Ferhat Mehenni mise sur Israël pour légitimer l’indépendance de la Kabylie
Ferhat Mehenni, président du “Gouvernement provisoire kabyle” en exil, cherche à obtenir la reconnaissance d’Israël après avoir (auto)proclamé l’indépendance de la Kabylie. Une stratégie rejetée par la population locale et vivement critiquée par les autorités algériennes.
Une quête de reconnaissance internationale
Fin décembre 2025, Ferhat Mehenni a adressé une lettre au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. Le président du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK) y salue la reconnaissance israélienne du Somaliland, qu’il considère comme un précédent diplomatique favorable à sa propre démarche. L’objectif : transformer la proclamation d’indépendance du 14 décembre 2025 en un fait international reconnu.
Cependant, cette tentative de rapprochement avec Israël est largement perçue, en Algérie comme à l’étranger, comme une manœuvre isolée sans base populaire. Plusieurs observateurs soulignent que le MAK, structure politique non reconnue, cherche à attirer l’attention internationale malgré une absence de relais diplomatiques solides.
Une stratégie rejetée en Kabylie
Sur le terrain, les réactions sont sans équivoque. Les citoyens et responsables kabyles de tous les bords rejettent massivement les appels de Mehenni à des puissances étrangères. Les formations politiques régionales insistent sur leur attachement à l’unité nationale et au cadre algérien. Depuis le mouvement du Hirak en 2019, la Kabylie a montré à quel point elle est pleinement intégrée dans les revendications démocratiques nationales, loin des discours séparatistes.
Les médias algériens ont qualifié la démarche de « tentative d’ingérence étrangère », dénonçant ce qu’ils présentent comme un « projet franco-israélien » visant à diviser le pays. Pour beaucoup d’observateurs avertis, Ferhat Mehenni détourne la “question identitaire kabyle” à des fins personnelles et politiques.
Des alliés controversés et des risques accrus
Les liens du MAK avec certains cercles israéliens et émiratis alimentent les inquiétudes sur une instrumentalisation de la revendication identitaire. Ces alliances, perçues comme contraires aux intérêts régionaux, pourraient accentuer l’isolement du mouvement sur la scène internationale.
La diplomatie algérienne, qui défend une position ferme contre toute ingérence, considère cette manœuvre comme une provocation. L’Algérie, engagée dans une coopération renforcée au sein de l’Union africaine et du Maghreb, redoute surtout un précédent qui fragiliserait et mettrait en danger sa souveraineté territoriale.
Un isolement politique croissant
Sans soutien populaire ni reconnaissance extérieure, le pari de Ferhat Mehenni apparaît de plus en plus incertain. En s’alignant sur des partenaires controversés, le dirigeant du MAK est en train d’affaiblir durablement la crédibilité de sa cause sur la scène internationale. La Kabylie, quant à elle, reste attachée aux mêmes aspirations que le reste du peuple algérien et à son intégration politique dans l’État algérien.
Cette situation demeure préoccupante au plus haut point. Elle s’inscrit dans un contexte où les stratégies d’influence israéliennes visent, selon plusieurs experts, à fragiliser les États de la région pour préserver des équilibres favorables à Tel-Aviv. En parallèle, les vulnérabilités du régime algérien — miné par la corruption, les luttes de clans et une crise persistante de légitimité politique — accentuent les risques d’instabilité.
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