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jeudi, février 5, 2026

Relations France-Algérie : l’extrême droite française perd sa bataille économique

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Yacine Messaoud
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Yacine Messaoud – Journaliste et administrateur de la plateforme ALG247.COM.

Relations France-Algérie : l’extrême droite française perd sa bataille économique

Les tensions politiques entre Paris et Alger, nourries par les discours anti-algériens d’une partie de la droite et de l’extrême droite française, ont provoqué une chute inédite des échanges bilatéraux. En 2025, les exportations françaises vers l’Algérie ont reculé de 12,3%, un signal sévère pour une économie longtemps dominante sur ce marché clé du Maghreb.


Une rupture commerciale tangible

Selon les données consolidées de 2025 issues du ministère français du Commerce extérieur et de la Banque d’Algérie, les échanges commerciaux franco-algériens ont enregistré une baisse de 12,3% sur un an. Ce recul s’accompagne d’un effondrement des exportations agricoles, industrielles et pharmaceutiques, illustrant un désengagement algérien progressif au profit d’autres partenaires.

Le secteur céréalier concentre les plus fortes pertes. Les exportations de blé français vers l’Algérie, longtemps premier débouché d’Afrique du Nord, ont chuté de 98,6%, passant de près de 300 millions d’euros en 2024 à seulement 4 millions au premier semestre 2025, selon FranceAgriMer. La France se retrouve désormais avec 4 millions de tonnes de stocks invendus, son plus haut niveau depuis 2005.

L’idéologie avant la stratégie

Cette crise s’inscrit dans un climat politique tendu marqué par la montée des discours anti-immigration et la résurgence d’un discours nostalgique du passé colonial. Plusieurs responsables politiques de la droite et de l’extrême droite, dont certains proches de la mouvance identitaire, ont remis en cause les accords migratoires entre Paris et Alger et multiplié les déclarations hostiles à l’Algérie.

Ces prises de position, relayées par une partie des médias et de la sphère numérique nationaliste, ont contribué à détériorer le climat diplomatique. En réaction, Alger a accéléré son désengagement économique vis-à-vis de la France, privilégiant des relations commerciales plus équilibrées avec d’autres puissances.

Nouveaux partenariats : Rome, Pékin et Ankara en première ligne

Face à ce recul, l’Italie s’est imposée comme le principal partenaire européen de l’Algérie. Les échanges italo-algériens ont atteint 9 milliards d’euros sur les huit premiers mois de 2025, en hausse de 11,7% selon l’ISTAT. Rome mise sur des projets communs dans l’énergie, les infrastructures et la technologie.

La Chine, de son côté, a renforcé sa présence avec 42 projets industriels représentant un investissement cumulé de 7 milliards de dollars, selon l’agence Xinhua. Des géants du BTP, des télécommunications et de l’énergie participent désormais à la recomposition du tissu productif algérien. Les États-Unis, à travers ExxonMobil, ont lancé de nouveaux partenariats dans le secteur du gaz de schiste et du pétrole, confirmant l’ancrage de Washington dans la région.

Selon la Chambre de commerce et d’industrie algéro-française (CCIAF), environ 6 000 entreprises françaises restent actives en Algérie. Mais plusieurs d’entre elles se heurtent à un environnement réglementaire plus sélectif, où les appels d’offres favorisent désormais les entreprises italiennes, allemandes et turques.

Les secteurs du lait, des produits pharmaceutiques et des biens manufacturés enregistrent des pertes cumulées chiffrées en milliards d’euros. Pour nombreux observateurs, cette évolution signe la fin d’une forme de dépendance unilatérale héritée de l’après-indépendance.

Pour Alger, cette reconfiguration s’inscrit dans une stratégie de souveraineté économique et diplomatique. L’Algérie cherche désormais à diversifier ses partenariats tout en préservant ses intérêts stratégiques, sans rupture brutale mais avec une logique de rééquilibrage. La France, longtemps interlocuteur privilégié, subit aujourd’hui les effets d’une politique où les impératifs idéologiques ont pris le pas sur la raison économique.


  • Ministère français du Commerce extérieur (rapport 2025)
  • Banque d’Algérie (statistiques 2025)
  • FranceAgriMer (bilan semestriel 2025)
  • ISTAT (Italie, commerce extérieur 2025)
  • Agence Xinhua / Reuters / AFP / CCIAF

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