États-Unis : saisie du pétrolier russe Marinera dans l’Atlantique Nord
Les États-Unis ont arraisonné le pétrolier Marinera, anciennement Bella-1, en Atlantique Nord, l’accusant de violer leurs sanctions sur le pétrole vénézuélien et iranien. La Russie dénonce une interception en eaux internationales contraire au droit maritime.
Une opération américaine en Atlantique Nord
Le Commandement des forces des États-Unis en Europe (EUCOM) annonce la saisie du pétrolier Marinera, intercepté dans l’Atlantique Nord entre l’Islande et le Royaume-Uni. L’opération est menée en coordination avec la Garde côtière américaine, appuyée par des moyens aériens et des forces spéciales pour prendre le contrôle du navire.
Selon le communiqué de l’EUCOM, le pétrolier est arraisonné en exécution d’un mandat fédéral américain délivré par un tribunal des États-Unis pour des violations présumées du régime de sanctions visant les flux pétroliers de et vers le Venezuela. Les autorités américaines affirment que le bâtiment a été suivi pendant plusieurs semaines, après une première tentative d’interception avortée dans les Caraïbes fin décembre.
Un navire au cœur de la « flotte fantôme »
Le Marinera est un pétrolier brut précédemment connu sous le nom de Bella-1, inscrit sur la liste américaine des navires sanctionnés depuis juin 2024 pour son implication présumée dans le contournement des sanctions sur le pétrole vénézuélien et iranien. Des responsables américains décrivent ce navire comme faisant partie de la « flotte fantôme » ou « shadow fleet », un ensemble de tankers utilisés pour transporter du pétrole en contournant les restrictions internationales.
D’après les données de suivi maritime, le navire quitte l’Iran à l’été 2025, met ensuite le cap vers le Venezuela, puis modifie sa route après qu’une tentative de contrôle par la Garde côtière américaine a lieu dans la mer des Caraïbes le 20 décembre. Le pétrolier remonte alors l’Atlantique Nord, poursuivi et surveillé par des unités américaines et des moyens de plusieurs pays européens, avant son interception confirmée début janvier.
Changement de nom et de pavillon contestés
Pendant sa fuite, le Bella-1 change son nom pour devenir Marinera et est enregistré sous pavillon russe dans les registres maritimes, selon des documents consultés par les médias américains. Des responsables de Washington affirment que le navire a successivement arboré plusieurs pavillons, dont ceux de Panama et d’autres registres de complaisance, avant de revendiquer la protection de la Russie.
Les autorités américaines soutiennent que le navire ne présentait pas de pavillon valide au moment d’une précédente tentative d’arraisonnement, ce qui les conduit à le considérer comme un navire « sans nationalité », plus vulnérable à une intervention au regard du droit international. Un responsable américain évoque également l’usage d’un faux pavillon et la présence d’un ordre de saisie judiciaire visant le navire pour des cargaisons antérieures d’hydrocarbures iraniens.
Réaction et position de la Russie
Le ministère russe des Affaires étrangères indique que le Marinera se trouvait en haute mer, dans les eaux internationales, au moment de l’intervention américaine. Moscou affirme que le navire naviguait sous pavillon russe dûment enregistré et qu’il respectait les règles du droit maritime international.
La Russie avait déjà adressé une démarche diplomatique à Washington, demandant l’arrêt de la poursuite du Bella-1, rebaptisé Marinera, qu’elle présente comme un navire légalement enregistré et protégé par son pavillon. Les autorités russes dénoncent la saisie comme une atteinte à la liberté de navigation et un précédent dangereux pour la sécurité des routes maritimes.
Enjeux juridiques et géopolitiques
Pour Washington, la saisie du Marinera s’inscrit dans une campagne renforcée visant les flux pétroliers liés au Venezuela et à l’Iran, que les États-Unis considèrent comme une source de financement d’activités illicites ou déstabilisatrices. L’opération survient dans le contexte d’un durcissement des sanctions américaines et d’une annonce présidentielle de blocage total des tankers sanctionnés à destination ou en provenance du Venezuela.
L’affaire soulève des questions de droit maritime autour de la validité du changement de pavillon en mer, certains experts jugeant contestable une reclassification aussi rapide sous pavillon russe. Elle illustre également la confrontation croissante autour de la « flotte sombre » de pétroliers opérant dans des zones grises juridiques pour contourner sanctions et contrôles, au cœur des tensions énergétiques actuelles.
Le pétrolier Marinera, ex-Bella-1, est désormais détenu sous contrôle américain à la suite de son interception dans l’Atlantique Nord, en vertu d’un mandat de saisie lié aux sanctions sur le pétrole vénézuélien et iranien. Moscou conteste la légalité de cette opération, assurant que le navire se trouvait en eaux internationales et bénéficiait pleinement de la protection du pavillon russe, tandis que le débat se poursuit sur les implications juridiques et géopolitiques de cette saisie.






