Algérie : silence des partis face aux prisonniers d’opinion, Shoaa pointe la pression et la timidité des réactions
Malgré la poursuite des politiques de répression et les arrestations de militants, les partis pro-gouvernementaux algériens se sont distingués par leur absence de mobilisation pour les détenus d’opinion. La récente libération de l’écrivain B. Sansal fait émerger quelques voix, mais l’organisation Shoaa dénonce leur silence prolongé et pointe l’origine étrangère de ce dénouement.
Situation des prisonniers d’opinion en Algérie
Plus de 200 personnes sont détenues à ce jour en Algérie en raison de leurs idées, de leur engagement associatif ou de leur participation au Hirak, selon des listes recoupées par des défenseurs des droits humains et des organisations comme Human Rights Watch. Les arrestations et poursuites sont principalement motivées par la volonté de contenir toute expression dissidente et d’intimider la société civile, comme l’a souligné Rachid Aouine dans ses interventions publiques sur la situation des droits humains.
Malgré plusieurs campagnes internationales et locales de dénonciation, la sphère politique officieuse reste largement muette. Depuis 2019, suite à la dissolution de grandes ONG telles que la Ligue algérienne des droits de l’homme (LADDH), la documentation et le suivi des abus se sont compliqués, rendant difficile la mobilisation et la diffusion d’informations fiables sur les détenus.
Le silence des partis pro-gouvernement
Aucun parti de l’alliance présidentielle ou proche du pouvoir n’a officiellement réagi pour demander la libération des personnes arrêtées en raison de leurs opinions. Selon Shoaa, cette posture s’est traduite non seulement par l’absence de soutien mais aussi par une stigmatisation des mouvements et campagnes qui appellent à relâcher ces prisonniers, que ce soit au niveau national ou international. Certaines déclarations récentes, survenues juste après la libération de l’écrivain B. Sansal, sont analysées par l’organisation comme de simples tentatives “de décompression”, attribuées avant tout à la pression diplomatique et médiatique internationale.
Le rôle des pressions internationales
La libération de figures comme Boualem Sansal illustre le rôle central des pressions extérieures, qu’elles soient menées par des ONG, des médias étrangers ou des institutions internationales. Selon les observateurs, ces interventions ont plus d’effet sur la justice algérienne que les actions internes ou politiques. Ainsi, même si chaque voix plaidant pour la libération des prisonniers d’opinion est saluée, Shoaa insiste sur le fait que l’Algérie a de plus en plus besoin de mobilisations et d’appels courageux en faveur des libertés, face à un climat de répression croissante.
Timbre et gravité du climat répressif
La répression ne cesse de s’intensifier en 2025, avec des vagues d’arrestations régulières : au moins 134 personnes interpellées au seul mois d’octobre. Divers militants, journalistes et citoyens sont poursuivis sous couvert d’atteinte à la sécurité nationale, d’appartenance à des entités interdites ou de diffusion de fausses nouvelles, ce que l’ONU et les ONG spécialisées expliquent comme des moyens d’étouffer tout engagement pacifique et civique.
Le climat répressif algérien perdure en 2025, le silence des partis alliés au pouvoir contraste avec la mobilisation société civile et des organisations internationales. Les pressions extérieures restent le moteur principal de certaines libérations, tandis que les besoins d’appel pour la libération des prisonniers d’opinion deviennent plus urgents que jamais.
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