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lundi, février 23, 2026

Des révélations explosives sur la collusion entre le collectif Némésis et des militants néonazis à Lyon

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Rédaction ALG247
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La rédaction d’ALG247 est un collectif éditorial spécialisé dans l’analyse et la couverture de l’actualité internationale, géopolitique et économique. Les articles sont produits selon une méthodologie journalistique fondée sur le recoupement des sources, la contextualisation et la hiérarchisation de l’information.

Deux enquêtes conjointes, menées par L’Humanité et le média indépendant Contre Attaque, lèvent le voile sur des échanges internes entre le collectif Némésis et plusieurs figures de l’extrême droite radicale lyonnaise. Ces discussions, tenues à l’automne 2025 sur une boucle Telegram confidentielle, révèlent la préparation d’un guet-apens contre des militants antifascistes. Les éléments publiés font état d’une coopération organisée entre ce collectif se réclamant du « féminisme identitaire » et des groupuscules néonazis violents.

Une stratégie d’agression concertée à l’automne 2025

Les messages dévoilent que cinq membres de Némésis échangeaient alors avec Calixte Guy, figure connue de la mouvance néofasciste et chef du groupe Audace Lyon. Dans ces conversations, il décrit en détail un dispositif visant à « choper des gauches ». Les militantes de Némésis proposaient d’attirer leurs opposants dans un lieu préalablement choisi, où des membres d’Audace, avertis en amont, devaient intervenir.
L’un des messages explicite clairement leur rôle : « On peut être deux, trois filles à tracter là où vous voulez les choper », peut-on lire dans les captures authentifiées par les journalistes. Une autre instruction précisait qu’aucune revendication ne devait être formulée par Némésis afin de brouiller les pistes après l’opération.

Selon les enquêtes, une première tentative aurait échoué, mais la méthode restait précisément établie : identification des cibles, mise en scène d’une fausse action militante, et intervention planifiée d’un groupe armé. Les documents mentionnent aussi des repérages, des transmissions d’adresses et la préparation d’une vidéo de l’attaque, dessinant une coordination quasi paramilitaire.

Des liens confirmés avec des violences d’extrême droite

Ces révélations font écho à des faits déjà documentés. Le 16 février 2025, lors d’une action des « Hussards » à Paris, Calixte Guy aurait pris part à l’agression d’un militant de la CGT, roué de coups de casque et de tessons de verre. La victime avait été hospitalisée. Les perquisitions menées ensuite à son domicile ont permis de découvrir un arsenal : hachettes, couteaux, matraques télescopiques, armes factices, bombes lacrymogènes.

Les enquêteurs ont également mis au jour des messages antisémites explicites – tel un « Shoah à eux » – ainsi que des échanges financiers entre groupuscules en violation de décisions judiciaires. Ces éléments confirment l’existence d’un réseau structuré mêlant violence, idéologie raciste et coordination militante.

Un fichier ciblant les militants de gauche

Dans le téléphone de Calixte Guy, un dossier intitulé « Dossier gauche » recensait des militants identifiés comme proches du mouvement antifasciste Jeune Garde Lyon. On y trouve adresses, plaques d’immatriculation et habitudes de vie. Dans les échanges, Guy revendique la préparation d’« actions » contre ces personnes, tandis que d’autres membres d’Audace promettent « des représailles physiques ».
Un message résume cette coopération : « Antifa, te casse pas la tête, Audace s’en chargera. »

L’existence de ce fichier fait écho à d’autres affaires récentes de fichage militant opérées par des groupuscules d’extrême droite en vue d’éventuels passages à l’acte. Selon les sources citées, le document a été transmis au parquet de Lyon, dans le cadre d’une enquête pour “association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste”.

Des connexions jusqu’à la mort de Quentin Deranque

Ces éléments prennent une résonance particulière depuis la mort de Quentin Deranque, militant de gauche tué à l’automne 2025 lors d’affrontements à Lyon. Plusieurs témoins ont signalé la présence, sur les lieux, d’une action menée par Némésis et couverte par des groupes d’extrême droite, parmi lesquels les réseaux impliqués dans les échanges Telegram.
D’après des images diffusées par Le Canard enchaîné et Contre Attaqueseize hommes cagoulés et armés apparaissent chargeant un groupe désarmé dans une rue du centre-ville.

Si l’enquête judiciaire n’a pas encore établi de lien direct entre cette attaque et le décès de Quentin Deranque, la concomitance des faits et la présence confirmée de membres d’Audace Lyon nourrissent un faisceau de soupçons. Ces nouvelles informations renforcent la thèse d’une violence préméditée et coordonnée.

Némésis, un « collectif féministe » sous influence identitaire

Fondé en 2019, le collectif Némésis s’est fait connaître par des actions spectaculaires se réclamant d’un « féminisme identitaire ». Ses militantes se présentent comme des « défenseures des femmes européennes » tout en portant un discours nationaliste et anti-immigration.
Plusieurs chercheuses ont déjà souligné la porosité entre ce mouvement et les milieux d’extrême droite, notamment autour de Reconquête et du Rassemblement national.

Le parcours de Calixte Guy, fils d’une ex-candidate RN, illustre ces passerelles. Ses échanges avec Némésis révèlent un mode d’action éloigné de toute revendication féministe : instrumentalisation de l’image des femmes pour piéger des opposants, usage de la communication numérique à des fins de désinformation, et recours assumé à la violence.
Selon les enquêteurs cités par L’Humanité« le féminisme sert ici de façade à une logique de milice politique ».

Des suites judiciaires et politiques attendues

À la suite de ces révélations, des sources judiciaires lyonnaises confirment que le parquet examine de nouveaux éléments transmis par les journalistes et les avocats des parties civiles. Les faits pourraient relever d’une instruction pour “association de malfaiteurs aggravée” ou “provocation à la haine et à la violence”.
Sur le plan politique, plusieurs élus, dont la députée écologiste Marie-Charlotte Garin, ont réclamé l’interdiction du collectif Némésis et la dissolution des groupes identitaires réactivés à Lyon depuis 2024.

Au-delà des responsabilités pénales, ce dossier pose la question de la résurgence d’une violence d’extrême droite organisée sous couvert de causes sociales ou identitaires. À Lyon, comme dans d’autres villes françaises, les autorités constatent depuis deux ans une multiplication d’agressions ciblées contre des militants syndicaux et politiques.
L’affaire Némésis–Audace pourrait ainsi marquer un tournant dans la reconnaissance institutionnelle d’un militantisme d’extrême droite structuré, coordonné et revendiquant désormais ses connexions néonazies.

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