Le militant politique algérien Karim Tabbou publie une nouvelle chronique, dénonçant la “proclamation des chiffres” et les “mensonges économiques” qui, selon lui, masquent la réalité d’une crise profonde. L’opposant critique notamment les promesses du chef de l’État sur la croissance et l’accession au G20, qu’il juge irréalistes et déconnectées de la situation vécue par les citoyens.
Les faits
Lundi 26 janvier 2026, comme chaque semaine, Karim Tabbou s’est présenté à la caserne relevant de la sécurité intérieure d’Alger pour signer le registre de son contrôle judiciaire, imposé dans le cadre de procédures en cours. À sa sortie, il a publié un nouveau texte politique, consacré cette fois à “l’une des promesses économiques phares” du chef de l’État : l’objectif d’un produit intérieur brut (PIB) à 600 milliards de dollars au premier semestre 2026 et l’entrée de l’Algérie dans le groupe des vingt plus grandes économies mondiales (G20).
Le militant rappelle que cette promesse avait été formulée il y a deux ans, lors d’un entretien présidentiel avec la presse. Il dénonce “une culture du chiffre proclamé” et “un discours officiel marqué par la démagogie” qui, selon lui, ne reposent sur aucune base économique solide.
Les critiques du militant
Dans ce texte, Karim Tabbou met en cause “le narratif officiel” comparant l’Algérie à des puissances régionales ou mondiales, sans que les conditions de fond soient réunies : innovation, gouvernance, transparence ou lutte contre la corruption.
“Intégrer le G20 suppose des performances réelles et une diplomatie crédible”, écrit-il, fustigeant la “cooptation”, les “pots-de-vin” et le “copinage” qui gangrènent, selon lui, l’appareil d’État.
Il décrit une situation économique “précaire” : chute du dinar, inflation élevée, infrastructures défaillantes et coupures d’électricité récurrentes. Citant le taux de change observé “au square Port-Saïd” – un euro s’échangeant à 282 dinars –, il illustre la perte de valeur continue de la monnaie nationale. Pour Tabbou, ces indicateurs contredisent directement les annonces officielles de prospérité économique.
Les enjeux économiques et politiques
La chronique souligne la nécessité d’une “révision profonde” de la gouvernance nationale et d’un “courage politique” pour rétablir la confiance et la crédibilité du pays sur la scène internationale.
Selon lui, le redressement passe par une ouverture démocratique, la transparence dans la gestion publique et la reconnaissance du mérite. Il estime que seule une réforme systémique, institutionnelle et économique pourra sortir le pays “de la crise et du mensonge permanent”.
En conclusion, Karim Tabbou réaffirme son “soutien indéfectible aux détenus d’opinion” et rend hommage aux “martyrs” de la lutte pour la liberté, tout en accusant le pouvoir actuel d’utiliser “la propagande, la peur et la manipulation des statistiques” pour dissimuler les échecs économiques.
Un message politique sous contrôle judiciaire
Toujours interdit de participation politique directe depuis sa condamnation en 2020, Karim Tabbou continue d’entretenir une activité militante par le biais de chroniques publiées en ligne. Ses interventions, largement relayées sur les réseaux sociaux, trouvent un écho important auprès des sympathisants du mouvement citoyen né du Hirak.
Cette dernière prise de position met en lumière, une fois encore, la tension persistante entre le pouvoir central et les figures de l’opposition civile en Algérie.
ALG247.COM
Sources :
– Chronique de Karim Tabbou publiée sur les réseaux sociaux (27 janvier 2026)
– Déclarations publiques du chef de l’État (entretiens presse, 2024–2025)
– Données de change non officielles, observées à Alger (janvier 2026)







