La base Prince Sultan frappée deux fois en un mois : l’arsenal américain en Arabie saoudite mis à l’épreuve

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Yacine Messaoud
Yacine Messaoudhttps://alg247.com
Journaliste spécialisé dans les relations internationales et les équilibres géopolitiques contemporains. Il suit particulièrement les dynamiques entre puissances mondiales, les conflits et les recompositions diplomatiques. Ses articles privilégient la mise en contexte et la compréhension des rapports de force plutôt que la simple chronologie événementielle.

Une nouvelle frappe iranienne a touché la base aérienne Prince Sultan, en Arabie saoudite, vendredi 27 mars, blessant au moins douze militaires américains et détruisant plusieurs appareils, dont un avion de commandement E-3 Sentry. C’est la deuxième attaque contre ce dispositif en moins d’un mois, dans un contexte de guerre ouverte entre les États-Unis et l’Iran.

L’attaque contre la base aérienne Prince Sultan, à Al-Kharj, au sud-est de Riyad, a été perpétrée à l’aide d’au moins un missile et de plusieurs drones, selon le New York Times et le Wall Street Journal, qui citent des responsables sous couvert de l’anonymat. Deux des blessés se trouvaient dans un état critique au moment des premières déclarations, et plusieurs avions ravitailleurs de type KC-135 ont subi d’importants dommages. Un avion de surveillance E-3 Sentry AWACS de l’US Air Force a également été détruit lors de cette frappe, selon Air & Space Forces Magazine et The Telegraph.

Une attaque de saturation qui contourne les défenses de la base

Dans la nuit du 27 mars 2026, l’Iran a engagé une salve de six missiles balistiques et de vingt-neuf drones en direction de la base, à quelque 80 kilomètres au sud de Riyad. Les systèmes de défense antiaérienne ont réagi, mais face à cette masse de projectiles arrivant de directions multiples et à des vitesses différentes, l’interception intégrale s’est révélée impossible. Des images satellites captées par le satellite européen Sentinel-2 ont mis en évidence une signature thermique intense au-dessus de l’aire de stationnement des appareils américains, cohérente avec un incendie de grande ampleur.

L’E-3 Sentry est un avion de surveillance et de commandement aéroporté équipé d’un radar rotatif capable de détecter des cibles à plus de 375 kilomètres de distance. Sa destruction représente une perte stratégique considérable pour le dispositif américain dans la région. Selon un ancien colonel de l’US Air Force interrogé par le Wall Street Journal, cette perte constitue un problème très grave pour les opérations en cours.

La deuxième frappe en moins d’un mois sur le même dispositif

La base Prince Sultan constitue le principal hub logistique américain de la région du Golfe depuis le lancement des opérations militaires fin février. Une frappe iranienne antérieure y avait déjà endommagé cinq ravitailleurs KC-135 sans faire de victimes graves. La base avait déjà été visée début mars, lors d’une attaque ayant endommagé cinq ravitailleurs sans faire de victimes graves. Cette nouvelle offensive porte donc à plusieurs dizaines le nombre d’avions américains touchés ou immobilisés depuis le début du conflit, selon les bilans compilés par différentes sources militaires.

Selon le New York Times, l’attaque du 27 mars marque l’une des plus importantes failles des systèmes de défense américains enregistrées depuis le lancement de l’offensive militaire le 28 février. Le CENTCOM a indiqué que le total des soldats américains blessés depuis le début du conflit dépasse désormais trois cents. Au bilan humain s’ajoutent treize militaires tués depuis l’ouverture des opérations, dont sept dans les pays du Golfe et six en Irak.

Prince Sultan, nœud logistique de l’opération américaine dans le Golfe

La base aérienne de Prince Sultan se situe à environ 80 kilomètres au sud de Riyad, dans le désert saoudien. C’est le principal point d’appui logistique américain dans la région du Golfe, abritant des dizaines d’appareils, des troupes au sol et des infrastructures de commandement. Opérée par l’armée de l’air saoudienne, elle accueille depuis sa réactivation un dispositif américain conséquent, comprenant des ravitailleurs en vol, des aéronefs de surveillance et des chasseurs. Sa localisation, à environ 600 kilomètres des côtes iraniennes, en fait un point d’appui indispensable aux opérations aériennes menées dans le cadre du conflit.

Les États-Unis et leurs alliés font face à une diminution des stocks d’intercepteurs de défense aérienne après plusieurs semaines de guerre , ce qui complique davantage la protection des installations dans la région. La répétition des frappes sur un même site, malgré la présence de systèmes de défense avancés, pose des questions opérationnelles que le Pentagone n’a pas encore commentées publiquement.

Trump relance l’appel à la normalisation saoudo-israélienne depuis Miami

Le même jour que la frappe, le président américain Donald Trump a déclaré lors d’un événement à Miami qu’il serait temps pour l’Arabie saoudite et Israël de normaliser leurs relations. S’adressant directement à Yasir Al-Rumayyan, l’un des organisateurs de la conférence et ressortissant saoudien, Trump a lancé depuis le sommet Future Investment Initiative : « J’espère que vous allez enfin rejoindre les Accords d’Abraham. »

Le président américain a par ailleurs remis en cause l’engagement de Washington au sein de l’OTAN, déclarant : « Pourquoi devrions-nous être là pour eux s’ils ne sont pas là pour nous ? », en reprochant à plusieurs alliés leur manque de soutien dans la sécurisation du détroit d’Ormuz. Ces déclarations s’inscrivent dans la stratégie diplomatique de Washington, qui lie explicitement la poursuite des opérations militaires contre l’Iran à un remodelage de l’architecture régionale.

Des négociations en cours, une issue encore indéterminée

Sur le plan diplomatique, Steve Witkoff, principal envoyé du président Trump pour le dossier iranien, a déclaré que l’administration prévoyait de rencontrer des responsables iraniens dans les jours à venir, confirmant ainsi que des négociations étaient en cours. L’Iran a transmis sa réponse à une proposition américaine en quinze points portant sur un possible cessez-le-feu, dont les termes exigent notamment que Téhéran cesse d’enrichir l’uranium, abandonne ses stocks de matériel enrichi et accepte une surveillance internationale.

La question reste ouverte de savoir si les deux parties parviendront à s’entendre sur les modalités d’un arrêt des hostilités. L’Iran a jusqu’ici maintenu des exigences que les observateurs qualifient de maximalistes, réclamant notamment le retrait total de toutes les bases américaines de la région ainsi que des garanties de non-agression. Les prochains jours diront si les contacts annoncés par Washington débouchent sur des pourparlers formels.

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