Coopération militaire Maroc-Israël : un nouvel accord sécuritaire pour 2026
Les Forces armées royales marocaines et l’armée israélienne ont signé à Tel-Aviv un plan d’action conjoint pour 2026, marquant une nouvelle étape dans leur coopération militaire initiée depuis les accords d’Abraham.
Le Maroc et Israël ont tenu, cette semaine à Tel-Aviv, la troisième réunion de leur commission militaire conjointe depuis la normalisation de leurs relations en 2020. Les travaux se sont achevés par la signature d’un plan d’action bilatéral pour l’année 2026, consolidant une coopération déjà bien avancée dans les domaines de la défense, du renseignement et des technologies militaires.
La réunion a réuni des responsables des Forces armées royales marocaines (FAR) et de l’armée israélienne, autour de plusieurs volets : construction des capacités stratégiques, coordination opérationnelle, et développement industriel de défense. Selon des sources israéliennes citées par The Jerusalem Post et Times of Israel, Tel-Aviv considère désormais le Maroc comme un partenaire clé pour “la stabilité régionale” en Afrique du Nord et au Sahel.
Depuis les accords d’Abraham signés fin 2020, le Maroc a multiplié les contrats d’armement avec Israël. L’État hébreu occupe désormais le troisième rang des fournisseurs militaires du royaume, derrière les États-Unis et la France. Parmi les acquisitions figurent :
- deux satellites espions Ofek-13 produits par Israel Aerospace Industries (IAI) ;
- les systèmes de défense aérienne Barak MX et SPYDER (IAI et Rafael) ;
- des drones Heron et drones kamikazes SpyX (IAI / BlueBird) ;
- des canons automoteurs ATMOS et le missile balistique tactique LORA ;
- le système de lancement de roquettes PULS d’Elbit Systems.
Selon les médias spécialisés comme Defense News et Breaking Defense, cette coopération inclut également un volet industriel : des ingénieurs israéliens participent à la mise en place d’unités de production locales destinées à l’assemblage de drones et d’équipements de surveillance au Maroc.
Plusieurs observateurs et spécialistes de la sécurité régionale estiment que l’intégration progressive d’Israël dans l’architecture sécuritaire du Maghreb et de la Méditerranée occidentale, sous l’impulsion du Makhzen marocain, pourrait ouvrir une période d’instabilité durable dans la région. Cette dynamique modifie en profondeur les équilibres géopolitiques traditionnels et fait entrer dans le champ maghrébin un acteur extérieur aux antécédents militaires marqués par des crises répétées au Moyen-Orient.
Selon des analystes issus de think tanks maghrébins et européens, l’extension de la coopération sécuritaire maroco-israélienne dépasse largement le cadre bilatéral. Elle s’inscrit dans une stratégie régionale d’arrimage militaire et technologique à l’entité israélienne, au risque d’exposer le Maghreb à des tensions exogènes et à des formes d’ingérence inédites. L’introduction de programmes conjoints en matière de renseignement, de drones armés et de surveillance transfrontalière pourrait, selon ces experts, accroître la vulnérabilité de la région à des rivalités stratégiques qui lui sont étrangères.https://actu-maroc.com/armee-de-lair-le-maroc-et-israel-renforcent-leur-cooperation/
Pour l’Algérie, dont la doctrine de défense repose sur la non-ingérence et l’équilibre régional, cette évolution représente un enjeu de sécurité nationale majeur. Alger considère depuis plusieurs années que toute présence militaire ou technologique israélienne à proximité de ses frontières constitue une ligne rouge stratégique, compte tenu du rôle historiquement déstabilisateur de cette puissance au Proche-Orient.
Les inquiétudes exprimées portent également sur le risque de fragmentation du cadre maghrébin de coopération, déjà fragilisé par la fermeture de la frontière terrestre entre l’Algérie et le Maroc. En privilégiant une intégration sécuritaire avec un partenaire extérieur au Maghreb, le Royaume chérifien s’éloigne d’une logique régionale autonome, au profit d’alliances extra-maghrébines susceptibles de modifier durablement les équilibres politiques et militaires dans la zone.
Les autorités marocaines, de leur côté, présentent ce partenariat comme un levier stratégique pour moderniser leurs forces armées et développer leur autonomie industrielle en matière de défense.
ALG247.COM






