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Nationalité ethnique et nationalité politique Par Lahouari Addi

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Nationalité ethnique et nationalité politique

Par Lahouari ADDI in facebook 14 février 2026

L’Algérie a fait partie de la République française une et indivisible, mais pas ses habitants autochtones. Les Algériens ne sont devenus Français qu’en 1958, c’est-à-dire quatre ans avant l’indépendance. En 1936, le projet Blum-Violette prévoyait de donner la citoyenneté française à 20 000 indigènes sélectionnés sur des critères élitistes définis par l’administration coloniale. Le projet a été combattu et rejeté à l’Assemblée nationale à Paris par une majorité de députés acquis aux thèses des colons.

Le mouvement indépendantsite, l’ENA, dirigé par Messali Hadj, a aussi combattu le projet. Messali avait déclaré que le décret Crémieux de 1870 avait séparé les juifs algériens de leur société, et le projet Blum-Violette veut séparer l’élite algérienne de sa société. Le leader de l’Association des Oulémas d’Algérie, Cheikh Abdelhamid Ben Badis, était favorable au projet Blum-Violette sur la base de sa théorie de la double nationalité. Pour lui, il y a la nationalité ethnique (al janssiya alqawmiyya) qui est identitaire et immuable, et la nationalité politique (al janssiya siyyassiya) qui est épéhémère et dépendante des circonstances historiques. Le fondement de la première, concernant l’Algérie, est l’islam et les langues du pays (arabe et berbère), et le fondement de la seconde est un rapport de force temporel.

Ben Badis militait pour l’acquisition de la nationalité politique pour que les Algériens ne soient pas étrangers dans leur pays et qu’ils puissent jouir des droits civiques qui leur permettraient d’être représentés dans les institutions afin de scolariser leurs enfants, d’avoir des emplois et de vivre dans la dignité dans le respect de leur religion et de leurs langues.

Ben Badis n’a jamais été pour l’Algérie française, comme le disent certains. Il a écrit en 1930 dans le journal de l’Association des Oulémas que “l’Algérie n’est pas la France, ne sera jamais la France et qu’elle sera tôt ou tard indépendante comme l’est aujourd’hui l’Australie de la Grande Bretagne”. Il est mort en 1940, c’est-à-dire qu’il écrivait à une époque où le rapport de force politique et militaire entre la France et ses colonies était en faveur de la France.

Ben Badis est le concepteur de l’idéologie nationaliste identitaire dont se réclame le mouvement national dans ses différentes composantes. Messali Hadj et Abdelhamid Ben Badis sont les deux faces de la même pièce de monnaie.

L’un est idéologue conservateur et l’autre est politique populiste révolutionnaire. Dans ses mémoires, Messali rapporte la discussion qu’il a eue à Paris avec Ben Badis en 1936. Il lui a dit: “Cheikh, toi qui défends l’islam et la langue arabe, au lieu que ce soit toi qui nous dise de refuser le projert Blum-Violette, c’est toi qui le défend?” A l’évidence, Messali n’adhérait pas à la théorie des deux nationalités.

A la fin de la guerre mondiale, en 1944, le général De Gaule a signé un décret octroyant la citoyenneté française à 45 000 indigènes Algériens triés sur le volet. Ferhat Abbas, alors qu’il avait défendu le projet Blum-Violette 8 ans plus tôt, avait critiqué cette décision en prononçant la célèbre phrase: “Trop peu, trop tard, mon général”.

Après la seconde guerre mondiale, De Gaulle était convaincu que le système de l’indigénat qui refuse la citoyenneté aux Algériens était indéfendable, mais en même temps, il avait perçu que si les Algériens devenaient Français, alors qu’ils étaient 8 millions à l’époque, leurs députés constitueraient le quart de l’Assemblée nationale à Paris et, à brève échéance, le premier ministre de la France s’appellerait Noreddine, et cela De Gaulle ne pouvait l’accepter. La suite nous la connaissons.

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