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dimanche, février 15, 2026

Samir LanGus dévoile « Gnawa Love », un album spirituel entre tradition gnawa et influences modernes

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Samir LanGus dévoile « Gnawa Love », un album spirituel entre tradition gnawa et influences modernes

Samir LanGus, musicien marocain installé à New York et figure emblématique de la nouvelle génération gnawa, a dévoilé le 13 février son nouvel album « Gnawa Love », présenté comme un voyage introspectif et spirituel au cœur de cette tradition musicale marocaine. Ce projet prolonge un travail de transmission et de réinvention d’un héritage issu des communautés afro-marocaines, mêlant instruments traditionnels et influences contemporaines.

Un album ancré dans la tradition gnawa

« Gnawa Love » est un album vibrant, conçu comme une traversée émotionnelle de l’univers gnawa, à la fois hypnotique, méditatif et intensément rythmique. Présenté par l’artiste comme « un voyage complet », le disque marque une étape plus intime de son parcours, après plusieurs collaborations mêlant musiques du monde, jazz et électronique.

Le projet s’appuie sur les éléments fondateurs du patrimoine gnawa : chants incantatoires, rythmes cycliques et usage d’instruments emblématiques comme le guembri (ou sintir) et les qraqeb, grandes castagnettes métalliques. Dans la continuité des rituels de transe et de guérison, l’album condense cette dimension spirituelle en la rendant accessible à des publics éloignés des cérémonies traditionnelles nocturnes, les lila, tout en en préservant les codes essentiels.

La gnawa, entre transe, guérison et mémoire

Souvent qualifiée de « blues marocain », la musique gnawa plonge ses racines dans l’histoire des communautés afro-marocaines, marquée par la douleur, la résilience et la recherche de réconfort à travers la musique. Héritée de pratiques préislamiques et animistes, elle s’est progressivement intégrée à l’islam populaire, notamment dans les confréries soufies et les rites de possession spirituelle.

Les cérémonies gnawa associent musique, danse et invocations tout au long de la nuit, dans une quête de soulagement physique et psychique. Samir LanGus rappelle que cette tradition reste intimement liée à la mémoire des anciens esclaves venus d’Afrique subsaharienne. Le mot « Gnawa » renverrait d’ailleurs à la difficulté qu’avaient les populations locales à comprendre leur langue. Cette dimension mémorielle, transmise oralement de maître à disciple, traverse toute l’œuvre de l’artiste. Avec « Gnawa Love », LanGus revendique cet héritage tout en l’ouvrant à d’autres univers sonores.

Samir LanGus, un passeur entre Maroc et New York

Originaire d’Aït Melloul, près d’Agadir, Samir LanGus a grandi au contact des maîtres gnawa et dans un environnement où se mêlent traditions soufies et pratiques populaires. Installé depuis plusieurs années à New York, il a multiplié les collaborations avec des artistes issus du jazz, des musiques électroniques et de la scène expérimentale. Cofondateur du groupe Innov Gnawa, il s’est notamment illustré aux côtés du producteur britannique Bonobo sur le titre « Bambro Koyo Ganda », nommé aux Grammy Awards.

Sur scène comme en studio, LanGus conjugue rigueur des instruments traditionnels – le sintir et les qraqeb – et ouverture vers des sonorités modernes (batterie, claviers, guitare électrique). Ce mélange affirmé séduit un public cosmopolite sans diluer l’ancrage gnawa, que l’artiste considère comme un socle essentiel à toute innovation musicale.

Entre authenticité et innovation

Avec « Gnawa Love », Samir LanGus se situe à la croisée de trois enjeux : préserver un patrimoine sacré, en favoriser la diffusion mondiale et explorer de nouvelles formes d’expression. Ces choix s’inscrivent dans un débat ancien au sein de la communauté gnawa, entre partisans de la pure tradition et défenseurs de la modernisation. L’artiste assume cette tension entre authenticité et innovation, convaincu que la tradition ne survit que par sa capacité à dialoguer avec le présent.

La sortie de l’album s’inscrit aussi dans un moment de visibilité accrue pour la culture gnawa, surtout depuis son inscription en 2019 au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO. En ce sens, « Gnawa Love » prolonge ce mouvement de reconnaissance en proposant une lecture personnelle et contemporaine d’un art longtemps marginalisé. Le mot « love » traduit à la fois l’attachement de LanGus à ses racines et l’expérience sensorielle d’une musique qui transcende les frontières spirituelles et culturelles.

Une diffusion entre scènes et festivals

L’artiste prévoit de défendre « Gnawa Love » sur scène entre l’Amérique du Nord, l’Europe et le Maroc, à travers une série de concerts et de festivals dédiés aux musiques du monde. Annoncé dès début février, le projet est conçu comme une expérience immersive, un « full journey » pensé dans la continuité d’une cérémonie gnawa, avec une montée progressive vers la transe.

Dans un paysage musical globalisé, le parcours de Samir LanGus illustre la manière dont une tradition profondément ancrée peut être réinterprétée depuis une métropole comme New York sans se détacher de sa source. Avec « Gnawa Love », il poursuit ce dialogue entre le blues marocain et les musiques afro-diasporiques contemporaines, réaffirmant la place du rituel et de la spiritualité au cœur de la création musicale.

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