La signature de Trump sur les dollars, une première depuis 1861

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Le département du Trésor américain a annoncé le 27 mars que la signature de Donald Trump figurera sur les prochains billets en dollars, à commencer par la coupure de 100 dollars dès juin 2026. C’est la première fois depuis 1861 qu’un président en exercice voit son nom apposé sur la monnaie nationale, une décision qui suscite déjà une vive controverse.

Depuis plus d’un siècle et demi, les billets verts ne portaient que deux signatures : celle du secrétaire au Trésor et celle du trésorier des États-Unis. Cette tradition, instaurée en 1861, sera rompue dès le mois de juin prochain, lorsque les premières coupures de cent dollars arborant le nom de Donald Trump sortiront des presses du Bureau of Engraving and Printing. Selon le communiqué officiel du Trésor, la mesure sera ensuite étendue progressivement à l’ensemble des autres coupures en circulation.

Scott Bessent invoque un « pays historiquement grand »

La décision a été présentée par le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, comme une reconnaissance des réalisations de l’administration Trump. Dans le communiqué publié jeudi, ce dernier a estimé qu’il n’existait « pas de manière plus puissante de reconnaître les réalisations historiques de notre grand pays et du président Donald Trump que des billets de dollars portant son nom ». Le trésorier Brandon Beach a, pour sa part, qualifié Trump d’« architecte de la renaissance économique de l’âge d’or américain », ajoutant que l’apposition de son nom sur la monnaie était « non seulement appropriée, mais amplement méritée ». Ces déclarations reflètent le discours dominant au sein de l’exécutif républicain, qui présente le second mandat de Trump comme l’avènement d’un nouvel âge d’or pour les États-Unis — une rhétorique reprise dans plusieurs textes législatifs déposés au Congrès depuis janvier 2025.

Benjamin Franklin conserve sa place, contrairement à ce que suggèrent les images circulant en ligne

La mesure a immédiatement alimenté une confusion dans l’espace médiatique : de nombreux articles et publications sur les réseaux sociaux ont relayé des visuels montrant le visage de Donald Trump sur le billet de cent dollars, en lieu et place de Benjamin Franklin. Ces images sont trompeuses. Il s’agit, selon plusieurs fact-checkers américains, de billets fantaisie produits lors de la campagne présidentielle de 2024, et non de la conception officielle retenue par le Trésor. La loi fédérale interdit en effet de représenter un président vivant sur la monnaie en circulation — une restriction que la simple apposition d’une signature ne contourne pas, contrairement à la substitution d’un portrait. Benjamin Franklin demeure donc, pour l’heure, le visage du billet de cent dollars.

Une initiative s’inscrivant dans une série de gestes symboliques

L’annonce du Trésor s’inscrit dans un contexte plus large de valorisation symbolique de la figure présidentielle, qui mobilise une partie du Congrès républicain depuis le début du second mandat de Donald Trump. En mars 2025, le représentant Brandon Gill, élu républicain du Texas à sa première législature, avait déposé le Golden Age Act of 2025, un texte prévoyant que tous les billets de cent dollars produits après le 31 décembre 2028 remplacent le portrait de Benjamin Franklin par celui de Trump. Ce projet de loi, cosigné par les élus Troy Nehls et Lauren Boebert, n’a pas encore été soumis au vote. Par ailleurs, une pièce commémorative en or à l’effigie de Trump a été approuvée par la Commission des beaux-arts des États-Unis, dont les membres ont voté à l’unanimité en faveur du dessin, selon Euronews Culture. Ces initiatives convergent autour d’un même objectif : inscrire l’empreinte symbolique du président dans les attributs les plus visibles de l’État américain.

Des critiques démocrates parlent de « culte de la personnalité »

L’opposition démocrate n’a pas tardé à réagir. La représentante Shontel Brown a qualifié sur le réseau X le projet du Trésor de « répugnant et contraire aux valeurs américaines », avant d’ajouter avec ironie que les billets « rappelleront aux Américains qui remercier lorsqu’ils paieront plus cher l’essence, les biens de consommation et leurs courses ». Cette critique s’inscrit dans un débat plus large sur ce que certains analystes désignent comme une dérive vers un culte de la personnalité. Sean M. Theriault, professeur de sciences politiques à l’université du Texas à Austin, interrogé lors du dépôt du Golden Age Act, avait estimé que ces initiatives traduisent surtout « la puissance de Donald Trump au sein du Parti républicain » et la volonté de ses alliés de « rester dans ses bonnes grâces ». Michael Bordo, directeur du Center for Monetary and Financial History de l’université Rutgers, a pour sa part indiqué que la décision susciterait des réactions politiques, tout en soulignant que le secrétaire au Trésor dispose d’une marge d’appréciation légale sur la question des signataires des billets.

Un calendrier précis, des contours juridiques encore flous

Selon le communiqué du Trésor, les premiers billets de cent dollars portant la nouvelle signature seront imprimés en juin 2026, avant d’être progressivement mis en circulation. L’extension aux autres coupures interviendra dans un second temps, sans que le gouvernement n’ait précisé d’échéancier détaillé. Sur le plan juridique, la distinction entre l’apposition d’une signature présidentielle — qui relèverait du pouvoir discrétionnaire du secrétaire au Trésor — et l’impression d’un portrait de président en exercice — explicitement interdite par la loi fédérale — reste au cœur du débat. Aucune contestation judiciaire n’avait été annoncée au moment de la publication de ce communiqué.

Cette décision intervient à quelques mois du 250e anniversaire des États-Unis, que l’administration Trump entend célébrer en juillet 2026 par une série de commémorations nationales. Le Trésor a d’ailleurs indiqué que le projet de signature présidentielle sur les billets s’inscrit officiellement dans ce cadre anniversaire — une justification que ses détracteurs jugent accessoire au regard de sa portée symbolique réelle.

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