16.9 C
Alger
lundi, février 16, 2026

Algérie: Un enseignant-chercheur de l’université de Blida placé en détention provisoire

A la Une

Rédaction ALG247
Rédaction ALG247https://alg247.com
La rédaction d’ALG247 est un collectif éditorial spécialisé dans l’analyse et la couverture de l’actualité internationale, géopolitique et économique. Les articles sont produits selon une méthodologie journalistique fondée sur le recoupement des sources, la contextualisation et la hiérarchisation de l’information.

Algérie: Un enseignant-chercheur de l’université de Blida 3 placé en détention provisoire

L’universitaire Taher Ouhachi, maître de conférences en histoire ancienne à l’université de Blida 3, a été arrêté le 8 février par la gendarmerie nationale dans la commune d’El-Affroun. Son domicile familial, situé à Freha, en Kabylie, a fait l’objet d’une perquisition durant laquelle ses appareils électroniques ont été saisis. Après six jours de garde à vue, il a été présenté, dimanche 15 février, devant le procureur de la République près le tribunal d’El-Affroun, qui a ordonné l’ouverture d’une information judiciaire. À l’issue de sa première audition, le juge d’instruction a décidé de le placer en détention provisoire.

Des poursuites liées à ses publications en ligne

Selon son avocat, Me Hakim Sahib, le professeur Ouhachi est poursuivi pour « apologie du terrorisme » et « diffusion de publications susceptibles de nuire à l’intérêt national », des chefs d’inculpation fréquemment invoqués ces dernières années contre des internautes ou militants d’opinion. Les accusations porteraient sur des publications partagées sur ses comptes personnels, dont le contenu exact n’a pas encore été révélé. Trois témoins ont été entendus par le juge d’instruction dans le cadre de l’enquête en cours.

Une vive émotion dans le monde universitaire

Cette incarcération a provoqué une forte émotion parmi les enseignants et étudiants de Blida 3. Nombre d’entre eux dénoncent une atteinte à la liberté académique et rappellent que l’université doit rester un espace de débat libre, y compris sur les questions sensibles. « Ce qui arrive au professeur Ouhachi dépasse son cas personnel : c’est tout le corps universitaire qui se sent concerné », confie un collègue sous couvert d’anonymat.

Une tendance préoccupante dans les milieux intellectuels

Depuis deux ans, les poursuites visant des universitaires, journalistes ou militants pour des écrits jugés attentatoires à l’ordre public ou à la cohésion nationale se multiplient. Ces procédures s’appuient souvent sur l’article 87 bis du code pénal, qui élargit la définition du terrorisme à des discours qualifiés de « subversifs » ou « hostiles » envers les institutions. Les organisations de défense des droits humains dénoncent une dérive inquiétante qui menace la liberté d’expression.

Les autorités, pour leur part, affirment que la loi s’applique à tous de manière équitable. Selon un responsable du ministère de la Justice cité par la presse nationale, « il ne s’agit pas de criminaliser l’opinion, mais de prévenir l’usage malveillant des réseaux sociaux et de protéger la sécurité nationale face à la diffusion de discours de haine ou de désinformation ».

Un dossier suivi de près par les défenseurs des libertés

L’avocat du chercheur a annoncé son intention de déposer une demande de remise en liberté provisoire, estimant qu’aucune preuve matérielle ne justifie la détention de son client. Le Collectif des enseignants universitaires pour les droits et les libertés, créé en 2023, a également exprimé sa préoccupation et appelé à une vigilance accrue quant au respect de la liberté scientifique.

Le Réseau algérien des droits de l’homme demande, de son côté, que l’enquête se déroule dans le strict respect des garanties de la défense. Il rappelle que « le secret de l’instruction ne doit pas faire obstacle au droit à l’information lorsqu’il s’agit de dossiers touchant à la liberté d’expression ».

L’instruction se poursuit sous la supervision du juge du tribunal d’El-Affroun. Aucun calendrier d’audience n’a encore été communiqué. En attendant, le milieu universitaire appelle à une approche judiciaire pondérée, estimant que la criminalisation des opinions académiques risquerait d’affaiblir davantage la crédibilité et l’autonomie de l’université algérienne.

ALG247.COM

-- Publicité --

- Advertisement -

Plus d'articles

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

-- Publicité --

- Advertisement -

NOUVEAUTÉS