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vendredi, février 20, 2026

L’Iran défend son droit à l’enrichissement face aux menaces américaines

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L’Iran défend son droit à l’enrichissement face aux menaces américaines

Les autorités iraniennes réaffirment leur droit souverain à poursuivre l’enrichissement d’uranium à des fins pacifiques, malgré les avertissements de la Maison Blanche évoquant une possible action militaire. Cette position s’inscrit dans un contexte de négociations indirectes relancées à Genève, sous médiation omanaise, tandis que les États-Unis renforcent leur présence militaire dans la région.

Les faits récents

Le chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique, Mohammad Eslami, a déclaré jeudi que le programme nucléaire de son pays respectait scrupuleusement les règles de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Il a souligné qu’aucune puissance étrangère ne pouvait interdire à Téhéran d’en tirer des bénéfices civils. Ces propos font suite aux déclarations de la veille de la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, qui a évoqué « de nombreuses raisons et arguments » justifiant potentiellement une frappe contre l’Iran, tout en conseillant à Téhéran de conclure un accord avec le président Donald Trump.

Le président américain a réitéré sur Truth Social la possibilité d’une intervention militaire, en lien avec un renforcement des forces au Moyen-Orient. Mardi, une deuxième ronde de pourparlers indirects s’est tenue à Genève via des intermédiaires omanais. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a qualifié ces échanges de « plus constructifs » que la session précédente, avec un accord sur des « principes directeurs généraux » qui pourraient mener à un projet d’accord. Le vice-président américain JD Vance a toutefois tempéré cet optimisme, estimant que Téhéran n’avait pas encore pleinement reconnu les lignes rouges de Washington.

Le président iranien Masoud Pezeshkian a insisté mercredi sur la volonté de son pays d’éviter la guerre, sans pour autant capituler face à des exigences perçues comme humiliantes. « Depuis mon investiture, je crois que la guerre doit être écartée, a-t-il affirmé, mais devons-nous accepter d’être imposés et humiliés à tout prix ? » Le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, a de son côté averti que Washington empêcherait Téhéran d’acquérir l’arme nucléaire « d’une manière ou d’une autre ». Ces rhétoriques croisées accentuent l’urgence diplomatique.

Le contexte tendu

Les tensions s’inscrivent dans une escalade récente, marquée par un renforcement militaire américain sans précédent dans le Golfe. Des images satellite montrent le porte-avions USS Abraham Lincoln, avec ses près de 80 appareils, à environ 700 kilomètres des côtes iraniennes. Un second groupe naval, incluant l’USS Gerald R. Ford, est en route. Des escadrilles de chasseurs F-35, F-22 et F-16, accompagnées d’avions ravitailleurs, ont été déployées depuis l’Europe et les États-Unis, en vue d’une campagne aérienne prolongée si nécessaire. Des rapports du Wall Street Journal évoquent des options militaires présentées à M. Trump, visant à « maximiser les dommages », y compris contre des dirigeants politiques et militaires iraniens.

L’Iran démontre sa capacité de riposte par des manœuvres navales. Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a conduit des exercices dans le détroit d’Ormuz, artère vitale pour l’exportation pétrolière mondiale. Des drills conjoints avec la marine russe se déroulent en mer d’Oman et dans l’océan Indien. Téhéran a par le passé menacé de bloquer ce passage stratégique, une option qui pèserait lourdement sur l’économie globale. Ces démonstrations visent à dissuader toute agression, dans un climat où la Pologne a ordonné à ses ressortissants de quitter immédiatement l’Iran jeudi.

Ce face-à-face survient après une répression sanglante de manifestations fin 2025 et début 2026. Selon Human Rights Watch et Amnesty International, au moins 28 personnes, dont des mineurs, ont été tuées entre fin décembre 2025 et début janvier dans treize villes, par des tirs à balles réelles des forces de sécurité, notamment du CGRI. Ces protestations, parties du grand bazar de Téhéran pour des motifs économiques, ont viré à l’antic régime, entraînant des centaines d’arrestations arbitraires. Les États-Unis avaient alors menacé d’action militaire en réaction à cette violence.

Contexte historique

Le programme nucléaire iranien alimente les frictions internationales depuis les années 2000, avec des soupçons occidentaux sur des visées militaires, fermement niés par Téhéran au nom d’usages civils et médicaux. En 2015, l’accord JCPOA, signé entre l’Iran, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Russie, la Chine et l’UE, limitait drastiquement l’enrichissement en échange d’une levée de sanctions, sous vérification de l’AIEA. En 2018, Donald Trump s’en est retiré unilatéralement, réimposant une politique de « maximum pressure » qui a poussé l’Iran à reprendre ses activités.

La situation a culminé en juin 2025 avec une guerre de douze jours entre Israël et l’Iran. Le 13 juin, Israël a lancé des frappes surprises sur des sites nucléaires, énergétiques et militaires iraniens, rejoignant brièvement Washington qui a bombardé Fordow, Natanz et Ispahan. Téhéran a riposté par des missiles et drones, causant des victimes civiles en Israël. Un cessez-le-feu fragile a suivi, mais les tensions persistent, avec un programme nucléaire partiellement dégradé puis reconstruit. Les négociations actuelles visent à éviter une nouvelle conflagration.

Les acteurs en présence

Côté américain, le président Trump pilote personnellement la stratégie, alternant menaces et appels à un « deal ». Son vice-président JD Vance et des figures comme le secrétaire d’État Marco Rubio, attendu à Jérusalem fin février pour coordonner avec Israël, incarnent une ligne dure intégrant missiles balistiques et soutien aux groupes régionaux. Israël prépare des frappes conjointes potentielles pour forcer des concessions, bien que non directement aux pourparlers.

À Téhéran, le président Pezeshkian et le ministre Araghchi mènent les discussions, limitées au nucléaire selon leur position. Mohammad Eslami défend la souveraineté technique. Le Guide suprême Ali Khamenei supervise en coulisses, ayant justifié la répression des manifestations. L’AIEA joue un rôle clé de vérification, bien que Téhéran refuse une enquête indépendante sur les protestations. Chaque partie avance ainsi ses pions diplomatiques et militaires.

Les enjeux stratégiques

Au-delà du nucléaire, Washington exige la fin du programme balistique iranien et du soutien aux proxies comme le Hamas ou les Houthis, via des sanctions asphyxiant l’économie de Téhéran. Paralysé par ces mesures, l’Iran cherche leur levée pour relancer ses exportations pétrolières, vitales pour son budget. Une frappe américaine risquerait de fermer Ormuz, faisant bondir les prix mondiaux de l’énergie et déstabilisant les marchés. Une escalade impliquerait potentiellement la Russie et la Chine, alliées de Téhéran.

Les pourparlers omanais excluent pour l’instant ces volets élargis, mais des propositions iraniennes plus détaillées sont attendues dans deux semaines. Trump a fixé un délai de 10 à 15 jours pour un accord, sous peine d’un « très mauvais jour » pour l’Iran. Des sources américaines évoquent une préparation militaire prête dès ce week-end, sans décision finale. Ces enjeux croisent sécurité régionale et stabilité énergétique globale.

Perspectives immédiates

Une prochaine session est prévue dans deux semaines pour combler les écarts, avec des propositions iraniennes attendues. Le délai imposé par Trump et le buildup militaire américain pèsent lourdement, CNN et CBS rapportant une readiness à frapper dès ce week-end. L’Iran maintient sa fermeté, menaçant de ripostes décisives contre des bases américaines régionales. Des exercices conjoints avec Moscou renforcent sa posture défensive.

Si un accord émerge, il pourrait limiter l’enrichissement et lever des sanctions partielles, stabilisant temporairement la région. À défaut, une action militaire limitée viserait à affaiblir les capacités nucléaires et balistiques, potentiellement avec Israël, au risque d’une guerre plus large. Les autorités polonaises ont evacué leurs citoyens, signe d’inquiétude européenne. Les jours à venir s’annoncent décisifs pour la diplomatie ou l’affrontement.

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