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samedi, février 28, 2026

Guerre États-Unis–Israël contre l’Iran : un tournant stratégique au Moyen-Orient

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Rédaction ALG247
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La rédaction d’ALG247 est un collectif éditorial spécialisé dans l’analyse et la couverture de l’actualité internationale, géopolitique et économique. Les articles sont produits selon une méthodologie journalistique fondée sur le recoupement des sources, la contextualisation et la hiérarchisation de l’information.

Les États-Unis et Israël ont lancé, le 28 février 2026, une offensive aérienne massive contre des cibles politiques et militaires en Iran. Cette opération, qualifiée de « préventive » à Washington et à Tel-Aviv, ouvre une phase de confrontation directe avec la République islamique. De nombreux observateurs y voient une guerre d’initiative, aux ambitions bien plus larges que la seule question nucléaire.

Un échange analysé sur les premières heures du conflit décrit ce moment comme « historique » pour le Moyen-Orient. Il pourrait redessiner les rapports de force régionaux et tester une fois de plus la capacité américaine à imposer un changement de régime par la force. L’attaque survient alors que des médiations omanaises affirmaient que Téhéran venait d’accepter des concessions inédites sur son programme nucléaire, relançant le débat sur les vraies motivations de cette offensive.

Les faits : une offensive coordonnée contre le cœur du pouvoir iranien

Les frappes américaines et israéliennes ont visé dès les premières heures des sites clés de l’appareil politico-militaire iranien : le complexe présidentiel, la résidence du Guide suprême Ali Khamenei et les locaux du Conseil de sécurité nationale. Selon les informations disponibles, les principales figures du pouvoir, dont le président Masoud Pezeshkian, n’ont pas été touchées. L’objectif d’une décapitation immédiate de la direction n’a donc pas été atteint.

L’attaque ne s’est pas limitée au sol iranien. Des bases militaires abritant des forces américaines dans plusieurs pays arabes du Golfe et en Jordanie ont subi des tirs de représailles iraniens peu après. Téhéran a mobilisé rapidement son arsenal balistique et de drones, contrairement à l’épisode de juin 2025 où la riposte avait pris plusieurs jours.

Des frappes iraniennes ont aussi touché le territoire israélien, tandis que des groupes alliés comme les Houthis au Yémen pourraient étendre le conflit en menaçant les routes maritimes, notamment en mer Rouge. Les observateurs évoquent déjà un affrontement régional d’ampleur, susceptible de perturber durablement les échanges commerciaux et énergétiques entre le Golfe, l’Europe et l’Asie.

Un contexte diplomatique paradoxal : concessions iraniennes et basculement vers la guerre

Le contraste entre escalade militaire et négociations nucléaires préalables frappe les esprits. Le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr al-Busaidi, a déclaré dans une interview à une chaîne américaine que l’Iran acceptait, pour la première fois, de renoncer à produire des matériaux pour une arme nucléaire et de transférer son stock d’uranium enrichi à l’étranger. Ces concessions dépassaient l’accord de 2015 conclu sous Barack Obama et répondaient aux exigences occidentales d’empêcher Téhéran d’accéder à la bombe « pour toujours ».

Le passage brutal de la diplomatie aux bombardements, en quelques heures, renforce l’idée d’une opération plus politique que sécuritaire. Les pourparlers auraient en partie servi de paravent à une décision déjà prise. Cette dissonance rappelle la guerre en Irak de 2003, justifiée par des armes de destruction massive introuvables, et nourrit la thèse d’une « guerre de choix » motivée par des objectifs stratégiques, idéologiques et internes à Washington et Tel-Aviv.

Acteurs et discours : une guerre présentée comme existentielle

Le conflit porte l’empreinte d’un courant religieux-nationaliste influent aux États-Unis et en Israël, nourri d’un imaginaire de confrontation civilisationnelle. En Israël, des déclarations récentes présentent le pays comme un « rempart de la civilisation occidentale » face à l’Iran et au monde musulman, au-delà des enjeux sécuritaires.

Côté américain, la rhétorique du président Donald Trump et de figures républicaines comme Lindsey Graham ou Ted Cruz dépeint une lutte entre un camp « civilisé » et un camp « arriéré », soutenue par des milieux évangéliques sionistes. Le discours présidentiel justifie l’attaque par un « danger imminent » pour les Américains, contredit par les évaluations antérieures de ses services de renseignement.

En Iran, la direction politique et militaire voit depuis longtemps cet affrontement comme existentiel. Sa structure, avec des institutions redondantes et un appareil de sécurité idéologisé, est conçue pour absorber des chocs majeurs, y compris la perte de figures clés, sans effondrement du régime.

Enjeux régionaux : du Golfe à la Turquie, une inquiétude généralisée

Cette guerre dépasse le cadre bilatéral pour viser l’architecture de sécurité du Moyen-Orient tout entier. En frappant un pôle militaire majeur, l’opération adresse un message à tous les États et mouvements opposés à Israël et à ses alliés.

Un succès israélo-américain contre l’Iran pourrait préluder à des pressions accrue, voire des opérations directes, contre la Turquie, l’Égypte ou l’Arabie saoudite. Des déclarations israéliennes récentes qualifient déjà la Turquie d’« Iran de demain », suggérant un agenda de remodelage régional plus large.

Les pays arabes hébergeant des bases américaines paient le prix fort : des frappes iraniennes ont visé des installations en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis, au Qatar, au Koweït, en Jordanie et à Bahreïn. Cette stratégie risque d’embraser plusieurs théâtres à la fois.

Perspectives immédiates : vers une guerre longue et une épreuve de crédibilité

Ce conflit s’annonce durable, sans victoire rapide pour quiconque. Aucune grande guerre moderne n’a été réglée par des frappes aériennes seules ; la chute de régimes hostiles a toujours requis des troupes au sol, difficilement acceptables par les opinions américaine et israélienne face à l’Iran.

Un échec dans l’objectif de changement de régime ou d’élimination de la tête de l’État iranien éroderait la crédibilité de Washington et Tel-Aviv, comme un revers symbolique comparable au fiasco de Suez pour le Royaume-Uni en 1956. À l’inverse, une déstabilisation profonde de l’Iran installerait Israël comme puissance hégémonique, influençant les régimes voisins pour des décennies.

Le scénario le plus probable à court terme est une guerre d’usure : cycles de frappes et représailles, pressions économiques et batailles informationnelles, sur fond de crises en Irak, Syrie, Liban, Gaza et Yémen. Les prochains jours dépendront de la cohésion iranienne, de l’implication de ses alliés et de la réaction de la Chine et de la Russie, qui observent les répercussions mondiales sans s’engager militairement pour l’instant.

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