Perquisition du FBI chez une journaliste du Washington Post : une atteinte inédite à la liberté de la presse
Le FBI a perquisitionné le domicile de la journaliste Hannah Natanson, du Washington Post, dans le cadre d’une enquête sur une fuite d’informations classifiées. Une procédure exceptionnelle qui soulève de vives inquiétudes quant au respect du Premier amendement.
Le Washington Post a confirmé que la journaliste Hannah Natanson a fait l’objet d’une perquisition menée par le FBI à son domicile à Washington. L’opération s’inscrit dans une enquête fédérale sur la divulgation possible d’informations gouvernementales classifiées, selon plusieurs sources proches du dossier citées par The New York Times et AP News.
Cette mesure judiciaire, rare et controversée, s’écarte des pratiques habituelles dans les enquêtes liées aux fuites de documents. Les autorités se limitent en général à analyser les registres d’appels, les courriels ou les métadonnées, sans procéder à des perquisitions physiques chez les journalistes ni saisir leurs appareils professionnels.
Selon des sources fédérales anonymes, l’enquête viserait un haut fonctionnaire disposant d’une habilitation de sécurité élevée. Ce dernier est soupçonné d’avoir emporté chez lui des rapports de renseignement classifiés, dont certains auraient fait l’objet d’articles publiés par le Washington Post dans le cadre de la couverture de la politique de l’administration Trump.
Hannah Natanson, qui suit notamment les réformes fédérales et les politiques internes menées sous Donald Trump, aurait obtenu certaines informations sensibles concernant la restructuration de l’administration et le renvoi de fonctionnaires fédéraux jugés hostiles à la ligne présidentielle.
La perquisition, autorisée par un mandat judiciaire, soulève des inquiétudes majeures sur la protection des sources journalistiques et la liberté de la presse aux États-Unis. Des juristes et organisations de défense des médias, dont le Reporters Committee for Freedom of the Press, ont dénoncé une atteinte potentielle au Premier amendement de la Constitution américaine, garantissant la liberté d’expression et d’information.
Le Washington Post a indiqué qu’il coopère avec ses avocats pour évaluer la légalité de la procédure et défendre les droits de sa journaliste. Le Department of Justice n’a pour l’heure formulé aucun commentaire officiel sur les motivations précises du mandat et sur la nature des éléments saisis.
Cette affaire, sans précédent récent, ravive le débat sur les limites des pouvoirs d’enquête fédéraux et la protection du travail journalistique dans le traitement de documents classifiés, un sujet régulièrement au cœur de tensions entre administrations et médias depuis les révélations d’Edward Snowden en 2013.
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