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samedi, février 21, 2026

Tucker Carlson face à Mike Huckabee : un duel sans merci sur Israël, Gaza et l’Iran

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Rédaction ALG247
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La rédaction d’ALG247 est un collectif éditorial spécialisé dans l’analyse et la couverture de l’actualité internationale, géopolitique et économique. Les articles sont produits selon une méthodologie journalistique fondée sur le recoupement des sources, la contextualisation et la hiérarchisation de l’information.

L’animateur conservateur Tucker Carlson a publié vendredi 20 février 2026 un entretien fleuve de deux heures et demie avec Mike Huckabee, ambassadeur des États-Unis en Israël, enregistré à l’aéroport Ben Gourion. Cet affrontement verbal, précédé d’un long monologue introductif, expose des divergences abyssales au sein de la droite américaine sur le soutien à Tel-Aviv, les pertes civiles à Gaza et les risques d’escalade avec Téhéran.

Dans un climat de défiance palpable, Carlson accuse l’ambassadeur de privilégier les intérêts israéliens au détriment des citoyens américains, tandis que Huckabee défend une alliance qualifiée de partenariat stratégique vital, ancrée dans des convictions bibliques et des impératifs sécuritaires. Par-delà les personnalités, cet échange interroge la nature des engagements de Washington au Proche-Orient, alors que l’opinion publique républicaine marque un reflux dans son appui à Israël et redoute une nouvelle guerre coûteuse. L’enjeu dépasse la simple polémique : il repose sur la tension entre priorités nationales intérieures et alliances extérieures, sur fond de conflit prolongé à Gaza et de menaces iraniennes persistantes.

Origine d’un face-à-face conflictuel

Dès le lancement de la vidéo, Tucker Carlson consacre près de vingt-cinq minutes à narrer la genèse laborieuse de cet entretien, né d’un échange sur le réseau social X avec Mike Huckabee, une relation forgée lors de leurs années communes à Fox News voilà plus de trente ans. L’animateur confesse avoir hésité longuement, redoutant que le caractère jovial de l’ancien gouverneur de l’Arkansas ne rende l’interview trop policée ; toutefois, la crainte d’une dérive vers une guerre majeure avec l’Iran, qu’il impute largement à l’influence de Benjamin Netanyahou, l’a poussé à accepter cette confrontation publique à l’aéroport Ben Gourion. Dans ce prologue détaillé, Carlson évoque les obstacles logistiques posés par l’ambassade américaine à Jérusalem, avec des refus répétés de prise en charge sécuritaire et des tensions avec le numéro deux de la représentation diplomatique, ce qui, selon lui, trahit une loyauté envers Tel-Aviv plutôt qu’envers les Américains.

Mike Huckabee, sans contester formellement ces anecdotes, balaie l’accusation d’une voix assurée, rappelant que son mandat premier consiste à protéger les ressortissants américains, qu’ils soient détenus en Israël proprement dit ou dans les territoires palestiniens. Par ailleurs, l’ambassadeur minimise les incidents aéroportuaires comme relevant de procédures sécuritaires standard, une version corroborée par des sources israéliennes et américaines qui qualifient de routine les contrôles subis par l’équipe de Carlson. Dès lors, cet avant-propos cadre un débat où chaque camp campe sur ses positions, transformant une simple interview en un réquisitoire contre l’establishment diplomatique washingtonien.

Contexte géopolitique : Gaza et ses bilans controversés

L’entretien s’ouvre sur le conflit à Gaza, déclenché par les attaques du Hamas le 7 octobre 2023 et toujours marqué par des opérations militaires israéliennes malgré un cessez-le-feu précaire, avec un bilan civil lourd impliquant des milliers de victimes, dont une proportion significative d’enfants selon les chiffres du ministère de la Santé gazaoui. Tucker Carlson interroge vivement Huckabee sur ces pertes, demandant combien de civils et de mineurs ont péri sous les frappes de Tsahal ; l’ambassadeur admet ne pas détenir de données précises, qualifiant celles du Hamas de « douteuses » et louant les précautions prises par l’armée israélienne, comme les avertissements par SMS, appels téléphoniques ou tracts largués. En effet, Huckabee compare ces méthodes à celles des forces américaines en Irak ou en Afghanistan, affirmant que les opérations urbaines de Tsahal ont généré proportionnellement moins de victimes collatérales, bien qu’il se refuse à fournir des statistiques vérifiables face aux pressions de son interlocuteur.

L’ambassadeur renvoie la responsabilité première au Hamas, accusé d’utiliser les civils comme boucliers humains, de dissimuler des armes sous les hôpitaux et d’orchestrer des déplacements pour amplifier l’impact médiatique des destructions ; Carlson, se présentant comme un chrétien opposé au meurtre d’innocents quel qu’en soit l’auteur, conteste ce narratif, voyant là une déresponsabilisation systématique d’Israël. Un pic de tension survient lorsque Carlson évoque la référence de Netanyahou aux Amalécites dans un discours du 28 octobre 2023, citant le Premier ministre évoquant Deutéronome 25:17 devant des soldats ; il relie cela à 1 Samuel 15, où Dieu ordonne l’extermination totale des Amalécites, y compris femmes, enfants et bétail, qualifiant cela de « appel au génocide ». Huckabee rejette cette interprétation, suggérant une métaphore illustrative sans intention littérale, et argue qu’Israël, doté d’une armée puissante, aurait pu raser Gaza en deux heures et demie s’il l’avait voulu.

Acteurs principaux et leurs oppositions frontales

Au centre du duel trônent Tucker Carlson, incarnation d’un conservatisme isolationniste suspicieux envers les lobbies pro-israéliens, et Mike Huckabee, chrétien sioniste fervent défendant une alliance biblique et stratégique. Carlson accuse l’ambassadeur de « travailler pour Israël », évoquant les interrogatoires prolongés de ses producteurs à Ben Gourion comme des opérations de renseignement injustifiées, et déplorant l’absence de soutien consulaire américain ; Huckabee riposte en détaillant ses interventions pour les Américains incarcérés, y compris auprès de l’Autorité palestinienne, tout en admettant un manque de chiffres globaux sur ces cas. Par ailleurs, l’animateur cible des figures controversées comme Jonathan Pollard, espion condamné pour trahison au profit d’Israël et rencontré par Huckabee, ou un officiel israélien arrêté au Nevada pour sollicitation de mineure – ce dernier ayant plaidé non coupable.

Huckabee défend l’aide militaire américaine, précisant qu’elle finance exclusivement des équipements et non des avortements ou soins de santé en Israël, pays au niveau de vie supérieur au sien selon Carlson, qui ironise sur des routes israéliennes impeccables face à l’état des infrastructures américaines. Carlson presse aussi sur les liens d’Ehud Barak avec Jeffrey Epstein, le premier niant toute faute malgré des regrets exprimés ; l’ambassadeur élude, recentrant sur les bénéfices économiques bilatéraux, comme des contrats d’armement rentables dans l’Arkansas. Ainsi, ces échanges personnels révèlent une fracture idéologique profonde, où l’un priorise les intérêts nationaux immédiats et l’autre une vision eschatologique du Moyen-Orient.

Enjeux stratégiques : influence israélienne et opinion américaine

Les divergences s’élargissent à la nature de la relation américano-israélienne, Carlson affirmant que Netanyahou exerce une influence disproportionnée sur la politique de Donald Trump, orientée vers un « changement de régime » en Iran contre l’avis d’une majorité d’Américains – polls indiquant seulement 20% de soutien républicain à une telle guerre. Huckabee conteste, soulignant que l’Iran reste un ennemi indépendant de toute pression israélienne, avec le Corps des Gardiens de la révolution désigné terroriste par Washington, des complots contre Trump et un financement de Hamas, Hezbollah et Houthis. Dans ce contexte, l’ambassadeur justifie une fermeté proactive face aux ambitions nucléaires et balistiques de Téhéran, ainsi qu’à sa présence au Venezuela, menaçant directement les États-Unis.

Carlson alerte sur les coûts d’un conflit, évoquant un choc pétrolier aggravant la crise migratoire et sociale intérieure, reléguée derrière des priorités moyen-orientales ; Huckabee reconnaît ces risques mais argue que le « citoyen moyen » ignore des renseignements classifiés justifiant les choix des élites. Par ailleurs, des points sociétaux émergent, comme les restrictions pour les chrétiens palestiniens de Bethléem accédant au Saint-Sépulcre, que Carlson attribue à des contrôles excessifs malgré leur non-violence présumée ; Huckabee invoque la sécurité en « Judée-Samarie », citant des attentats-suicides passés et un chauffeur humanitaire jordanien ayant tué deux Israéliens. La mort de plus de deux cents journalistes à Gaza, souvent qualifiés de combattants par Israël, reste irrésolue, Huckabee évoquant des liens avec le Hamas sans précisions chiffrées.

Perspectives immédiates et réactions internationales

La fin de l’entretien boucle sur l’Iran, Carlson voyant une escalade probable via des frappes sur ses infrastructures pétrolières, tandis que Huckabee insiste sur la nécessité d’empêcher un État nucléaire appelant à la destruction d’Israël et hostile aux États-Unis. Huckabee déclenche une polémique en répondant « ce serait acceptable » à une question sur un « Grand Israël » biblique du Nil à l’Euphrate, se rétractant ensuite comme hors sujet ; la Ligue arabe et pays musulmans dénoncent ces propos, tandis qu’en Israël, Naftali Bennett accuse Carlson de fabuler sur les incidents aéroportuaires. Aux États-Unis, l’interview viralise dans les milieux conservateurs, amplifiant un fossé entre MAGA isolationniste et establishment sioniste chrétien, polls confirmant un déclin du soutien pro-israélien chez les républicains.

Des controverses périphériques persistent, comme les tirs près des points d’aide à Gaza – niés par Tsahal et la Gaza Humanitarian Foundation, mais allégués par le Hamas – ou le cas de Tony Aguilar, humanitaire licencié après avoir prétendu voir un enfant tué par des soldats israéliens, retrouvé vivant selon Huckabee. Carlson se réjouit de cette issue si vérifiée, mais souligne son impossibilité de confirmation indépendante. Néanmoins, aucune synthèse n’émerge, laissant les lignes de fracture intactes dans un Proche-Orient instable.

Cet entretien de deux heures et demie, bien que courtois en surface, cristallise un débat américain polarisé sur les alliances stratégiques et les priorités nationales, sans terrain d’entente apparent entre ses protagonistes.

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