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jeudi, janvier 15, 2026

Israël : l’« économie du génocide » à un point de rupture ?

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Israël : l’« économie du génocide » à un point de rupture ?

L’« économie du génocide », concept utilisé par plusieurs experts et ONG pour décrire la manière dont le système économique israélien tire profit de la guerre à Gaza, montre des signes de fragilité profonde. Entre envolée du secteur militaro‑sécuritaire, épuisement du marché intérieur et risque de crise financière, de plus en plus d’analystes s’interrogent sur la soutenabilité du modèle actuel.

Un modèle tiré par la guerre

Depuis le début de la guerre à Gaza, l’économie israélienne s’appuie massivement sur le complexe militaro‑industriel, qui profite de l’augmentation historique des dépenses de défense et d’un afflux de commandes étrangères pour des armes « testées au combat ». Des rapports onusiens évoquent une véritable « économie de génocide », où entreprises d’armement, groupes technologiques, banques et investisseurs internationaux sont intégrés à une chaîne de valeur qui dépend structurellement d’un conflit prolongé et d’une occupation permanente.

Un secteur militaro‑industriel en plein essor

Les dépenses militaires d’Israël ont bondi de près de deux tiers entre 2023 et 2024, dépassant 46 milliards de dollars, ce qui place le pays parmi les plus forts niveaux de dépenses par habitant au monde. Les grandes entreprises d’armement et de surveillance, israéliennes et étrangères, voient leurs profits augmenter, la guerre à Gaza devenant un argument commercial central pour vendre drones, systèmes d’IA de ciblage, munitions et technologies de contrôle des populations.

Une « prospérité » boursière déconnectée du terrain

Pendant que les destructions et les déplacements massifs se multiplient dans la bande de Gaza, la Bourse de Tel‑Aviv enregistre une hausse spectaculaire, avec une progression supérieure à 200% sur près de deux ans et des gains de capitalisation estimés à plus de 220 milliards de dollars. Des experts des Nations unies résument cette situation par la formule « un peuple enrichi, un peuple effacé », soulignant que cette dynamique de marché repose sur la normalisation d’une violence extrême et répétée.

Coût social interne et risques de krach

En parallèle de cette façade de réussite financière, la société israélienne subit un coût social grandissant, avec la mobilisation prolongée de centaines de milliers de réservistes, la faillite de nombreuses petites entreprises et une part croissante de ménages vivant au‑dessus de leurs moyens et s’endettant. Des économistes mettent en garde contre un « jour de compte » : l’arrêt des paiements massifs aux réservistes, la révélation de dépenses militaires hors budget et une éventuelle dégradation de la note de crédit pourraient déclencher une crise de dette, une hausse brutale des taux d’intérêt et une contraction sévère de l’investissement.

Pressions internationales et remise en cause du modèle

Sur le plan extérieur, la qualification de la guerre comme génocidaire par des experts onusiens et la dénonciation d’une « économie de génocide » s’accompagnent d’appels à réduire, voire à suspendre, les échanges commerciaux avec Israël, en ciblant en priorité les secteurs d’armement, de technologie et de finance impliqués dans les opérations à Gaza et dans les territoires occupés. Si ces appels se traduisaient par des sanctions, des désinvestissements ou des restrictions d’exportation, l’économie israélienne, déjà très financiarisée et dépendante des flux internationaux, serait exposée à un choc majeur remettant en cause la viabilité de son modèle de croissance fondé sur la guerre.

Conclusion : une croissance sous perfusion du conflit

L’« économie du génocide » apparaît aujourd’hui comme un système à double face : prospère pour les secteurs liés à la sécurité, mais socialement coûteux à l’intérieur et de plus en plus contesté à l’extérieur. Les signaux de surchauffe financière, l’endettement des ménages, la dépendance au financement de la guerre et la montée des critiques internationales nourrissent les interrogations sur un possible basculement, où la logique de profit adossée à la destruction cèderait la place à une crise économique et politique profonde.

ALG247.COM (avec agences)

Sources

  • Rapport de la Rapporteuse spéciale de l’ONU sur l’« économie de génocide » et le rôle des entreprises.
  • Analyses économiques sur le coût interne de la guerre et la politique de rémunération des réservistes.
  • Enquêtes de médias internationaux sur les profits du secteur de l’armement et des technologies de surveillance liés à Gaza.

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