Appel international contre le néofascisme : plus de 500 personnalités mobilisées
Plus de 555 personnalités de cent pays et près de 900 organisations ont adhéré à un appel international pour intensifier l’action antifasciste et anti-impérialiste. Lancé par le CADTM international, ce texte traduit en plusieurs langues alerte sur l’essor des droites radicales et des courants néofascistes, ainsi que sur la prolifération des guerres et interventions impérialistes. Il enjoint à une riposte globale et coordonnée.
Un texte porté par le CADTM
Le Comité pour l’abolition des dettes illégitimes (CADTM), réseau transnational actif depuis des décennies sur les dettes souveraines, la justice sociale et la souveraineté économique, impulse cette initiative. Face à la progression de l’extrême droite, à la banalisation des discours autoritaires et aux alliances entre gouvernements conservateurs, think tanks réactionnaires et réseaux de désinformation, ses promoteurs prônent une réponse internationale dépassant les clivages partisans et nationaux.
Alerte sur un « bloc néofasciste »
Les signataires déplorent la consolidation d’un « bloc néofasciste » dans de nombreuses régions, fondé sur des logiques xénophobes, patriarcales et autoritaires, exacerbées par les crises économiques et sociales. Selon le texte, ces forces remettent en cause les droits démocratiques, les libertés publiques et les acquis des mouvements ouvriers, féministes, antiracistes et écologistes, sous des formes variables mais une dynamique commune.
Ces courants s’entrelacent à des politiques impérialistes, via des interventions militaires, un soutien à des régimes autoritaires ou des stratégies économiques imposées par des institutions internationales et grandes puissances. L’appel dénonce notamment les complicités entre gouvernements de droite radicale, extrême droite et celui de Benjamin Netanyahou en Israël, dans le contexte de la guerre à Gaza – un révélateur des alliances idéologiques actuelles.
L’urgence impose de contrer le racisme systémique, l’islamophobie, l’antisémitisme instrumental, le sexisme et toute discrimination servant de base à ces projets autoritaires. Les signataires plaident pour une action liant défense des droits fondamentaux, solidarité avec les victimes de répression et de guerres, et critique des structures économiques creusant les inégalités.
Dans la lignée des mobilisations transnationales
Cette démarche s’ancre dans une tradition de luttes mondiales, des forums sociaux aux campagnes contre l’apartheid et aux mobilisations altermondialistes des années 2000. Le CADTM y voit une continuité entre les combats contre l’endettement illégitime, l’austérité et la montée des droites radicales, issus d’un même système de domination économique et politique.
Des organisations comme l’Internationale progressiste, la Quatrième Internationale ou le Forum de Sao Paulo figurent parmi les signataires, témoignant d’une volonté de rassembler la gauche mondiale, du socialisme à l’altermondialisme. Ces réseaux comptent en faire un levier pour des campagnes, rencontres et actions communes, notamment lors de dates militantes clés.
Le texte valorise aussi les espaces de réflexion, avec des centres comme le CLACSO en Amérique latine ou l’IIRE à Amsterdam, et l’engagement d’universitaires produisant analyses critiques et débats publics. Cette alliance militants, politiques et académiques vise une stratégie profonde, loin des réactions ponctuelles.
Une diversité mondiale de signataires
La liste initiale reflète une portée planétaire : parlementaires, syndicalistes, intellectuels, féministes, écologistes, antiracistes et organisations de base d’Afrique du Sud à l’Asie du Sud-Est, des luttes rurales aux mobilisations urbaines.
En France et en Europe, des figures de La France insoumise, du Parti communiste français, d’écologistes ou d’anticapitalistes – élus, journalistes, écrivains comme Denis Robert ou Jean Ziegler, militantes féministes et antiracistes – ont signé. Cette mosaïque, divergences incluses, est tenue pour une force.
Ailleurs, mouvements paysans, syndicats, collectifs féministes, réseaux pro-Palestine, acteurs de la dette, justice climatique et souveraineté alimentaire rejoignent l’appel. Des personnalités comme Vijay Prashad ou Walden Bello, et des organisations de masse en Amérique latine et Asie, lui confèrent une envergure géopolitique, liée au Sud global.
Des axes concrets d’action
L’appel dépasse le constat pour tracer des pistes : tisser des liens entre organisations, lancer des campagnes transversales sur droits sociaux, violences policières, migrants, occupation ou guerre, et mutualiser ressources militantes, médiatiques et juridiques.
Il appelle à mieux cartographier la montée de l’extrême droite, ses financements, relais médiatiques et numériques, pour contrer désinformation et complotisme – via médias indépendants, plateformes critiques et collectifs anti-fake news, touchant un public large.
Enfin, il noue la lutte antifasciste à la justice sociale, la réduction des inégalités et la transition écologique, convictions faisant des frustrations un terreau pour l’autoritarisme. Une stratégie durable exige ainsi une dimension économique et sociale forte.
Vers des prolongements structurés
Une « deuxième vague » de signatures a porté le total à plus de 555 personnalités et 900 organisations de cent pays. Les initiateurs y voient le socle d’un agenda : rencontres internationales, conférences, campagnes publiques pour une stratégie durable.
Relais du CADTM et alliés prévoient d’ancrer ce front dans forums sociaux, sommets sur la dette ou mobilisations climat et antiguerre, en en filant le combat contre droites radicales et impérialisme.
D’ici là, ils invitent à signer et relayer ce texte comme base minimale, pluraliste, antifasciste, anti-impérialiste et démocrate – pour visibilité des campagnes locales, solidarités en crise et consolidation d’un réseau solide.
ALG247.COM