Une frappe aérienne a touché, le 28 février 2026, une école primaire dans le sud de l’Iran, tuant plusieurs dizaines de civils, dont de nombreux enfants. Human Rights Watch qualifie l’attaque de possible crime de guerre et somme les États-Unis et Israël d’évaluer leur responsabilité sans délai, puis de publier leurs conclusions.
Une école frappée au cœur d’un complexe des Gardiens de la révolution
L’attaque a eu lieu ce matin-là à Minab, dans la province d’Hormozgan. Elle a visé l’école primaire Shajareh Tayyebeh, implantée dans un vaste complexe des forces navales du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), mais séparée des installations militaires par un mur et dotée d’une entrée rue distincte. Human Rights Watch dénonce une « attaque illégale » au regard du droit international humanitaire, qui aurait fait plusieurs dizaines de victimes civiles, élèves compris.
Ce bombardement s’inscrit dans une série de centaines de frappes aériennes menées le même jour par les forces américaines et israéliennes contre l’Iran. Ni Washington ni Tel-Aviv n’ont revendiqué celle-ci. Téhéran accuse une « coalition américano-israélienne ». Un porte-parole de l’armée israélienne a déclaré à Human Rights Watch n’avoir « connaissance d’aucune frappe » dans la région, tout en précisant qu’un examen était en cours.
- Une attaque de précision, loin d’un tir erroné
Le Laboratoire d’enquêtes numériques de Human Rights Watch s’appuie sur des sources ouvertes : quatorze vidéos et photos des réseaux sociaux, quatre images de funérailles, et une quarantaine de clichés satellites des vingt-cinq dernières années. Les images post-attaque, dont celles du 4 mars 2026, révèlent au moins huit structures touchées dans le complexe, l’école en tête, gravement endommagée.
Le motif des impacts, les trous circulaires des munitions et les points précis sur divers bâtiments trahissent l’usage d’armes guidées de haute précision. Human Rights Watch écarte tout tir hasardeux lié à une défaillance technique. Au moins dix sites, dont l’école et une clinique médicale du CGRI, ont été visés délibérément au sein de la base.
Deux vidéos tournées juste après l’attaque montrent une fumée noire sur le toit effondré de l’école, un terrain de foot aux lignes blanches, un filet de volley et des murs colorés typiques d’un établissement primaire. D’autres vues confirment plusieurs panaches de fumée dans le complexe, soulignant l’ampleur de l’opération.
Un site scolaire clairement identifié
L’analyse satellite à long terme montre des aménagements clairs depuis 2016-2017 pour démarquer l’école des zones militaires : un mur intérieur, une entrée rue sans sécurité, le démantèlement de deux tours de guet à moins de 50 mètres, une façade dégagée et un terrain de foot en cour. Human Rights Watch confirme que l’établissement fonctionnait ce jour-là avec des enfants présents, sans preuve d’usage militaire.
Les chercheurs n’ont pu interroger des témoins directs ni des familles, faute d’accès dû aux coupures internet et restrictions iraniennes. Ils se sont limités à deux sources secondaires, ce qui bride la précision du bilan et des identités. L’organisation note néanmoins la cohabitation courante, en temps de tension, entre sites militaires et civils comme cette clinique du CGRI, exposant les populations à des risques inutiles en violation du droit de la guerre.
Responsabilités possibles et enjeux juridiques
L’emplacement dans une base militaire ne fait pas de l’école une cible légitime, insiste Human Rights Watch. Les établissements scolaires, biens civils protégés, ne perdent ce statut qu’avec un usage militaire prouvé, absent ici. Même près d’objectifs valides, les frappes disproportionnées par rapport au gain militaire sont interdites.
Les armées américaine et israélienne, dotées de renseignements avancés, devaient savoir qu’une école pleine d’enfants et d’enseignants se tenait là avant midi. Une intention ou une imprudence grave pourrait valoir crimes de guerre, avec responsabilités pénales pour commandants et décideurs. Human Rights Watch critique aussi Téhéran pour avoir laissé des civils vulnérables près de sites sensibles, sans pour autant légitimer une frappe sur eux.
Réactions officielles et demandes d’enquête
Human Rights Watch a écrit le 2 mars aux armées américaine et israélienne, le 3 mars aux autorités iraniennes. Seule Israël a répondu, niant connaissance d’une frappe mais confirmant une enquête interne. Le Pentagone et Téhéran se taisent.
Le 4 mars, le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a évoqué une enquête en cours lors d’une conférence de presse sur les opérations anti-iraniennes. « Nous ne visons jamais des civils, mais nous examinons la situation », a-t-il dit, sans détails sur Minab. Le général Dan Caine, chef d’état-major interarmées, a décrit une campagne pour affaiblir les capacités navales iraniennes au détroit d’Ormuz, en montrant des sites frappés, dont le sud-est.
Human Rights Watch exige une enquête rapide, approfondie et indépendante : faits établis, responsables identifiés, poursuites si crimes de guerre, réparations aux victimes.
Pression sur les alliés et suites possibles
L’organisation presse les États-Unis de jauger leur rôle, de publier les résultats et de corriger toute défaillance pour éviter la répétition : meilleur ciblage, contrôle des renseignements, transparence. Les alliés de Washington et Tel-Aviv doivent pousser à la reddition de comptes et stopper les attaques sur infrastructures civiles.
Protéger écoles et enseignement reste impératif dans des conflits dévastant civils et enfants. Human Rights Watch creuse aussi les frappes iraniennes régionales pour documenter toutes violations. Les enquêtes américaines et israéliennes pèseront lourd sur la chaîne de commandement et l’imputabilité. Réponses ou silences, plus l’accès indépendant en Iran, dicteront la suite judiciaire et diplomatique. La reconnaissance des victimes et le devoir de comptes dominent les enjeux.
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