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France. L’Assemblée nationale adopte une résolution controversée sur les Frères musulmans

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L’Assemblée nationale adopte une résolution controversée sur les Frères musulmans

L’Assemblée nationale a approuvé jeudi 22 janvier une résolution appelant à inscrire les Frères musulmans sur la liste européenne des organisations terroristes. Le texte, initié par Les Républicains, relance le débat sur l’ingérence étrangère et la souveraineté politique française.

Une résolution symbolique adoptée à une courte majorité

Réunis jeudi 22 janvier 2026, les députés français ont adopté une proposition de résolution non contraignante visant à demander l’inscription des Frères musulmans sur la liste européenne des organisations terroristes. Le texte, porté par le député Éric Pauget (Les Républicains), a été approuvé par 157 voix contre 101, à l’issue d’un vote marqué par de vifs échanges dans l’hémicycle.

Cette initiative, déposée initialement en mai 2025, invite le gouvernement à engager une évaluation juridique au niveau de l’Union européenne, sans effet législatif immédiat. Plusieurs parlementaires de droite et du centre ont défendu le texte au nom de la « lutte contre le séparatisme ». D’autres élus, majoritairement à gauche, ont dénoncé un texte « opportuniste » dans un contexte politique tendu à l’approche des élections.

Une présence idéologique mais limitée en France

Selon un rapport confidentiel du ministère de l’Intérieur, remis en mai 2025 par le préfet Pascal Courtade et l’ambassadeur François Gouyette, les réseaux proches des Frères musulmans regroupent environ 139 lieux de culte, 68 structures associatives et quelque 280 associations liées, représentant près de 91 000 fidèles. Les services de renseignement estiment entre 400 et 1 000 le nombre de militants actifs ne posant par ailleurs aucun problème à l’ordre public.

Le rapport évoque une « stratégie d’influence religieuse » par le biais de l’éducation, du social et du religieux, mais ne démontre pas de menace directe ni d’infiltration systématique dans les institutions publiques. Plusieurs analyses officielles soulignent l’absence d’éléments tangibles permettant d’assimiler le mouvement à une organisation terroriste.

L’ombre d’une ingérence émiratie dans le débat

Quelques jours avant le vote, une enquête publiée le 19 janvier par Mediapart évoquait un dispositif d’influence des Émirats arabes unis visant à orienter le débat français sur les Frères musulmans. Selon ces révélations, Abou Dhabi mobiliserait des relais diplomatiques et médiatiques en France pour promouvoir une ligne anti-frériste, dans la continuité d’une campagne menée à l’échelle européenne depuis plusieurs années.

Ces accusations d’ingérence étrangère ravivent les craintes d’une manipulation géopolitique. Plusieurs observateurs appellent à distinguer les enjeux de sécurité intérieure de ceux des rivalités géopolitiques entre certains pays du Golfe, et à garantir la souveraineté décisionnelle de la France.

Risques de dérive vers une logique sécuritaire

La référence à l’interdiction des Frères musulmans en Égypte, où le mouvement est qualifié de terroriste depuis 2013, alimente les inquiétudes. Des organisations comme Amnesty International et Human Rights Watch rappellent que cette interdiction s’est accompagnée d’arrestations massives et de dérives autoritaires. En France, plusieurs députés plaident pour une approche mesurée et fondée sur des preuves, loin des modèles répressifs importés de certaines dictatures.

Entre enjeux politiques et stratégie européenne

Le vote de l’Assemblée nationale intervient dans un climat politique polarisé, marqué par des débats sur l’islam politique et le financement étranger du culte musulman. À l’échelle européenne, le Royaume-Uni et les États-Unis ont lancé des initiatives similaires début 2026. Une inscription sur la liste européenne impliquerait un gel des avoirs et une coopération policière renforcée.

Vers une position française indépendante

Ce vote sans effet juridique immédiat incarne avant tout un signal politique. Plusieurs voix au sein de la majorité rappellent la nécessité d’une démarche fondée sur des faits, indépendante de toute pression étrangère. La France, soulignent-elles, doit affirmer une politique de sécurité intérieure autonome, respectueuse de ses principes démocratiques et de sa souveraineté nationale.

Méta-description SEO : L’Assemblée nationale adopte une résolution visant à classer les Frères musulmans terroristes, sur fond de soupçons d’ingérence émiratie.
Mot-clé focus : Frères musulmans

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