Macron à Davos : Trump rapproche l’Europe de la Chine
Emmanuel Macron appelle, depuis Davos, à ouvrir grand les portes européennes aux capitaux chinois. Une réponse stratégique aux pressions américaines qui redessinent les alliances économiques mondiales.
Un « monde sans règles » en gestation
Le président français a pris la parole, dimanche 19 janvier 2026, au Forum économique mondial de Davos. Il y a déploré un basculement vers un « monde sans règles », miné par plus de 60 conflits en 2024, un record absolu. Les guerres commerciales et les mesures protectionnistes, a-t-il ajouté, ne créent que des perdants.
Macron a ainsi dressé un constat alarmiste. Les cadres multilatéraux, pilier des relations internationales depuis des décennies, s’effritent sous les coups des rivalités sino-américaines et des crises géopolitiques.
Plaidoyer pour des investissements chinois ciblés
Face à cette fragmentation, Emmanuel Macron propose une ouverture pragmatique. L’Europe doit accueillir davantage d’investissements chinois dans ses secteurs stratégiques, comme la technologie et l’énergie. L’Union européenne ne saurait se contenter d’un rôle passif dans la compétition des grandes puissances.
Ce discours fait écho à la visite de Macron à Pékin, fin décembre 2025. Elle visait alors à équilibrer coopération économique et réduction des dépendances critiques, dans un contexte de tensions commerciales persistantes. Paris défend ainsi une souveraineté active, loin des postures idéologiques. Les capitaux chinois deviennent un levier pour doper la compétitivité européenne.
Les pressions transatlantiques en toile de fond
Les propos du chef de l’État interviennent alors que Donald Trump, réélu en novembre 2024 et investi en janvier 2025, accentue la pression sur les alliés de l’Otan. Il exige une hausse des budgets de défense, ravivant les doutes sur l’engagement américain.
Le sujet du Groenland resurgit sporadiquement pour sa position arctique stratégique et ses ressources. Aucune menace formelle récente n’associe cependant cette île à un ultimatum contre le Danemark, la Norvège, le Canada, la France ou le Royaume-Uni. Macron transforme ces incertitudes en opportunité. Les frictions avec Washington poussent l’Europe à diversifier ses partenariats, Pékin en tête.
Diversification face aux échos russes
Vladimir Poutine entretient, lui, une rhétorique de dissuasion nucléaire face aux tensions en Ukraine. Des mises en garde passées visent des capitales européennes, sans annonce opérationnelle précise contre Londres ou Berlin en ce début 2026.
Dans ce chaos, l’Europe opte pour une realpolitik mesurée. Aucune signature récente d’accords commerciaux majeurs entre le Canada – dirigé par Mark Carney – et la Chine n’est confirmée.
Vers une autonomie stratégique européenne
L’Europe fait face à un ordre mondial érodé. Emmanuel Macron appelle à une défense collective renforcée et à des investissements massifs pour préserver sa place dans la chaîne de valeur mondiale.
Davos 2026 consacre cette pivot. Les menaces transatlantiques se muent en catalyseur d’une réorientation sino-européenne pragmatique.
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