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jeudi, février 5, 2026

France. Attribution frauduleuse de ports africains : le pourvoi de Bolloré rejeté par la Cour de cassation

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Yacine Messaoud
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Yacine Messaoud – Journaliste et administrateur de la plateforme ALG247.COM.

France. Attribution frauduleuse de ports africains : le pourvoi de Bolloré rejeté par la Cour de cassation

La Cour de cassation a refusé d’admettre en l’état le pourvoi formé par Vincent Bolloré dans l’affaire des ports de Lomé et Conakry. Cette décision ouvre la voie à un procès pour corruption et abus de confiance lié à l’attribution frauduleuse de ces concessions au Togo et en Guinée.

Vincent Bolloré, mis en examen pour corruption, conteste depuis plusieurs années la procédure judiciaire engagée contre lui. Le 28 janvier 2026, la Cour de cassation, plus haute juridiction française, a déclaré son pourvoi non admis en l’état, selon des informations relayées par plusieurs médias et confirmées par des sources proches du dossier.

Cette décision fait suite au rejet préalable d’un recours par la chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris, qui avait validé l’essentiel de la procédure tout en supprimant certaines pièces du dossier. L’industriel breton de 73 ans risque désormais de comparaître devant un tribunal correctionnel.

L’enquête, ouverte en 2013 par des juges financiers parisiens, porte sur l’attribution en 2009-2011 de la gestion des ports de Lomé (Togo) et Conakry (Guinée) à Bolloré Africa Logistics, filiale du groupe Bolloré. Les magistrats soupçonnent le groupe d’avoir utilisé les services de conseil politique de sa filiale Euro RSCG (devenue Havas) pour influencer ces concessions au moment des élections présidentielles de 2010 dans ces deux pays.

En 2021, Vincent Bolloré, Gilles Alix (ex-directeur général de Bolloré) et Jean-Philippe Dorent (ex-directeur international de Havas) avaient reconnu les faits dans le cadre d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC). Ils avaient accepté une amende de 375 000 euros, mais le tribunal judiciaire de Paris avait refusé d’homologuer cette peine, renvoyant le dossier à l’instruction.

Parallèlement, le groupe Bolloré avait conclu une convention judiciaire d’intérêt public (CJIP), versant 12 millions d’euros d’amende pour clore les poursuites à son encontre.

Vincent Bolloré, l’une des principales fortunes françaises, est au cœur du dossier. Ses avocats, dont Me Olivier Baratelli et Me Astolfi, dénoncent une procédure “inéquitable” qui porterait atteinte à la préservation d’innocence.

​Le parquet national financier (PNF) a requis en juin 2024 un procès pour corruption active d’agents publics étrangers contre Bolloré et Alix, ainsi que pour abus de confiance et complicité.
Des ONG comme Sherpa et Anticor, parties civiles, saluent cette avancée via leur avocat Me Jérôme Karsenti, qui estime que “Vincent Bolloré devra comparaître devant un tribunal”.

Les défenseurs de Bolloré avaient formé un pourvoi en cassation après la décision de la cour d’appel de Paris du 6 novembre 2025, qui avait largement validé la procédure malgré des expurgations partielles.

Me Baratelli avait qualifié l’arrêt d'”indélébile atteinte à la présomption d’innocence”, annonçant une contestation totale de la procédure. Côté ONG, la décision de la Cour de cassation est vue comme une “nouvelle victoire” confirmant la poursuite du dossier pénal.

Cette affaire illustre les tensions entre reconnaissance de faits en procédure simplifiée et instruction approfondie en matière de corruption internationale. Le rejet du pourvoi “non admis en l’état” signifie que la Cour de cassation pourrait l’examiner ultérieurement, mais sans suspendre la procédure en cours.

Le PNF maintient ses réquisitions pour un procès, soulignant les soupçons d’utilisation de conseils politiques pour obtenir des concessions portuaires stratégiques en Afrique de l’Ouest. Les ports de Lomé et Conakry représentent des actifs clés pour Bolloré Africa Logistics dans un contexte de concurrence accrue sur les infrastructures logistiques africaines.

La justice française pourrait renvoyer l’affaire devant un tribunal correctionnel dans les prochains mois, sauf nouvelle contestation recevable. Vincent Bolloré conteste ardemment ces développements depuis le refus de la CRPC en 2021. Aucune date de procès n’est fixée à ce stade. Les parties attendent les suites de cette décision rendue fin janvier 2026.

La Cour de cassation a rejeté en l’état le pourvoi de Vincent Bolloré, validant la poursuite de la procédure pour corruption dans l’affaire des ports africains. Le dossier suit son cours vers un éventuel procès.

ALG247.COM (avec AFP)

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