France. Procès en appel des assistants du RN : une couverture médiatique en retrait
Le procès en appel des dirigeants du Rassemblement national (RN) pour détournement présumé de fonds européens se tient depuis le 13 janvier 2026 devant le tribunal correctionnel de Paris. Les chaînes d’information en continu relaient peu les audiences, laissant craindre un vide explicatif sur les faits reprochés à Marine Le Pen et ses proches.
Le procès en appel débute le 13 janvier 2026 à Paris. Marine Le Pen, cheffe des députés RN, et 22 autres prévenus comparent pour des faits de détournement de fonds publics entre 2004 et 2016. En première instance, en mars 2025, Marine Le Pen a écopé de deux ans de prison ferme et cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire. Les débats portent sur un système présumé d’assistants parlementaires européens rémunérés pour des tâches au profit du parti.
L’affaire remonte à une enquête de l’Office européen de lutte antifraude (Olaf) en 2015. Le Parlement européen réclame 4,3 millions d’euros au RN pour des emplois fictifs. Les juges financiers renvoient 27 personnes, dont Marine Le Pen, devant la justice en 2024. Le parti et les accusés nient tout système organisé et font appel du jugement de première instance.
Marine Le Pen dirige les débats en appel et conteste les accusations. Jordan Bardella, président du RN, n’est pas prévenu mais figure dans les débats collatéraux. Le parquet requiert jusqu’à dix ans de prison et l’inéligibilité pour la cheffe RN. Les avocats des prévenus dénoncent un acharnement judiciaire à l’approche de 2027.
Les chaînes LCI, BFMTV et CNews suivent peu les audiences quotidiennes. Lors de la première instance, en mars 2025, les directs se concentrent sur l’impact politique plutôt que sur les preuves. Un constat similaire émerge en appel : peu d’explications détaillées sur les arguments de l’accusation. France Inter relaie des réactions d’auditeurs critiquant cette victimisation relayée sans contrepoint factuel.
Des audits d’antennes notent un déséquilibre : les porte-parole RN dominent les plateaux, évoquant des “juges politisés”. Des auditeurs de radio publique demandent plus de focus sur les faits avérés, comme les retards dus aux recours du RN. Mediapart fournit un suivi approfondi des audiences, absent des chaînes info généralistes.
Ce procès survient avant la présidentielle de 2027. Une condamnation ferme pourrait écarter Marine Le Pen. Les prévenus risquent des peines lourdes, avec exécution provisoire possible. Les menaces contre les magistrats, signalées par le ministre de la Justice Gérald Darmanin, soulignent les tensions.
Les débats en appel doivent s’achever en février 2026. Un jugement est attendu dans les mois suivants. Le RN prépare des recours, y compris devant la CEDH. Les faits techniques, comme les contrats d’assistants, restent au cœur des plaidoiries.
Les chaînes info priorisent les déclarations outrées des RN sur les détails des preuves. Ce vide informatif rappelle la couverture de l’affaire Sarkozy, où les faits ont cédé la place à la narration victimaire. Des observateurs notent que cette approche favorise le discours populiste sans contextualisation.
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(Avec AFP, Le Monde, Mediapart)







