Ray Dalio annonce l’entrée dans la « grande phase de chaos » mondial
Le milliardaire américain Ray Dalio, fondateur du fonds Bridgewater Associates, a déclaré que l’humanité est entrée dans une « grande phase de chaos », marquant la fin de l’ordre mondial actuel. Cette affirmation, relayée par Al Arabiya le 15 février 2026, s’inscrit dans sa théorie des cycles historiques majeurs. Dettes excessives, divisions internes et rivalités géopolitiques y convergent vers un bouleversement inévitable.
À Riyad, lors d’une intervention récente, Ray Dalio a averti que les nations franchissent un seuil critique. Les systèmes financiers, politiques et internationaux post-1945 risquent un effondrement imminent. Cette déclaration survient dans un contexte de tensions accrues entre superpuissances, avec les États-Unis alourdis par une dette record de 38 billions de dollars et la Chine en pleine ascension.
Figure emblématique de la finance mondiale, Ray Dalio dirigeait le plus grand hedge fund de la planète. Le 15 février 2026, lors d’un événement saoudien rapporté par Al Arabiya, il a décrit l’entrée collective des pays dans la « grande phase de chaos » – ou « مرحلة الفوضى العظمى » en arabe. Ce stade final illustre sa théorie du « grand cycle » historique, qu’il détaille sur X (ex-Twitter) et dans ses ouvrages analysant cinq siècles d’empires.
Dalio insiste : ce basculement n’étonne que ceux qui ignorent les schémas du passé, des Provinces-Unies à l’empire britannique, jusqu’à l’hégémonie américaine après 1945. Trois piliers s’effondrent simultanément : le système monétaire fiat, les ordres politiques internes des grandes puissances et l’équilibre géopolitique global. Des indicateurs concrets l’attestent, comme l’explosion des dettes souveraines et les guerres hybrides en cours.
L’événement de Riyad, organisé par des institutions financières régionales, réunit des acteurs du Golfe sensibles aux hydrocarbures et aux pétrodollars. Dalio y relie cette phase chaotique aux sanctions économiques et aux rivalités technologiques, tendances qu’il observe depuis des mois dans ses publications.
Contexte des cycles historiques selon Dalio
Dalio fonde sa théorie sur 500 ans d’histoire, identifiant un « grand cycle » en six phases qui régit l’ascension et la chute des empires. Chaque hégémonie dure environ 250 ans, suivie d’une transition de dix à vingt ans de conflits internes et externes – comme le passage de la livre sterling au dollar en monnaie de réserve. Les États-Unis, au sommet depuis 1945, entrent en phase cinq, prélude à l’effondrement, tandis que la phase six, le « grand chaos », se profile.
Après la Seconde Guerre mondiale, Washington imposa l’ordre actuel avec 80% des réserves d’or mondiales et la moitié du PIB global. Il créa les Nations Unies à New York, le FMI et la Banque mondiale à Washington. Cet équilibre s’effrite aujourd’hui : dette américaine pharaonique, impression monétaire massive depuis 1971 et creusement des inégalités. Ces dynamiques ont toujours mené à des révolutions ou guerres civiles redistributives, avant qu’un nouveau vainqueur ne redessine les règles.
Les transitions historiques voient la confiance s’effilocher dans la monnaie dominante, gonflée par des bulles spéculatives et des liquidités excessives. Dalio a modélisé ces schémas chez les empires hollandais, britannique, ottoman ou russe. Ignorer ces leçons expose les nations à des chocs brutaux ; le chaos actuel en est le prolongement logique.
Au cœur de l’analyse trônent les États-Unis, puissance déclinante minée par une polarisation politique extrême et un endettement insurmontable, face à la Chine, émergente avec son manufacturing dominant et ses investissements en infrastructures. Dalio identifie quatre formes de « guerres » entre eux : commerciale, technologique, géopolitique et capitalistique – sanctions et restrictions sur les capitaux –, non exclusives d’un conflit armé. Pékin conteste Washington via les Nouvelles routes de la soie.
Les banques centrales, la Fed en tête, ont choisi la planche à billets plutôt que des restructurations douloureuses, aggravant les déséquilibres. Dalio critique les élites politiques occidentales, divisées par les écarts de richesse et de valeurs – un mal visible dans les élections américaines de 2024 et les tensions persistantes. L’Arabie saoudite, hôte de sa déclaration, diversifie ses réserves vers l’or et les cryptos.
Avec 100 milliards de dollars sous gestion chez Bridgewater, Dalio incarne une expertise pragmatique fondée sur des données empiriques. Ses prédictions influencent investisseurs et décideurs. Il n’exclut pas l’Inde ou une Europe affaiblie par ses fractures dans cette reconfiguration multipolaire.
Enjeux économiques et géopolitiques majeurs
L’entrée en « grand chaos » implique un effondrement des monnaies fiat, des « guerres des capitaux » où les bons du Trésor américain perdent leur attrait, et un basculement vers un ordre où la force l’emporte sur le multilatéralisme. Le lauréat de la guerre technologique imposera les règles futures, rendant obsolètes l’OMC ou l’ONU, nées en 1945 sous tutelle américaine. Les entreprises doivent repenser les juridictions, en privilégiant les zones alignées idéologiquement.
La dette américaine à 38 billions pèse lourd face au PIB ; les 1% détiennent 35% des actifs, attisant populismes et érosions démocratiques. La Chine, avec 20% du PIB manufacturier mondial, défie le dollar par le yuan digital et des réserves d’or croissantes. Ces enjeux touchent tous les continents, des conflits africains aux tensions indo-pakistanaises.
Perspectives à court terme
À court terme, Dalio anticipe une accélération des « guerres capitalistes » : sanctions renforcées, fragmentation des chaînes d’approvisionnement. Certains analystes voient 2026 comme une année pivot. L’or pourrait devenir refuge ultime, tandis que les obligations d’État perdent leur statut. Des réformes internes, comme un New Deal rooseveltien, pourraient atténuer les chocs.
Les investisseurs avertis diversifient vers des actifs tangibles et des zones résilientes, suivant les conseils de Dalio. Les élections de 2026 risquent d’exacerber les divisions et de favoriser le protectionnisme. Cette phase chaotique testera le réalisme des dirigeants.
Ray Dalio réaffirme que l’ordre mondial post-1945 s’achève. L’humanité est entrée dans une phase de chaos historique, prévisible par ses analyses étayées sur des siècles de données. Une adaptation lucide s’impose face à ces forces cycliques.
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