Gaza : un camp high-tech à Rafah pour contrôler les Palestiniens ?
Un général israélien à la retraite propose de construire un vaste camp à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, équipé de technologies de surveillance avancées comme la reconnaissance faciale. Cette initiative suscite des débats sur un possible déplacement forcé des populations palestiniennes, alors que les opérations militaires persistent dans la région.
Amir Avivi, général de brigade à la retraite et fondateur du Forum de défense et de sécurité israélien, a déclaré à Reuters le 27 janvier 2026 qu’Israël avait dégagé des terrains près de Rafah pour y installer un grand camp organisé. Ce site, situé dans une zone sans tunnels du Hamas, pourrait accueillir des centaines de milliers de Palestiniens évacués. Des agents israéliens surveilleraient les entrées et sorties, avec des vérifications d’identité incluant potentiellement la reconnaissance faciale.
L’armée israélienne refuse de commenter ces propos. Yisrael Katz, ministre israélien, avait évoqué en juillet dernier un projet similaire pour héberger les habitants de Gaza. Près de deux millions de Palestiniens vivent actuellement dans une étroite bande côtière après un cessez-le-feu fragile.
Depuis l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023, qui a tué 1 200 Israéliens et entraîné l’enlèvement de 240 otages, Israël mène une offensive à Gaza ayant causé plus de 45 000 morts selon le ministère de la Santé local. Rafah, dernier refuge d’un million de déplacés, a été évacué à plusieurs reprises. Des zones comme Al-Mawasi, dites “sûres”, ont subi des frappes récentes faisant des dizaines de victimes.
Israël prépare un “Rafah 2”, nouveau point de passage frontalier contrôlé à distance par le Shin Bet, avec reconnaissance faciale et inspections via une mission européenne EUBAM. L’Égypte et les États-Unis pressent pour une réouverture limitée du passage existant.
Amir Avivi parle au nom de réservistes influents, non de l’armée. Le Hamas conserve un contrôle partiel sur Gaza malgré le retrait israélien post-cessez-le-feu. Ismail al-Thaabethe, du Bureau gouvernemental d’information de Gaza, dénonce un “déplacement forcé déguisé”. Human Rights Watch documente l’usage croissant d’IA et de surveillance par Israël pour cibler des suspects.
L’Autorité palestinienne participe à la gestion du passage via des agents de renseignement. Le plan Trump pour Gaza prévoit une reconstruction progressive depuis Rafah en échange du désarmement du Hamas.
Des Palestiniens rejettent l’idée d’un camp comme une tentative de vider Gaza de ses habitants. L’ONU alerte sur 800 000 déplacés supplémentaires et une famine imminente. La France et le Qatar condamnent les frappes sur les camps civils comme violations du droit international. Israël promet des enquêtes sur les incidents mais insiste sur la lutte antiterroriste.
Ces technologies, comme “Lavender” ou “Where’s Daddy?”, utilisent données mobiles et IA pour identifier cibles et mouvements. Elles reposent sur une surveillance massive des Palestiniens, jugée incompatible avec les droits humains par des experts. À Rafah, la concentration civile complique la distinction entre combattants et civils.
Un camp high-tech offrirait à Israël un contrôle sécuritaire mais risquerait d’aggraver les tensions humanitaires. L’aide reste bloquée, avec des pressions internationales pour un accès accru.
La frontière de Rafah avec l’Égypte reste fermée, sous surveillance israélienne depuis mai 2024. Des opérations persistent en Cisjordanie contre des colons violents. Le cessez-le-feu tient tant que le Hamas ne reprend pas les hostilités, selon Avivi.
Données et chiffres
- 2 millions de Gazaouis confinés dans une bande côtière.
- 45 000 morts palestiniens depuis octobre 2023.
- 1 million de déplacés à Rafah avant évacuations.
- Camp proposé : capacité pour “centaines de milliers”.
L’armée israélienne se prépare à une offensive si le Hamas refuse le désarmement. Le passage Rafah pourrait ouvrir dans les prochains jours sous contrôle distant. Les préparatifs de terrains à Rafah avancent, selon des analyses satellites.
La proposition d’un camp surveillé à Rafah illustre les défis sécuritaires et humanitaires persistants à Gaza au 28 janvier 2026. Les déclarations d’Avivi et les faits militaires marquent l’actualité récente.
ALG247.COM (Reuters, Human Rights Watch)







