Université de Béjaïa : exclusion controversée du doctorant Samir Larabi
L’exclusion du doctorant Samir Larabi par le Conseil scientifique de l’université de Béjaïa suscite une vive polémique dans le milieu universitaire. Plusieurs enseignants dénoncent une décision arbitraire et interpellent le ministère de l’Enseignement supérieur.
Une exclusion qui fait polémique
Le Conseil scientifique de l’université de Béjaïa a décidé d’exclure le doctorant Samir Larabi de la liste officielle des inscrits en doctorat. Selon plusieurs sources universitaires locales, cette décision aurait été motivée par le caractère « non soutenable » de sa thèse, une évaluation jugée très contestable par son entourage académique.
Samir Larabi, qui travaillait sous la supervision d’un directeur de recherche agréé, affirme avoir respecté toutes les exigences scientifiques et administratives imposées par l’établissement. Malgré ces démarches, le Conseil scientifique aurait mis fin à sa candidature sans justification scientifique claire, selon les soutiens du chercheur.
Des accusations d’arbitraire administratif
Pour de nombreux enseignants de l’université, cette exclusion dépasse le cadre académique et traduit « un abus de pouvoir administratif ». Selon plusieurs témoins, Larabi aurait épuisé tous les recours internes disponibles avant de rendre publique l’affaire, dénonçant le « blocage politique » de sa thèse.
Le doctorant affirme avoir accepté de modifier son sujet de recherche et d’intégrer les remarques formulées par le jury, mais en vain. La décision d’exclusion finale a été maintenue, sans audition de son directeur de recherche ni expertise extérieure.
Une contestation grandissante à l’université
L’affaire Larabi a provoqué des réactions au sein du corps enseignant, où certains voient dans cette exclusion un symptôme d’une crise plus large de la gouvernance universitaire. Des collectifs d’enseignants évoquent « une dérive autoritaire » du Conseil scientifique et dénoncent « l’absence d’instances de contre-pouvoir internes ».
Une pétition en soutien au doctorant aurait circulé parmi les enseignants de l’université, appelant le recteur à revenir sur la décision. Toutefois, aucune médiation officielle n’a encore été engagée pour tenter de résoudre le différend.
Le rôle des syndicats remis en question
Cette affaire relance aussi le débat sur le rôle des syndicats universitaires. Des enseignants rappellent que le Conseil national des enseignants du supérieur (CNES), autrefois très mobilisé entre 1996 et 2006, peine à retrouver son influence d’antan. Le Syndicat des enseignants du supérieur solidaires (SESS), reconnu depuis 2022, se heurte quant à lui à des difficultés d’expression au sein des établissements universitaires, selon plusieurs de ses membres.
Des voix s’interrogent également sur la position de l’UGTA, principal syndicat historique du pays, accusé d’adopter une posture trop silencieuse dans les affaires internes à l’Université.
Appels à l’intervention du ministère
Face à la contestation, plusieurs enseignants de Béjaïa demandent l’intervention du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (MESRS). Ils estiment que seule une médiation nationale ou une expertise académique neutre pourrait rétablir un climat de confiance dans le traitement des thèses et la gouvernance universitaire.
Le ministère n’a, pour l’heure, publié aucune réaction officielle. L’affaire illustre une tension persistante entre l’autorité administrative des universités et la défense de l’autonomie académique, l’un des principes fondamentaux de l’enseignement supérieur en Algérie.
ALG247.COM
Sources
- Témoignages d’enseignants de l’université de Béjaïa
- Communiqués syndicaux (CNES, SESS)
- Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (MESRS)







