i, Mohammad Bagher Ghalibaf et Masoud Pezeshkian, afin d’assurer la continuité du pouvoir dans un contexte de frappes continues.
L’Iran a répliqué sous le nom d’« Opération True Promise IV », ciblant notamment la base d’Al Udeid au Qatar et d’autres installations américaines et israéliennes dans la région, dans une séquence qui a entraîné la mort de plusieurs soldats américains, dont six au port de Shuaiba au Koweït, ainsi que de nombreux blessés en Israël.
D’après le Croissant-Rouge iranien, le bilan provisoire s’élevait, au 2 mars, à au moins 555 morts en Iran, dont un grand nombre de civils touchés dans des zones résidentielles comme Niloofar Square à Téhéran ou la ville de Sanandaj.
Malgré cette hécatombe, les bombardements se poursuivent, avec plus de 1 600 sorties israéliennes et près de 4 000 munitions larguées, tandis que des milices pro-iraniennes en Irak sont frappées pour limiter leurs capacités de contre-attaque.
Déclarations des acteurs et enjeux idéologiquesDonald Trump, réélu en novembre 2024 et de nouveau investi en janvier 2025, présente cette guerre comme une « opportunité unique » pour le peuple iranien de se débarrasser du régime islamique, tout en n’excluant pas l’envoi de troupes au sol si la situation l’exige.
Benjamin Netanyahu, Premier ministre israélien, revendique une préparation de longue haleine, justifiant l’opération par une menace « existentielle » liée à l’avancée du programme nucléaire iranien, dans la continuité d’une campagne aérienne de douze jours menée en juin 2025 contre des infrastructures stratégiques iraniennes.
Au Congrès américain, Marco Rubio et Pete Hegseth multiplient les briefings, alors que des élus comme le sénateur Tim Kaine dénoncent l’absence d’autorisation formelle préalable pour l’engagement militaire de cette ampleur.
À Téhéran, le Corps des Gardiens de la révolution islamique (IRGC) soutient l’ascension de Mojtaba Khamenei, fils du guide défunt, désigné nouveau guide suprême le 8 mars par l’Assemblée des experts, malgré des accusations persistantes de violations graves des droits humains.
Parallèlement, des témoignages de militaires américains font état d’une ferveur évangélique marquée au sein de la chaîne de commandement, nourrie par des croyances apocalyptiques associant étroitement le destin d’Israël et certaines visions religieuses, un phénomène documenté par la Military Religious Freedom Foundation.
De part et d’autre, responsables politiques et militaires contribuent ainsi à une rhétorique de plus en plus belliqueuse, où la realpolitik se mêle à des considérations idéologiques et religieuses profondes.
Contexte historique de tensions persistantesLe conflit actuel s’inscrit dans une histoire longue d’antagonismes entre Washington et Téhéran, souvent citée par les analystes, depuis le renversement de Mohammad Mossadegh en 1953 lors d’un coup d’État orchestré par la CIA et le MI6, jusqu’à la révolution islamique de 1979 qui a rompu brutalement les relations avec les États-Unis.Washington a ensuite soutenu l’Irak pendant la guerre Iran-Irak (1980-1988), avant de frapper un nouveau coup en 2018 avec le retrait unilatéral de l’accord sur le nucléaire (JCPOA) et, en 2020, avec l’assassinat du général Qassem Soleimani ordonné par Donald Trump.
Israël, de son côté, a multiplié les opérations clandestines et les frappes ciblées contre le programme nucléaire iranien, dont une campagne aérienne majeure en juin 2025, justifiée par la doctrine dite de Dahiya, qui prône des dommages massifs pour briser la volonté de l’adversaire.
Dans ce contexte, les proxies iraniens — Hezbollah au Liban, Houthis au Yémen et milices chiites en Irak — ont élargi les fronts de confrontation, contribuant à la fermeture temporaire de certaines ambassades américaines et à des attaques contre des bases occidentales dans le Golfe.
Des États arabes hébergeant des installations militaires américaines, comme le Qatar ou Bahreïn, se retrouvent ainsi exposés aux représailles iraniennes, en dépit de leurs efforts diplomatiques pour contenir l’escalade.
L’invasion terrestre du Liban par l’armée israélienne, lancée le 3 mars, ajoute un front supplémentaire et aggrave le risque d’extension incontrôlée du conflit à l’ensemble du Moyen-Orient.
Enjeux militaires, humains et géopolitiquesLes objectifs proclamés — démanteler l’arsenal balistique iranien avant que les stocks d’intercepteurs ne s’épuisent et neutraliser durablement le programme nucléaire — reposent sur une supériorité aérienne écrasante, mais exposent États-Unis et Israël à une guerre d’usure face à un adversaire doté de capacités de nuisance asymétriques.
Le bilan humain s’alourdit rapidement : plus de 1 255 morts sont recensés en Iran, dont au moins 55 personnels soignants, tandis qu’Israël déplore 13 morts et les forces américaines au moins 8, en plus de 14 victimes dans les États du Golfe touchés par les frappes.
Des infrastructures civiles essentielles, comme des hôpitaux et des écoles, figurent parmi les cibles ou se trouvent à proximité immédiate de sites bombardés, ce qui accentue la crise humanitaire.
Sur le plan économique, les perturbations des routes maritimes et les frappes sur les installations pétrolières iraniennes renforcent la volatilité des marchés mondiaux de l’énergie, alors que Donald Trump évoque un conflit susceptible de durer « des semaines ».
Sur le plan géopolitique, la coordination militaire étroite entre Washington et Tel-Aviv consolide l’hégémonie régionale israélienne, soutenue par des aides financières et militaires américaines de plusieurs milliards de dollars par an, mais crée de fortes tensions avec certains alliés traditionnels des États-Unis.
La Chine et la Russie dénoncent une « agression préméditée » en vue d’un changement de régime en Iran, tandis que des pays comme l’Australie et le Canada apportent leur soutien aux frappes, accentuant les lignes de fracture diplomatiques.
Les enjeux dépassent ainsi la seule relation bilatérale Washington-Téhéran et touchent à la stabilité du Golfe, à la sécurité énergétique mondiale et à l’échec des dernières tentatives de relance des négociations nucléaires.
Réactions internationales et perspectives immédiatesLa communauté internationale multiplie les appels à la désescalade : l’ONU suit l’évolution de la situation quasiment heure par heure, l’Espagne réclame l’ouverture urgente d’un dialogue politique, tandis que plusieurs pays du Golfe modèrent leurs critiques publiques pour ne pas s’aliéner l’administration Trump.
Téhéran refuse toute négociation tant que les bombardements se poursuivent et menace de s’en prendre plus durement aux « groupes sécessionnistes » et aux alliés régionaux des États-Unis, pendant que Donald Trump promet une « victoire massive » et exige une reddition inconditionnelle du régime iranien. Le 4 mars, Marco Rubio annonce encore une intensification des frappes, citant notamment comme objectif le quartier général des forces Basij.
Aucune issue politique claire ne se dessine à ce stade : les autorités iraniennes délèguent davantage de pouvoirs aux échelons locaux pour compenser les perturbations provoquées par les bombardements, tandis que les milices pro-iraniennes poursuivent leurs attaques malgré les frappes américaines en Irak.
La succession désormais tranchée au sommet de l’État, avec la désignation de Mojtaba Khamenei, stabilise provisoirement le pouvoir à Téhéran, mais l’IRGC prépare déjà de nouvelles salves de représailles dans le cadre d’« Operation True Promise IV ».
Au 9 mars 2026, alors que le conflit entre dans sa deuxième semaine, il oppose une coalition militaro-technologique disposant d’une supériorité de feu écrasante à une résistance asymétrique multithéâtre, dont les répercussions se font sentir bien au-delà du Moyen-Orient
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