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vendredi, février 27, 2026

Israël perd la bataille de l’opinion mondiale, selon une vaste étude du Pew Research Center

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Safia Rahmani
Safia Rahmanihttps://alg247.com
Journaliste spécialisée dans les questions de société, de mobilité internationale et de migrations. Elle analyse les politiques migratoires, leurs implications sociales et leurs évolutions juridiques.

Une enquête du prestigieux institut américain montre que, dans vingt des vingt-quatre pays sondés, la majorité de la population a désormais une opinion défavorable d’Israël.

La tendance s’accentue, notamment chez les jeunes et dans les pays occidentaux.

Une image détériorée sur presque tous les continents

Le dernier rapport du Pew Research Center, publié en février 2026, marque un tournant majeur dans la perception mondiale d’Israël. Sur les vingt-quatre pays étudiés, une majorité d’habitants de vingt d’entre eux expriment une opinion négative à l’égard de l’État hébreu. En moyenne, 62% des sondés déclarent voir Israël d’un mauvais œil, contre seulement 29% d’avis favorables. Ce recul important de son image, amorcé depuis le début des années 2020, s’explique par la persistance du conflit au Proche-Orient et par une montée des critiques sur la scène internationale.

Les niveaux de rejet atteignent des sommets rarement observés à l’échelle mondiale.

La Turquie affiche le taux le plus élevé (93%), suivie de l’Indonésie (80%), du Japon (79%), des Pays-Bas (78%) et de l’Espagne (75%). La Suède et l’Australie (75% et 74%) figurent également parmi les pays où le désaveu est particulièrement marqué. Même dans des nations historiquement alliées, comme l’Allemagne (64%) ou les États-Unis (53%), la majorité des sondés expriment une opinion défavorable.

Une évolution rapide dans les pays occidentaux

L’un des constats les plus frappants du rapport concerne la dégradation de l’image d’Israël au sein des démocraties occidentales. Aux États-Unis, la proportion de citoyens ayant une opinion négative a progressé de 11 points en quatre ans, atteignant 53%. Au Royaume-Uni, la hausse atteint 17 points depuis 2013. Ces évolutions ne s’expliquent pas uniquement par les dynamiques politiques intérieures, mais aussi par la forte exposition médiatique du conflit israélo-palestinien et par les débats récurrents autour de la politique israélienne à Gaza et en Cisjordanie.

Le fossé générationnel, lui aussi, se creuse. Selon Pew, les jeunes adultes se distinguent nettement de leurs aînés par une critique plus marquée d’Israël. En France, en Australie, au Canada comme aux États-Unis, les moins de 35 ans affichent des opinions négatives supérieures de 20 à 30 points à celles des générations précédentes. Cette sensibilité accrue reflète une attente plus forte en matière de droits humains et de cohérence diplomatique.

Des clivages idéologiques de plus en plus marqués

L’étude souligne également un clivage idéologique profond. En Australie, 90% des personnes se déclarant progressistes jugent Israël défavorablement, contre 46% seulement chez les conservateurs. Aux États-Unis, l’écart est encore plus net : 74% d’opinions négatives parmi les électeurs de gauche, contre 30% à droite. Ces contrastes illustrent la façon dont la question israélo-palestinienne s’est enracinée dans les débats identitaires et partisans des démocraties contemporaines.

Dans les médias et sur les réseaux sociaux, les mouvements de défense des droits des Palestiniens ont considérablement influencé cette perception. Campagnes de boycott, mobilisations universitaires, prises de position d’artistes ou d’intellectuels ont ancré l’idée d’un déséquilibre moral dans le conflit. Face à cela, les arguments invoquant la sécurité d’Israël ou les menaces régionales peinent à regagner du terrain.Un contraste marqué dans les pays du Sud.

Seuls trois pays échappent à cette tendance défavorable : le Nigeria, le Kenya et l’Inde. Le premier affiche 59% d’opinions positives, le second 50%, tandis qu’en Inde, 34% des sondés ont une perception favorable contre 29% d’avis négatifs. Ces résultats traduisent un rapport différent, fondé sur les alliances stratégiques, la coopération technologique et les liens militaires ou religieux.

Dans ces régions, Israël est perçu avant tout comme un partenaire économique et sécuritaire, plutôt que comme un acteur central du conflit proche-oriental. En Afrique de l’Ouest ou en Asie du Sud, sa diplomatie mise depuis plusieurs années sur la coopération agricole, l’aide au développement ou l’innovation technologique — autant de leviers qui contribuent à remodeler son image.

Un défi diplomatique majeur pour Israël

Pour les chercheurs du Pew Research Center, cette détérioration globale de l’image d’Israël représente un défi diplomatique de taille. Dans les pays occidentaux, l’opinion publique influence directement la marge de manœuvre des gouvernements, notamment en matière d’aide militaire ou de coopération scientifique. Dans ce contexte, la récurrence des offensives à Gaza, la stagnation du processus de paix et les accusations de violations du droit international pèsent désormais davantage que les arguments sécuritaires avancés par Tel-Aviv.

La défiance croissante est amplifiée par la diffusion rapide des images de guerre et par la mobilisation sur les réseaux sociaux, rendant plus difficile la maîtrise du récit diplomatique. À une époque où l’image d’un État conditionne son influence internationale, cette perte de crédit symbolique apparaît lourde de conséquences. Si Israël conserve encore des alliés solides, notamment à Washington et à New Delhi, l’étude du Pew Research Center met en lumière l’érosion d’un capital de sympathie longtemps associé à la résilience et à l’innovation du pays.

ALG247.COM

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