20.9 C
Alger
mercredi, février 25, 2026

Israël responsable de 2/3 des assassinats de journalistes dans le monde

A la Une

Rédaction ALG247
Rédaction ALG247https://alg247.com
La rédaction d’ALG247 est un collectif éditorial spécialisé dans l’analyse et la couverture de l’actualité internationale, géopolitique et économique. Les articles sont produits selon une méthodologie journalistique fondée sur le recoupement des sources, la contextualisation et la hiérarchisation de l’information.

Israël cumule deux tiers des assassinats de journalistes dans le monde en 2024 et 2025, selon un rapport du Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

Israël est pointé du doigt pour avoir causé les deux tiers des tueries de journalistes et de travailleurs des médias au cours des deux dernières années, d’après un rapport publié par le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Ce document, rendu public fin février 2026, fait état d’un record absolu de 129 morts en 2025, dont 86 imputables aux forces israéliennes, principalement en Gaza mais aussi au Yémen. Dans ce contexte, le CPJ dénonce une campagne sans précédent de ciblage systématique, avec une hausse des assassinats par drone passant de deux en 2023 à 39 l’année suivante.

Le ministère de la Santé de Gaza rapporte que, depuis le 7 octobre 2023, plus de 72 000 Palestiniens ont perdu la vie, dont plusieurs centaines depuis la trêve du 11 octobre dernier. Neuf corps sont arrivés à l’hôpital au cours des dernières vingt-quatre heures, dont trois tués par de nouvelles frappes israéliennes dans le sud de l’enclave. Par ailleurs, les frappes aériennes et les tirs d’artillerie se concentrent désormais sur Khan Younis et Rafah, aggravant la crise humanitaire dans une région déjà dévastée.

Faits centraux sur les tueries de presse

Le rapport du CPJ met en lumière une escalade dramatique, avec Israël responsable de 81% des 47 meurtres intentionnels recensés en 2025, une proportion qui dépasse tous les précédents depuis le début de ses relevés il y a plus de trente ans. Parmi les victimes figurent plus de 60% de Palestiniens couvrant les événements à Gaza, où des organisations de droits humains et des experts de l’ONU évoquent un génocide en cours. Hossam Shabat, jeune correspondant d’Al Jazeera âgé de 23 ans et contributeur à Drop Site News, a été tué le 24 mars 2025 dans une frappe sur sa voiture à Beit Lahia, au nord de Gaza, illustrant la vulnérabilité accrue des reporters locaux.

Les autorités israéliennes n’ont pas réagi immédiatement à ces accusations, se contentant par le passé d’affirmer que leurs troupes ne visent que des combattants et que les zones de combat comportent des risques inhérents. Toutefois, le CPJ reproche à Israël d’entraver les enquêtes, de rejeter la faute sur les victimes et de manquer à son devoir de rendre ses militaires responsables. Dès lors, l’accès restreint des médias internationaux à Gaza et au Liban complique la vérification des faits, rendant les chiffres officiels probablement sous-estimés.

Dans le même temps, l’armée israélienne a intensifié l’usage de la détention administrative, émettant plus de 1 400 ordres nouveaux ou renouvelés sans charges formelles au cours des deux premiers mois de 2026, selon le Centre palestinien pour l’étude des prisonniers. Ce chiffre porte le nombre de détenus à plus de 3 500, contre 1 300 avant le 7 octobre 2023, touchant activistes, étudiants, journalistes et mineurs. En Cisjordanie occupée, dix-huit Palestiniens, dont plusieurs adolescents, ont été arrêtés lors de raids nocturnes, tandis que des colons protégés par l’armée attaquaient des villages comme al-Mughayyir ou Masafer Bani Naim.

Contexte des violences en Israël-Palestine

Le conflit qui oppose Israël aux Palestiniens connaît une recrudescence des tensions, avec une expansion des opérations militaires au sud de Gaza et une multiplication des incidents en Cisjordanie. L’ambassade américaine à Jérusalem a annoncé pour la première fois des services consulaires de délivrance de passeports dans la colonie illégale d’Efrat, une décision qualifiée de « précédent dangereux » par le Hamas, qui y voit un alignement de Washington sur les politiques coloniales d’annexion de territoires palestiniens. Par ailleurs, des ONG internationales comme Médecins sans frontières ou Oxfam ont saisi la Cour suprême israélienne pour contester l’interdiction imminente de leurs activités, imposée pour non-respect de nouvelles règles de déclaration des employés et financements.

Historiquement, les relations Israël-Palestine sont marquées par des cycles de violence, mais l’année 2025 a vu une intensification sans précédent des atteintes à la presse, coïncidant avec une offensive militaire prolongée à Gaza. Le CPJ note que, depuis 1992, aucune armée n’avait commis autant d’assassinats ciblés de journalistes que les forces israéliennes.

Les aides humanitaires peinent à arriver, avec trente-sept groupes humanitaires menacés d’expulsion d’ici le 1er mars pour refus de partager des données sensibles sur leur personnel, exposant ainsi leurs équipes à des risques de représailles. Ainsi, la pétition déposée mardi auprès de la Haute Cour de justice israélienne réclame une mesure provisoire pour suspendre cette mesure jusqu’à un jugement définitif. Néanmoins, les frappes continuent, comme celle qui a visé Al-Mawasi à Khan Younis, tuant un Palestinien et en blessant plusieurs autres.

Acteurs impliqués dans la crise médiatique

Le Comité pour la protection des journalistes, organisation new-yorkaise indépendante, base ses conclusions sur des enquêtes approfondies menées malgré les obstacles logistiques. Ses données couvrent trente ans de monitoring mondial, révélant 2024 et 2025 comme les années les plus meurtrières, avec respectivement 124 et 129 victimes. Le gouvernement israélien, de son côté, maintient que les zones d’opérations comportent des dangers pour tous, y compris les médias, sans pour autant confirmer ou infirmer les allégations de ciblage délibéré.

Du côté palestinien, des figures comme Hossam Shabat incarnent le sacrifice des reporters locaux, souvent les seuls à couvrir les fronts les plus exposés. Al Jazeera, réseau qatari, a perdu plusieurs de ses correspondants, dont Ismail Al-Ghoul en juillet 2024, qualifiant ces morts d’« assassinats ciblés ». Par ailleurs, des médias comme Drop Site News, qui a relayé le rapport, mettent en lumière des cas spécifiques pour sensibiliser l’opinion internationale à ce drame.

À l’échelle globale, des agences comme Reuters ou Al Jazeera corroborent les tendances, notant une restriction persistante de l’accès pour les journalistes étrangers. L’ONU et des groupes de droits humains appellent à une levée des barrières, soulignant que cette opacité alimente les soupçons de violations systématiques des normes internationales en la matière. Dès lors, le rôle des ONG de presse devient crucial pour documenter ces événements malgré les périls croissants.

Enjeux pour la liberté de la presse

La hausse des tueries de journalistes pose un enjeu majeur pour la liberté d’informer, particulièrement dans les zones de conflit où les médias indépendants sont indispensables à la vérité. En effet, plus de 35% des victimes en 2025 étaient des freelances palestiniens, rendant la couverture de Gaza presque exclusivement locale et précaire. Ce déséquilibre menace la pluralité des voix et affaiblit le droit du public à une information vérifiée, comme le martèle le CPJ.

Sur le plan géopolitique, ces chiffres alimentent les accusations de violations du droit international, avec des experts de l’ONU évoquant un génocide à Gaza. Toutefois, Israël conteste ces interprétations, arguant de la présence de terroristes infiltrés parmi les journalistes, une allégation rejetée par le CPJ faute de preuves publiques. Par ailleurs, la multiplication des drones tueurs complique la distinction entre cibles militaires et civiles, posant des questions éthiques sur les technologies de guerre.

Perspectives immédiates et régionales

À court terme, le rapport du CPJ pourrait relancer les pressions internationales sur Israël, notamment via des instances comme l’ONU ou la CPI, bien que Tel-Aviv rejette souvent ces juridictions. A Gaza, les ONG attendent une décision de la Cour suprême sur leur pétition, qui pourrait influencer l’acheminement des secours dans une enclave où 618 Palestiniens ont été tués depuis la trêve non respectée par Israël. Par ailleurs, les raids en Cisjordanie et l’expansion des colonies, comme à Efrat, risquent d’attiser les tensions frontalières.

Les faits rapportés par le CPJ et les événements récents confirment une dégradation continue de la sécurité des journalistes particulièrement en Palestine. Israël maintient ses opérations malgré les lourds bilans humains, tandis que les États-Unis naviguent entre pressions militaires et négociations diplomatiques. La communauté internationale observe, dans l’attente d’évolutions concrètes, sans jamais peser réellement sur les événements ni sur les dépassements nombreux constatés.

ALG247.COM

-- Publicité --

- Advertisement -

Plus d'articles

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

-- Publicité --

- Advertisement -

NOUVEAUTÉS