G20 Johannesburg : Oxfam exhorte à taxer les milliardaires pour lutter contre les inégalités
En 2024, les milliardaires des pays les plus riches ont engrangé 2 000 milliards de dollars supplémentaires, selon Oxfam. L’ONG appelle les dirigeants du G20, réunis à Johannesburg, à instaurer une taxation renforcée des ultra-riches pour combattre la pauvreté et le dérèglement climatique.
Les inégalités explosent malgré la croissance des fortunes
L’année 2024 s’est distinguée par une augmentation spectaculaire de la richesse des milliardaires mondiaux, qui a progressé de 2 000 milliards de dollars, soit près de 5,7 milliards quotidiens et trois fois plus vite que l’année précédente. Cette croissance exponentielle contraste fortement avec la stagnation du nombre de personnes vivant dans la pauvreté depuis plus de trente ans.
Selon Oxfam, le montant nécessaire pour sortir 3,8 milliards de personnes de la pauvreté serait de 1 650 milliards de dollars, soit bien moins que les gains réalisés par les plus fortunés cette année. La fortune cumulée des milliardaires du G20 atteint dorénavant autour de 15 000 milliards de dollars.
Oxfam et les ONG pressent le G20 à agir
En amont du sommet du G20 à Johannesburg (22-23 novembre 2025), Oxfam ainsi que d’autres ONG telles que Greenpeace ont exhorté les chefs d’État à adopter des politiques fiscales progressives et équitables, ciblant particulièrement la taxation des grandes fortunes. Pour Oxfam, “les inégalités sont un choix politique délibéré” et le surendettement des États contraste avec une richesse privée en hausse constante.
L’Afrique du Sud, hôte du sommet, propose la mise en place d’un nouveau panel international sur les inégalités, inspiré du GIEC, afin de produire des recherches et des recommandations fondées sur des données scientifiques. Cette initiative est saluée par Oxfam et soutenue officiellement par le président de la république d’Afrique du Sud Cyril Ramaphosa, qui appelle les autres pays du G20 à adhérer à ce projet inédit.
Débat sur la taxe Zucman en France
En France, le débat sur la “taxe Zucman”, créant un impôt plancher de 2% sur le patrimoine des ultra-riches, a animé l’Assemblée nationale mais a finalement été rejeté par une majorité parlementaire. Ce projet, basé sur les travaux de l’économiste Gabriel Zucman, visait à instaurer une justice fiscale accrue et à garantir l’effort des grandes fortunes dans la lutte contre la pauvreté et le financement de la transition écologique.
La France continue toutefois de soutenir, aux côtés du Brésil et de l’Afrique du Sud, les négociations internationales pour mieux imposer les ultra-riches à l’échelle mondiale lors des réunions du G20. Toutefois, un consensus global sur un impôt minimum mondial n’a pas encore émergé, la perspective d’une fuite des capitaux suscitant des réticences dans plusieurs pays.
La croissance inédite de la richesse des milliardaires, confirmée par Oxfam et des agences internationales, renforce l’urgence d’une réforme fiscale alignée sur la lutte contre la pauvreté et le réchauffement climatique. Le sommet du G20 de Johannesburg, marqué par la proposition sud-africaine de créer un “GIEC des inégalités”, s’impose comme un moment clé pour mobiliser les dirigeants mondiaux autour d’une conversion fiscale durable et équitable.



