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jeudi, février 5, 2026

Burkina Faso : dissolution des partis politiques par le régime militaire

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Yacine Messaoud
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Yacine Messaoud – Journaliste et administrateur de la plateforme ALG247.COM.

Burkina Faso : dissolution des partis politiques par le régime militaire

Le gouvernement militaire burkinabè a adopté jeudi 29 janvier 2026 un décret dissolvant tous les partis et formations politiques. Cette mesure, justifiée par la refondation de l’État, transfère les actifs des partis à l’État et vise à réformer la gouvernance politique dans un contexte de crise sécuritaire persistante.

Le Conseil des ministres, réuni à Ouagadougou sous la présidence du capitaine Ibrahim Traoré, a approuvé ce décret lors de sa séance hebdomadaire du 29 janvier 2026. Un projet de loi abrogeant les textes régissant le financement, le fonctionnement des partis et le statut du chef de file de l’opposition a également été validé. Les actifs des entités dissoutes passent sous contrôle étatique, selon le texte officiel.

Cette dissolution s’inscrit dans le cadre de la refondation de l’État, initiée après le coup d’État du 30 septembre 2022 mené par Ibrahim Traoré, deuxième putsch de cette année-là. Les activités politiques étaient déjà largement suspendues depuis cette date, sans interdiction formelle jusqu’à présent. Les élections, prévues initialement pour juillet 2024, ont été repoussées indéfiniment en raison de l’instabilité sécuritaire.

Le ministre de l’Administration territoriale et de la Mobilité, Émile Zerbo, a présenté la mesure. Il a évoqué un diagnostic approfondi du système partisan révélant des dérives dans l’application des règles juridiques. Le capitaine Ibrahim Traoré, au pouvoir depuis plus de trois ans, présidait la réunion.

Les autorités pointent la prolifération des partis, jugée responsable de divisions citoyennes et d’un affaiblissement du tissu social. Cette multiplication aurait compromis l’unité nationale et la cohésion sociale, entravant les enjeux sécuritaires. La décision cherche à renforcer la cohérence gouvernementale et à ouvrir une réforme du modèle politique.

Aucune réaction publique des acteurs politiques dissous n’a été rapportée dans les heures suivant l’annonce. Les sources consultées se concentrent sur les explications gouvernementales, sans mention de protestations organisées.

Le Burkina Faso affronte une crise sécuritaire grave, alimentée par des groupes armés liés à Al-Qaïda et à l’État islamique. Le régime invoque ces défis pour justifier des mesures exceptionnelles, priorisant la sécurité sur le pluralisme politique. La dissolution renforce la mainmise militaire sur le pays.

Dans la région du Sahel, le Burkina Faso s’aligne sur des dynamiques observées au Mali et au Niger, où des juntes militaires ont également pris le pouvoir ces dernières années. Les trois pays ont récemment quitté l’Organisation internationale de la Francophonie, marquant une rupture avec des partenaires traditionnels.

Le projet de loi sera transmis à l’Assemblée législative de transition, nommée par le gouvernement, pour approbation rapide. Cette étape pourrait formaliser la suppression du cadre multipartite, sans calendrier électoral précisé.

Les faits confirmés incluent le décret, ses motivations officielles et le transfert d’actifs. Les impacts précis sur la vie politique, les recours juridiques possibles ou les intentions de recréer un cadre partisan restent non précisés à ce stade.

Le décret du 29 janvier 2026 marque une étape majeure dans la centralisation du pouvoir par le régime de transition. Il s’appuie sur un diagnostic interne et s’inscrit dans un contexte de transition prolongée.

ALG247.COM avec agences Anadolu Ajansı et Reuters

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