Après deux ans d’interruption reprise des cours à l’Université islamique de Gaza
L’Université islamique de Gaza a rouvert partiellement ses portes après deux ans d’interruption, accueillant à nouveau des étudiant·es dans des bâtiments lourdement endommagés par les bombardements israéliens. Cette reprise survient alors que plus de 90% des établissements scolaires et universitaires de Gaza ont été détruits ou endommagés, privant l’immense majorité des enfants et des jeunes d’accès à l’éducation.
Un campus en ruines qui rouvre
Fondée en 1978, l’Université islamique de Gaza est la plus ancienne et l’une des principales institutions d’enseignement supérieur de l’enclave, qui comptait avant la guerre plus de 17 000 étudiant·es. Le campus principal a été largement frappé et en partie réduit à l’état de ruines par les attaques israéliennes menées depuis octobre 2023.
Selon la direction de l’université, plusieurs bâtiments principaux ont été démolis et les structures encore debout présentent des fissures et des dégâts importants, malgré des travaux sommaires de remise en état. Faute d’alternative, les premiers cours en présentiel se déroulent dans ces locaux partiellement restaurés, au milieu des traces visibles des bombardements.
Reprise des cours pour les filières cruciales
La réouverture s’effectue par étapes et concerne en priorité les étudiantes et étudiants inscrits en médecine, en sciences de la santé et en ingénierie. Des centaines d’entre eux ont retrouvé les amphithéâtres et les laboratoires improvisés, décrivant ce retour comme un « jour historique » malgré les conditions précaires.
L’université indique avoir pu faire diplômés environ 4 000 étudiant·es pendant la guerre grâce à un enseignement à distance limité, perturbé par les déplacements forcés, les coupures d’électricité et de communications. La reprise en présentiel marque aussi la réouverture des inscriptions pour de nouvelles cohortes, une première depuis le début du conflit en 2023.
Un système éducatif dévasté à Gaza
L’Université islamique n’est pas un cas isolé : plusieurs campus de Gaza, dont ceux d’Al-Azhar, Al-Aqsa, Gaza University ou encore l’université d’agronomie Hassan II, ont été détruits ou gravement endommagés par les opérations militaires israéliennes. Des rapports d’ONG et d’institutions académiques estiment qu’une large majorité des infrastructures d’enseignement supérieur de la bande de Gaza ont subi des destructions massives depuis 2023.
Les Nations unies et des organisations humanitaires qualifient la situation de « destruction systématique » du système éducatif gazaoui. La perte d’universités, de laboratoires et de bibliothèques risque de peser pendant des décennies sur la formation des professionnel·les de santé, d’ingénierie, d’enseignement et de recherche dans le territoire.
658 000 enfants privés d’école
Selon la rapporteuse spéciale de l’ONU sur le droit à l’éducation et les mécanismes onusiens chargés de Gaza, plus de 90% des écoles et bâtiments universitaires de l’enclave ont été totalement ou partiellement détruits par les opérations israéliennes. Les écoles restantes sont souvent transformées en abris pour des familles déplacées, ce qui empêche toute reprise normale des cours.
Cette destruction massive rend l’éducation impossible pour plus de 658 000 enfants, dont beaucoup sont privés d’école depuis près de deux ans. Les experts alertent sur un risque durable de décrochage scolaire, de traumatismes psychologiques et d’appauvrissement futur pour toute une génération gazaouie.
Résilience et incertitudes pour l’avenir
La reprise, même partielle, des cours à l’Université islamique de Gaza est présentée localement comme un acte de résilience et une tentative de rétablir un semblant de normalité au milieu des ruines. Pour les étudiant·es, retourner en salle de classe signifie non seulement poursuivre un diplôme, mais aussi affirmer leur droit à l’éducation dans un contexte de destruction généralisée.
Les besoins restent toutefois immenses : reconstruction des bâtiments, équipements pédagogiques, soutien psychologique aux étudiant·es et au personnel, et garanties de sécurité minimales pour assurer la continuité des cours. Sans un effort massif de protection et de réhabilitation du système éducatif, les initiatives comme cette réouverture risquent de rester fragiles et limitées.






